L'Expresso du 4 Avril 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Primaire : La consultation révèle la rupture

ÉDITORIAL

Il y a un an…

LE SYSTEME

Lycéens : comme un air de printemps  l Affectation et stage des lauréats des concours l Ecole et collectivités territoriales l Mai 68 et l'école.

L’ÉLÈVE

L'Ecole et les comportements à risque  l Le Code à l'école ? l Les colos, c'est bon pour grandir !  

LA CLASSE

Grand écart l Radio Clype à la Bastille

LA RECHERCHE

Enseigner les langues autrement avec la méthode ARB

CITOYENNETE

Sectes : Le rapport de la Miviludes l Résister à Varsovie l Lucie Aubrac : Non au nazisme

LES DISCIPLINES

Documentation : Escarpit un précurseur l Français : Plus d'un millier de textes au concours Des mots pour voir l S.V.T. : Epreuves expérimentales au bac S l E.D.D. : La banquise menacée l Histoire : L'encyclopédie de la violence de masse l Géo : Risques : Le guide des élus l Musique : Grand prix lycéen des compositeurs

 

 

Le fait du jour

 

Primaire : La consultation révèle la rupture

"Nous souhaitons connaître le positionnement de notre hiérarchie".  Cette interrogation, lancée par des enseignants franc-comtois, souligne le sentiment d'une rupture idéologique apportée par les nouveaux programmes du primaire.

 

De nombreux établissements ou groupes de formateurs nous ont fait parvenir le compte-rendu de la consultation. Tous soulignent que "ces programmes nient les recherches en didactique et en psychologie cognitive" (91) ou affirment "le caractère rétrograde de la conception pédagogique" (Alpes Mmes). Les maîtres regrettent qu'on cherche "à apprendre sans comprendre" ou dénoncent "une confusion entre connaissance et intelligence". Les textes sont souvent adoptés à l'unanimité et signés nominativement. Quelque part la consultation tourne aux cahiers de doléances…

Sur le Café le dossier nouveaux programmes

 

 

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Il y a un an…

Il y a un an, jour pour jour, on assistait stoïques, aux derniers coups de force d'un ministre dont les jours étaient comptés. Le 4 avril 2007, Gilles de Robien tentait d'imposer des "leçons de mots" et sa méthode d'apprentissage de la lecture à une maison éducation qui lui avait déjà dit adieu. Un an plus tard, il ne reste rien des programmes de Robien, si ce n'est le trouble jeté entre parents et instits et le souvenir de la capacité de résistance de l'éducation nationale.

 

C'est ce souvenir-là qui mobilise les enseignants face aux nouveaux programmes du primaire. Car si Robien échoua à faire appliquer ses lubies, les nouveaux programmes du primaire  sortent du même moule et ont un goût de déjà vu. On y retrouve la patte des mêmes auteurs, des références communes, la même vision de l'élève, la même obsession de l'autorité.

 

Tout cela n'empêche pas Xavier Darcos d'avoir été le ministre de droite qui a ouvert un temps sa porte à Gabriel Cohn Bendit et écrit un livre avec Philippe Meirieu. D'avoir fustigé dans ses discours les déclinologues de l'éducation nationale. Cela ne l'empêche pas d'annoncer avec conviction qu'il va "moderniser le lycée".

 

 On touche là au paradoxe dans lequel s'enferme Xavier Darcos. Alors qu'il souhaite, et que les énormes contraintes budgétaires qui pèsent sur son ministère, le contraignent à innover, il se présente avec un programme et des références du passé. Entre la modernisation et le passéisme, le ministre semble ne plus avoir de temps.

 

 

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Lycéens : comme un air de printemps

Ils étaient au moins deux fois plus nombreux à Paris, peut-être trois fois. A l'appel de l'Unl et de la Fidl, 7 000 à 15 000 lycéens ont battu le pavé parisien demandant prioritairement des postes d'enseignants, parfois le gel du bac pro en trois ans. Le mouvement a pris aussi de l'importance en province par exemple à Toulon et Toulouse. Autant dire qu'il a franchi un cap ce 3 avril.

 

Xavier Darcos a exhorté les lycéens à porter moins d'attention aux chiffres et davantage à la réforme du lycée. "Il faut que nous réformions, que nous fassions un lycée plus moderne, une terminale qui prépare à l'enseignement supérieur" a-t-il déclaré à l'AFP.

