Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Des programmes traditionalistes pour le français au collège
ÉDITORIAL
Rencontres Culture Territoires Solidarité
LE SYSTEME
Journées décisives pour le moment lycéen l Programmes du primaire : Darcos interpellé par Luc Bérille l RGPP : Le Sgen dénonce une réforme en catimini l Un prof poursuivi suite à la manifestation du 3 avril.
L’ÉLÈVE
Enfants sans école l ATD Quart Monde signe l'Appel des 19 l A quoi dépensent-ils leur argent de poche ?
LA CLASSE
Le Prix 2008 de l'éducation
LES DISCIPLINES
Primaire : Paysages en chantier l EPS : La flamme olympique : un symbole nazi ? l SES : De forts écarts de productivité dans l'Ocde
LES TICE
Windows 7 dès 2009
Des programmes traditionalistes pour le français au collège
"A côté de quelques bribes d’une volonté novatrice, c’est bien la tradition la plus pure qui se trouve à l’honneur, à tel point que nous pourrions, dans certains axes des programmes, avoir l’impression d’être de retour dans les années 60-70". Si l'Afef (association française des enseignants de français) dénonce ainsi le caractère rétrograde des nouveaux programmes du collège, c'est qu'ils sont conçus dans le même esprit que ceux du primaire.
Les futurs programmes de français du collège sont diffusés officieusement sur le site de presse Mediapart, lequel demande pas moins de 9 euros pour découvrir un document dérobé à l'administration…
Viviane Youx, de l'Afef, y lit " une volonté d’installer d’abord la tradition, quitte à faire ensuite des concessions un peu plus novatrices". En tête d’affiche la grammaire, "déroulée par blocs de notions à connaître et non plus par compétences à développer. La « leçon de grammaire », dont le nom n’est pas anodin, pourrait bien devenir le nouveau fil conducteur de l’année". Les programmes sont aussi restés sur la vieille horloge en ce qui concerne l'orthographe : le programme ignore les rectifications orthographiques et renvoie sur ce sujet à un B.O. de 1976…
Assez ridicule est la progression simpliste de la longueur à produire dans les devoirs. "Passer de une page en 6ème à trois en 3ème, quelle évolution !" ironise l'Afef.
Mais le pire c'est la lecture. "Un enseignant ou un élève tombé en hibernation depuis 30 ou 40 ans ne serait pas dépaysé en se réveillant !" affirme l'Afef. "La littérature de jeunesse n’existe pratiquement plus, à peine tolérée en bout de ligne. Le programme d’œuvres devient obligatoire, dans un choix uniquement patrimonial, avec une progression par siècles, si bien qu’il faudra attendre la fin du collège pour aborder des œuvres contemporaines. En 3ème enfin, si les élèves ont réussi à résister à l’ennui jusque-là, ils auront droit à une ouverture à la modernité". Les profs vont pouvoir ressortir les Lagarde et Michard !
"Si ces programmes contiennent bien quelques avancées notoires déjà citées, nous sommes en droit de nous demander, concernant les deux axes les plus sensibles de la grammaire et de la lecture, si leurs concepteurs ont pris conscience des élèves de 2008" estime V. Youx. "Chercher à améliorer, simplifier, clarifier les précédents programmes était certes nécessaire. Mais faut-il pour cela installer explicitement au collège l’ennui, qui nous semblait pourtant un sentiment peu philosophique dont souffrent déjà beaucoup d’élèves ? La tradition peut-elle tout résoudre ? Et l’ennui peut-il se soigner par une dose d’ennui encore plus grande ?"
Alors que les programmes du primaire mobilisent les spécialistes et les enseignants qui en dénoncent les nuisances, voilà que Xavier Darcos prépare des programmes du même type pour le collège. Le lycée pourrait suivre du fait de la refonte des filières annoncée pour cette année.
Le programme de français sur Mediapart
Analyse de Viviane Youx
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Rencontres Culture Territoires Solidarité
Les 15, 16 et 17 mai prochains se dérouleront les premières rencontres nationales Culture Territoires Solidarité à St-Brieuc, dans les Côtes d’Armor.
A l’initiative de la Ligue de l’Enseignement et du Conseil général des Côtes d’Armor, ce projet se fonde sur la nécessité d’offrir un espace de partage et de réflexions aux acteurs, décideurs et praticiens des politiques culturelles territoriales et sociales. Car si ces trois domaines s’adressent bien souvent aux mêmes personnes, l’impulsion et la reconnaissance d’actions transversales reste difficile. Le cœur du projet réside dans cette démarche interprofessionnelle. Il veut favoriser les échanges, révéler les points de convergence, de divergence et de complémentarité des animateurs de ces politiques.
C’est autour de cette perspective que le programme des trois journées des Rencontres de St Brieuc s’articule.
Avec d’abord, les débats du matin. En accès libre, ils proposent 5 thématiques : « Décentralisation, démocratisation … et maintenant ? », « La fabrique des identités : agir ou accompagner ? », « Partager les outils de l’inclusion sociale ? », « Art et technique, culture et travail : quels dialogues ? » et « Culture publique, culture privée : une conciliation quotidienne ? »
L’après-midi est le temps des témoignages. Réunis en ateliers, sur inscription préalable, les 30 à 50 participants peuvent échanger leurs expériences autour de 4 thèmes : « Les développements durables de la culture », « Patrimoine et éducation permanente », « Décloisonner pour construire » et « Les arts pour dire nous ».
