Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Primaire : L'académie des sciences critique les programmes
ÉDITORIAL
Les antipodes européennes
LE SYSTEME
Primaire : Une fausse consultation ? l Mobilisation aujourd'hui dans le secondaire l Collège : Les projets de programme de français.
L’ÉLÈVE
L'Enseignement professionnel au miroir allemand l Qui sont les étudiants de CPGE ? l Les ados sont fatigués
LA CLASSE
Le colloque de Saint-Denis l Art Expro 2008, 35 lycées professionnels exposent à Créteil
LA RECHERCHE
Primaire : L'analyse complète de M. Fayol et JE. Gombert
LES DISCIPLINES
E.D.D. : La loi sur les OGM adoptée à l'Assemblée l E.D.D. : L'Allemagne renonce aux biocarburants l S.E.S. : Un colloque pour les SES l ST2S : Une nouvelle souche de H5N1 en Afrique
LES TICE
Tice : Quelle place pour les collectivités locales ? l Faille dans Windows l La BNF abandonne le WiFi
Primaire : L'académie des sciences critique les programmes
L'Académie des sciences ne valide pas les programmes du primaire. En termes diplomatiques mais très clairs, les académiciens demandent des modifications qui éclairent les tares des futurs programmes. Ainsi, les académiciens demandent au moins 2 heures hebdomadaires pour les sciences expérimentales. Ils critiquent aussi la conception même des maths : "que l’indispensable acquisition de mécanismes en mathématiques soit toujours associée à une intelligence de leur signification pour l’enfant, à leur lien avec le concret et au rôle de l’imagination aux côtés de la rigueur". Et plus généralement : "Que l’école primaire demeure centrée sur le développement de l’ensemble des potentialités de l’enfant".
Le communiqué
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Les antipodes européennes
Si tous les jours au Café on reçoit des ouvrages, certains arrivages suscitent plus l'attention que d'autres. C'est le cas quand la livraison du jour consiste en le programme de français du collège et l'ouvrage de Paul Robert, La Finlande : un modèle éducatif pour la France ?
Evidemment rien de plus antithétique que ce rapprochement. Paul Robert, agrégé et principal de collège, raconte sa découverte du système finlandais. On sait que le pays peut s'enorgueillir d'excellents résultats dans les enquêtes internationales. Ce qu'on sait peut-être moins c'est que tout le système éducatif est conçu pour éliminer le stress chez l'élève et le mettre toujours en situation de réussite.
Ainsi le jeune Finlandais ignore toute sélection avant d'atteindre 16 ans. Jusque là on aurait eu du mal à le sélectionner puisqu'il n'est pas noté. L'objectif annoncé est son épanouissement personnel, la réussite scolaire n'étant qu'un élément du tableau personnel de l'élève. Ajoutons que quand les notes apparaissent,par exemple au lycée, on juge normal de donner la possibilité au jeune de choisir un partie de son curriculum et de repasser les épreuves qu'il aurait raté. Quand on demande à un lycéen finlandais ce qui l'a surpris lors d'un séjour dans un établissement français il répond : "on ne faisait que recopier tout le temps. Les profs dictaient un texte qu'on devait noter tel quel et c'était tout le cours. On recopiait, on recopiait comme si ça suffisait pour apprendre". C'est par ces méthodes que les jeunes Finlandais affichent un niveau culturel nettement supérieur à celui des jeunes Français.
Evidemment on est aux antipodes de l'idéologie qui sous-tend les programmes du primaire et du collège. Là l'élève est appelé à construire en autonomie, ici on assène les connaissances à l'état brut. Là l'apprentissage se fait dans une liberté qui responsabilise, ici on impose une progression rigoureuse où l'élève est passif. Là on s'appuie sur la sympathie et l'épanouissement, ici on cherche à transmettre l'autorité par la peur. Ici tout est organisé pour sélectionner et éliminer, voir expulser l'étranger, là on aide à sauter les obstacles et particulièrement on enseigne en langue étrangère quand c'est nécessaire pour mieux intégrer.
On pourra nous objecter que la Finlande est un petit pays, que la population y est moins hétérogène, que les tempéraments nationaux sont différents. C'est oublier l'essentiel. La question que nous adresse involontairement la Finlande ne tient pas tant à la géographie qu'à l'histoire. Cette école qui regarde les jeunes avec méfiance toujours, mépris souvent, haine parfois, qui fait du prof gifleur un héros, la Finlande l'a connu. Elle l'a abandonné et s'en porte bien. Nous, nous y revenons. Entre la Finlande et la France ce ne sont pas les kilomètres qu'il faut compter mais les années perdues.
Paul Robert, La Finlande : un modèle éducatif pour la France ?, ESF éditeur, 2008, 134 pages.
