L'Expresso du 18 Mars 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Le Café mensuel de mars est paru

ÉDITORIAL

A vos écoles citoyens !

LE SYSTEME

Le Snuipp prépare la journée du 19 mars l Des pétitions contre les programmes du primaire l Pierre Sève : "de l'instruction sans éducation" l Caen : Les BEC et le pilotage de proximité  l Deux recteurs "indignés" par B. Suchaut l L'Angleterre décentralise sa formation pour adultes.

L’ÉLÈVE

Le brevet 2008 l La Peep pour la réforme du bac l Les jeunes enfants en situation de handicap

LA CLASSE

L'école relève-t-elle le défi ethnique ?

LA RECHERCHE

Évolutions du travail, transformation du métier : un mercredi de l'INRP

LES DISCIPLINES

Histoire-Géo : Le Labo n°4 l Musique : Les ateliers de la Cité de la musique

 

 

Le fait du jour

 

Le Café mensuel de mars est paru

Est-ce la fin du pédagogisme interroge le Café après le discours de Périgueux et les nouveaux programmes du primaire. Le Café n°91 revient aussi sur l'éducation à l'autonomie, les tice et le métier d'élève,  le cannabis au collège.

 

Ce numéro c'est aussi les nouveaux sites pour toutes les disciplines . Avec des dossiers : Semaine de la presse à l'Ecole, Français : La ponctuation est-elle un vilain défaut ? - Analyses de chercheurs - Physique-Chimie : L'information scientifique en ligne - Svt : Interview d'Eric Sanchez - E.C.J.S. "Instruction civique et morale" : le grand retour de la réaction ? - Shoah : Les raisons d'un refus - Eedd : Les municipales à l’heure du développement durable - Géographie : Géographie du tourisme - Histoire : Maurice Letonturier, résistant et déporté : interview - Ses : Santé et Pauvreté dans les pays en développement etc...

Le sommaire

 

 

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A vos écoles citoyens !

Les élections municipales nous le rappellent : le local est devenu un échelon essentiel en politique, et en premier lieu pour la politique éducative. Depuis les lois de décentralisation, la commune « est propriétaire des écoles publiques maternelles et élémentaires établies sur son territoire ». Pour simplifier, au gouvernement les orientations et les programmes, aux communes les bâtiments et les moyens. Mais cette répartition va bien au delà et les frontières entre le pédagogique, dévolu au Ministère de l’Education et à ses services déconcentrés , et le matériel, le financement attribué aux collectivités territoriales sont de plus en plus floues.

 

La bonne application des réformes est tributaire du niveau local : qu’en sera-t-il de l’accompagnement éducatif dans les écoles primaires lorsqu’il arrivera jusqu’à elles, qu’advient le B2i si les ordinateurs ne sont pas au rendez-vous ? Les collectivités locales n’en sont pas pour autant systématiquement concertées.

 

Dans des géographies sociales locales, l’éducation peut se poser comme un moyen de lutter contre les inégalités, de contrer les effets des dévitalisations économiques. Des communes peuvent aussi choisir d’ouvrir les portes de l’école à des associations d’éducation populaire pour les adultes, à des activités périscolaires, pour les enfants. L’école va alors au delà des programmes et des classes pour s’ouvrir à la société. 

 

L’éducation fait partie des arbitrages de la politique locale, parfois à son détriment. Des écoles ont peu de moyens parce que la commune a d’autres dépenses à honorer que ses élus jugent prioritaires. Mais, la décentralisation a ceci de bon qu’elle rapproche le citoyen du niveau de décision, dans des temps plus longs que celui des élections. A chacun d’entre nous par une lecture attentive de la politique locale, voire par une participation à la vie communale, de veiller à la place de l’école dans la politique et le quotidien locaux.

Monique Royer

 

Qui finance l’école

Ecole et collectivités territoriales (colloque à venir)

Congrès de l’Andev sur l’éducation

 

 

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Le Snuipp prépare la journée du 19 mars

Alors que, à l'appel du Snes et d'autres syndicats, les enseignants du secondaire sont appelés à faire grève le 18 mars, le Snuipp appelle les instits à manifester le 19 mars. Il s'agit d'obtenir des moyens supplémentaires pour améliorer la vie quotidienne. En attendant, des principaux des Hauts-de-Seine ont décidé de ne pas organiser le stage de vacances voulu par le ministre.

Le Snuipp

 

Des pétitions contre les programmes du primaire

"Ces programmes ne prennent pas en compte les résultats, internationalement reconnus, des recherches des trente dernières années concernant la manière dont les élèves apprennent les mathématiques. Il renie un certain nombre d’avancées dont avaient tenu compte les programmes antérieurs. Quels fondements scientifiques ont légitimé une réécriture des programmes sur le modèle de ceux en vigueur il y a plus d’un demi-siècle ? Le changement incessant des programmes ne peut qu’avoir un effet démobilisateur sur les enseignants. Même chevronnés, ceux-ci ne peuvent améliorer leurs pratiques qu’à partir de bases stables. Les apprentissages des élèves en pâtiront nécessairement. Ces renouvellements contribuent à délégitimer les programmes dans leur statut de référence officielle. Pour toutes ces raisons, nous ne pouvons adhérer à ce projet de nouveaux programmes et demandons son abandon". La Commission Permanente des IREM sur l'Enseignement Élémentaire (Copirelem) lance une pétition nationale contre les nouveaux programmes du primaire.