Le soir, deux spectacles accueillis par la Passerelle, scène nationale, proposent une approche artistique de la dynamique des rencontres. Le 15, la compagnie de danse africaine contemporaine Salia nï Seydou présentera Le Siècle des fous, issu d’un partenariat artistique fondé sur l’échange de pratiques en danse contemporaine, du Burkina Faso à la Bretagne. Le 16, Vincent Ecrepont et sa compagnie à vrai dire, jouera la Chambre 100, pièce écrite autour d’expériences en milieu hospitalier.
Pendant les trois jours, une installation permanente, le Village des Expressions, accueille en accès libre une exposition des travaux et productions issues d’ateliers, dont Identités réciproques. De janvier à mai, ces ateliers d’expression artistique sont proposés aux habitants des Côtes d’Armor sur le thème des identités croisées. Des amateurs travaillent sur le regard, le portrait, l’autoportrait, le paysage. Des artistes, Vincent Ecrepont, Rémi Checchetto, Marie-Hélène Le Ny, Stéphanie Pommeret et Christine Rannou s’inscrivent dans une démarche de résidence, une présence de création et d’action culturelle. Le Village, lieu convivial propice à la rencontre propose aussi un café, une librairie, une projection permanente et des stands exposant d’autres projets en cours.
Au cœur même de cette organisation, les déjeuners et dîners ponctuent les journées, créent les conditions d’échanges et de rencontres susceptibles de créer de nouvelles perspectives.
Encadrant les trois journées, le site cultureterritoiressolidarite.org garantit la pérennité du mouvement initié. Contributif, il crée un réseau, en permettant la consultation et le référencement de projets, d’événements d’agenda et de ressources documentaires. Vous pourrez également y trouver le programme complet des Rencontres et réaliser votre inscription.
Les 15, 16 et 17 mai, nous vous invitons en Côtes d’Armor à participer à la dynamique nationale de Culture Territoires Solidarité…
Murielle Rousseau, Ligue de l’enseignement.
http://www.cultureterritoiressolidarite.org
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Journées décisives pour le mouvement lycéen
Ils n'étaient que 8 000 à 20 000 lycéens à battre le pavé parisien le 8 avril à l'appel de la Fidl et de l'Unl pour demander le rétablissement des postes d'enseignants supprimés et, assez souvent, le rétablissement du bac pro sur 4 ans. Peu de manifestants en dehors de Paris : 3 000 environ à Grenoble mais seulement 400 à Lyon. Une quarantaine de lycées ont été perturbés en Ile-de-France.
La manifestation a été émaillée à nouveau d'incidents violents avec la police. Des violences ont été exercées contre le personnel dans deux lycées francilien à Bobigny et à La Courneuve. Le Snpden, premier syndicat de personnels de direction, rappele que "quel que soit le jugement porté sur les mesures de politique éducative, et malgré l’émotion qu’elles suscitent, rien ne justifie les pratiques antidémocratiques de blocages d’établissements, d’occupations des locaux et les intrusions occasionnant violences et dégradations".
Une journée de manifestations est à nouveau prévue le 10 avril avec le soutien du Snes, Cgt, Sud, FO, Unl et Fidl.
Dépêche AFP
Programmes du primaire : Darcos interpellé par Luc Bérille
"Quels scientifiques ont recommandé le charcutage disciplinaire plein de contresens qui est proposé ? Quelles sommités universitaires ont, par exemple, préconisé la disparition de la Déclaration des droits de l'homme dans l'école primaire du pays qui en fut le berceau ? Ou encore, nonobstant les alertes continues de l'Académie des sciences sur la chute inquiétante de la culture scientifique dans notre pays, la quasi-disparition des sciences expérimentales ?" Dans Le Monde, Luc Bérille, secrétaire général du Se-Unsa, interpelle Xavier Darcos.
"Quels spécialistes de l'enfance ont prescrit de s'asseoir à ce point sur ce que l'on connaît du développement psychique et physique de l'enfant ?... Monsieur le ministre, ce n'est pas sérieux !.. Pensez-y. Stoppez ce passage en force qui serait désastreux".
Il est soutenu, dans le même numéro, par une tribune de Michel Fayol et Jean-Emile Gombert qui critiquent la part excessive faite à la grammaire. " Des activités de lecture et de production d'écrits sont d'autant plus indispensables à cette acquisition que la syntaxe de l'oral courant diffère de celle de l'écrit. Cet apprentissage de la syntaxe ne dépend pas seulement de l'enseignement des règles de grammaire. Les activités d'analyse grammaticale, telles qu'envisagées par le projet dès le CP et le CE1, seraient une perte de temps dans une organisation scolaire qui en manque déjà. Ce sont les activités de lecture, d'observation, de manipulation et de production qui importent. Cela ne signifie pas que l'on puisse se dispenser d'un enseignement de la grammaire, justifié notamment du fait des difficultés orthographiques du français. Mais la connaissance des règles ne suffit pas : tous les enseignants savent que c'est leur mise en oeuvre qui importe. Pour cela, il convient de consacrer du temps aux activités d'écrit et de lecture qui favorisent l'automatisation. Plus de la moitié des 15 % des élèves en grande difficulté à l'entrée au collège n'a pas automatisé les mécanismes de la lecture. Or le projet fait disparaître l'obligation de 2 heures et demie quotidiennes consacrées à l'écrit en CP-CE1, et de 2 heures ensuite".
Le quotidien cède également la parole au philosophe Denis Kambouchner qui soutient les nouveaux programmes. " Au principe "enseigner moins pour enseigner mieux", il s'agit donc de préférer cet autre : "enseigner mieux en enseignant plus" - "plus" ne voulant pas dire ici plus longtemps, mais "en transmettant davantage, à commencer par les bases".