Présentation de l'ouvrage de P Robert
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Primaire : Une fausse consultation ?
"Au cours du mois de mars tous les enseignants des écoles se sont réunis et ont été consultés sur le projet de programmes présenté par le ministre de l' Education nationale. Depuis le 5 avril toutes les synthèses des circonscriptions ont été saisies par les IEN sur le site du ministère Eduscol. Comment comprendre que celui-ci se refuse toujours à rendre public le contenu des réactions des enseignants des écoles?" interroge le Snuipp dans un communiqué.
Il relève que "à ce jour aucun calendrier et aucune modalité de prise en compte de ces retours ne sont communiqués" et pose une question : "le ministère craint-il le contenu de ces réponses?" La question sera posée aujourd'hui de vive voix au ministre.
Localement des instits ont fait le dépouillement: le Sgen des Vosges a passé les réponses dans un logiciel d'analyse lexicale. Résultat : les programmes sont "trop" ! Trop dense, trop de connaissances, trop grande passivité des élèves, trop mécaniste, trop directif etc..
Analyse des Vosges
Mobilisation aujourd'hui dans le secondaire
Le Snes et le Snep annoncent une journée d'action nationale aujourd'hui contre les suppressions de postes. En Ile-de-France elle prendra un aspect particulier puisque Sud, la Cgt, Fo appellent également. Les enseignants seront rejoints par les lycéens de l'Unl et de la Fidl et les parents de la Fcpe.
Lors d'un chat sur le site du quotidien Libération, Florian Lecoultre, le nouveau président de l'UNL évoque "un ras le bol généralisé du aux conditions d'études qui sont menacées par les suppressions de postes". Des propos qui pourront être vérifiés dans les cortèges aujourd'hui. Mercredi 9, seuls 5 lycées et un collège étaient bloqués à Paris (sur 110 lycées). A Colomiers (près Toulouse) les parents de la Fcpe et des professeurs ont occupé 4 établissements secondaires de la ville.
Dépêche AFP
Collège : Les projets de programme de français
"La "leçon" de grammaire est fondamentale : elle permet une conscience des faits de langue indispensable aux élèves pour qu'ils puissent comprendre et goûter les grands textes de notre patrimoine littéraire. La connaissance des mécanismes grammaticaux… participe pleinement à la structuration de la pensée". Cette quasi citation de A. Bentolila (au passage : les peuples sans grammaire pensent-ils ??) ouvre les projets de programmes de français pour le collège que nous évoquions hier dans L'Expresso. Fort symboliquement, le chapitre sur la grammaire est suivi de celui sur l'orthographe : "le professeur veille à la mémorisation des règles essentielles" et pratique la dictée sous toutes ses formes. "Pour l'évaluation, il conviendra de tenir compte des tolérances orthographiques et grammaticales de l'arrêté du 28 décembre 1976" affirment sans rire les auteurs anonymes de ce programme, biffant la réforme de l'orthographe post 1976…Face à ces longs développements, les tice font l'objet de 10 petites lignes : "le professeur a recours au traitement de texte"…
L'Expresso a repris hier l'analyse de l'Afef sur ces programmes traditionalistes. Nous en publions le texte aujourd'hui en 4 fichiers de chacun environ 3 Mo. Et nous rappelons qu'il s'agit encore de projets. Le texte officiel et définitif n'est pas paru.
L'Expresso d'hier et l'analyse de l'Afef
Le projet de programme partie 1
Le projet de programme partie 2
Le projet de programme partie 3
Le projet de programme partie 4
Le projet de programme partie 5
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L'Enseignement professionnel au miroir allemand
Le système allemand de la formation professionnelle est considéré comme un modèle d’insertion, de bonnes relations entre l’école et l’entreprise. Mais, en Allemagne et en France, parle-t-on de la même chose lorsqu’on s’intéresse à la formation professionnelle ? Du 2 au 4 avril, le Ciep (Centre International d’Etudes Pédagogiques) invitait des journalistes français et allemands à visiter le système de formation professionnel de deux pays : la France et l'Allemagne. Divergences, convergences, dans la lignée de la stratégie de Lisbonne, les états des lieux plaident ils pour une harmonisation de l’enseignement professionnel en Europe ?
On touche là un débat profond renvoyé par les deux conceptions de la formation professionnelle. Doit elle former à des gestes professionnels, doit elle viser l’opérationnalité immédiate des nouveaux arrivants sur le marché du travail comme en Allemagne ? Ou doit elle s’inscrire dans une logique d’évolution professionnelle en intégrant dans le cursus des enseignements généraux favorisant l’adaptation et la capacité à évoluer dans l’entreprise ? Dans la perspective de l’éducation tout au long de la vie, dessinée par le Traité de Lisbonne, ces questions méritent d’ê