 

Elle n'est pas la seule. Un groupe de formateurs de l’IUFM d’Alsace demandent un moratoire sur la mise en œuvre du projet de programmes de l’école actuellement soumis à consultation. Ils rappellent que "ces programmes sont publiés moins d’un an après les programmes actuellement en vigueur" qui n'ont jamais été évalués. Pour les pétitionnaires, "les présupposés à l’origine des choix faits sont de l’ordre d’un « bon sens » autoproclamé et font fi des travaux de recherche en didactique des disciplines et en pédagogie publiés depuis des années".

 

Pour Patricia Lamouche, conseillère pédagogique Arts Visuels, la réforme va détruire des années de travail. "Les bras nous en tombent", écrit-elle. "Depuis des années, nous tentons de nous inscrire dans des propositions pédagogiques cohérentes et ambitieuses pour nos élèves, visant la construction d'une «vraie culture vivante » à l'école. C'est tout le contraire d'un empilement de savoirs sur l'Histoire de l'Art qui permettait tout au plus jadis au jeune citoyen de gagner au « jeu des mille francs » ou au Trivial aujourd'hui".

 

Cette inquiétude on la ressent aussi chez Pierre Frackowiak qui voit sur le terrain les relations se tendre dans les écoles aussi bien entre parents et enseignants qu'entre professeurs." Entre résignation, découragement, résistance passive, révolte pour les uns, joie de retrouver des pratiques plus faciles à mettre en oeuvre et qui culpabilisent toujours les enfants et leurs familles quand ils sont en échec pour les autres, le malaise des enseignants et la crise de l'école ne sont pas près de s'éteindre. Seule incertitude, le temps qu'il faudra pour que le désastre impose un nouvel élan vers la modernité" écrit-il. Il donne en exemple l'école de A. "les parents veulent désormais des devoirs à la pelle, extrapolant les propos du ministre. Une enseignante cède pour avoir la paix, l'autre persiste dans une pédagogie plus contemporaine. Les parents opposent alors les deux enseignantes qui finissent par se fâcher entre elles".

 

Enfin, dans GFEN Actu de mars 2008, Jacques Bernardin évoque "un rabotage en règle des ambitions de l'école… Peut-on mieux faire réussir les élèves, en les faisant moins penser ?".

Pétition Copirelem

Sur le Café, le dossier des programmes du primaire

La pétition

La pétition Copirelem

Le texte de P. Seve

La tribune de P. Lamouche

Et celle de P. Frackowiak

Le GFEN

 

Pierre Sève : "de l'instruction sans éducation"

De nombreux spécialistes ont pris position contre ces programmes du primaire. Après R. Goigoux, R. Brissiaud, G. de Vecchi, Pierre Sève, IUFM d'Auvergne, dans une tribune sur le site du  Café,  estime que, en français, "la philosophie de ces "nouveaux" programmes tend à opposer étude de la langue et pratiques langagières, considérant que les pratiques langagières ne seraient que le terrain d'application des savoirs sur la langue".

 

Il souligne que "la référence à la littérature paraît une révérence prise en compte à regret… L'interprétation disparaît.  Il n'apparaît donc aucune allusion à la littérature comme socialisation des émotions, comme laboratoire de la compréhension (des processus d'élaboration à ceux d'intégration), comme expérience singulière du langage.  Le sort fait à la poésie est particulièrement emblématique : occasion de retenir des mots évocateurs ou "amusants" en Grande Section (p. 21), elle disparaît (ou plutôt elle est réduite à la récitation) jusqu'au Cours Élémentaire 2 où l'on ne trouve qu'une proposition d' "écrire un texte poétique en obéissant à une ou plusieurs consignes précises" (p. 29, c'est nous qui soulignons).  Rien, donc sur l'invention propre des élèves, la patiente mise au jour des appétences langagières propres des élèves… Ainsi, quel que soit le domaine du français, langue, langage et parole sont clivés.  Et, au mépris de toutes les avancées en épistémologie (comme en didactique), la langue domine le langage et la parole n'a point de place.  C'est partout un appel à l'obéissance de la "règle" et au respect des normes.  Qu'il s'agisse de lecture, d'écriture ou d'étude de la langue, le scénario est clair : le maître sait, les élèves appliquent, le maître contrôle.  De pensée, point.  De curiosité, moins encore.  De l'instruction sans éducation".

La tribune de P. Sève

 

Caen : Les BEC et le pilotage de proximité

C'est EPS Actualités, la revue académique d'EPS de Caen, qui nous invite à découvrir les Bassins d'éducation concertée (BEC) mis en place dans l'académie.

 

"Le BEC est une unité territoriale arrêtée par le Recteur qui rassemble des écoles, collèges, lycées, EREA et CIO du secteur. Ce n’est pas un échelon hiérarchiqu