 

L'Unl et la Fidl appellent à une nouvelle manifestation le mardi 8 avril.

Dépêche

 

Affectation et stage des lauréats des concours

"L’objet de la présente note de service est de définir les règles et les procédures d’affectation des lauréats des concours de l’enseignement du second degré". Le texte décrit les différentes possibilités d'affectation en académie.

Au B.O.

 

Ecole et collectivités territoriales

"Est-on au clair sur le partage des responsabilités avec les collectivités territoriales ? Jusqu’à quel point et dans quelle direction cette évolution va-t-elle se poursuivre ? À l’heure de la remise en question de la carte scolaire dans la majorité des pays de l’OCDE, comment sont gérées en France les inégalités : inégalités territoriales d’une part, inégalités sociales et scolaires de l’autre ? Les collectivités répondent-elles mieux à ces questions que l’État ? Quelles interventions souhaiter des collectivités pour réduire les inégalités sociales ? Et quelles actions attendre de l’État pour réduire les inégalités territoriales ?" L'Afae (Association Française des Administrateurs de l'Education Nationale) réunit du 4 au 6 avril son colloque national sur le thème de l'école et les collectivités territoriales.

 

Trois journées de conférences et ateliers. A noter par exemple la conférence de Nathalie Mons sur "décentralisation : efficacité et égalité scolaire".

Le programme

 

Mai 68 et l'école

"Sur certains points, Mai est bien loin de nous. Sur d’autres, les questions posées alors sont toujours aussi vives, dont celle de la contestation d’une certaine "société de consommation" qui est devenue plus forte que jamais. Oui, « le veau d’or est toujours de boue » comme on disait alors". Dans ce dossier en ligne des Cahiers pédagogiques, il y a bien un soupçon de  nostalgie. Mais, au moment où certains veulent gommer l'événement, il s'attache aussi à montrer ce que  mai 68 a apporté de positif à l'Ecole.

Présentation

 

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L'Ecole et les comportements à risque

"L'objectif de cet ouvrage est de mettre à disposition des promoteurs de programmes de prévention ou de promotion de la santé des enfants d'âge scolaire une synthèse de la littérature scientifique et technique". C'est bien un guide que propose l'INPES avec comme objectif de faire connaître des interventions efficaces face aux conduites à risques des adolescents.

 

Aussi l'ouvrage cherche l'efficacité et la brièveté. Il s'ouvre sur un état des connaissances sur le développement de l'enfant. Une deuxième partie définit les conduites à risque et donne les résultats des dernières enquêtes épidémiologiques. Une troisième partie présente les facteurs qui influent sur les risques. Les derniers chapitres sont donc entièrement consacrés à la présentation de dispositifs qui ont fait leurs preuves et à leur conduite dans un établissement scolaire. Notons tout de suite que le Québec est à l'honneur avec son programme Ecole en santé, déjà évoqué dans le Café.

 

Ce petit livre (132 pages) réunit ainsi une masse d'informations qui intéressent les enseignants et tous les acteurs de l'Ecole, du moins ceux qui ne se lavent pas les mains du devenir des jeunes. Ajoutons qu'il est disponible gratuitement auprès de l'Inpes.

Martine Bantuelle, René Demeulemeester, Référentiel de bonnes pratiques, Comportements à risque et santé : agir en milieu scolaire, Inpes, 2008, 132 pages.

Présentation

Sur le Café, L'école en santé

 

Le Code à l'école ?

Selon Le Figaro, un rapport officiel recommanderait que l'Ecole apprenne le code de la route aux jeunes. La mesure se heurte, d'après le quotidien, à de vives résistances aussi bien du côté des auto-écoles que de celui des collèges. Pourtant elle est appliquée dans certains pays au bénéfice des moins riches.

Article du Figaro

 

Les colos, c'est bon pour grandir !

Mercredi 16 avril ce sera la journée des colos. D'avril à juin, des actions locales iront au devant des parents pour leur faire découvrir les séjours collectifs de proximité. Pour la JPA, qui pilote la campagne, "partir en vacances sans ses parents, en toute sécurité, permet à l'enfant de développer sa capacité à s'ouvrir aux autres". La campagne vise à faire connaître l'offre et aussi à accompagner les parents dans leur recherche y compris pour trouver les financements nécessaires.

La campagne