Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Rendez-vous mardi 15
ÉDITORIAL
DIMA :La voie de la relégation
LE SYSTEME
Primaire : Le Snuipp dénonce l'absence de concertation l Enseignement prioritaire : L'OZP interpelle Darcos l Une centaine de lycéens sauvés de la marée l L'Expresso déplace ses vacances.
L’ÉLÈVE
L'Angleterre installera des caméras de surveillance dans les centres d'examen l Le droit à l'éducation des personnes handicapées garanti par une convention
LA CLASSE
Le gouvernement va-t-il remettre en question la mixité ?
CITOYENNETE
Le Grand Paris l Artistes solidaires
LES DISCIPLINES
Maths : Pythagore sur Culture Math l Français : Les B.I.P. interviennent à Brest l ST2S – EED : La santé des Européens et le changement climatique l SES : Un poste libre à Saint-Nazaire
Rendez-vous mardi 15
Alors que seules les académies d'Ile-de-France et de Bordeaux sont encore en activité (les autres sont en vacances de printemps), le mouvement de protestation contre les suppressions de postes pourrait prendre paradoxalement de l'ampleur mardi 15 avril. En effet ce jour verra les enseignants du Sgen-Cfdt rejoindre le mouvement en Ile-de-France aux cotés du Snes, de la Cgdt, de Sud et de FO. mais sur ses propres mots d'ordre.
Le Sgen Ile-de-France manifestera "pour faire vivre les projets innovants ou les dispositifs de remédiation qui permettent d’aborder autrement le travail scolaire" et estime que "nous pouvons venir à bout de ce terrible échec qu’est la sortie du système éducatif sans qualification de 150 000 jeunes chaque année. Mais l'Éducation nationale ne peut se transformer valablement sous une telle contrainte financière".
Le Snuipp appelle "les enseignants des écoles à participer massivement aux initiatives prises dans tous les départements". A coté des enseignants, le mouvement ralliera aussi les parents de la Fcpe Ile-de-France et les lycéens de l'Unl et de la Fidl.
Reçue par le ministre le 11, l'UNL note "une volonté d’ouverture du dialogue de la part du Ministre sur la réforme du Bac Pro et du Lycée général" mais estime que c'est insuffisant.
Enfin des mouvements locaux ont eu lieu vendredi et samedi. Par exemple 500 personnes ont manifesté samedi contre des suppressions de poste à Conflans. Vendredi des parents avaient installé une classe dans la rue devant l'inspection d'académie de Créteil.
Appel Sgen Ile-de-France
Communiqué AFP
Communiqué UNL
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DIMA :La voie de la relégation
"Dès qu'on ouvre une filière, on crée une voie de relégation qu'on se dépêche de remplir". Cette réflexion de François Dubet vient immédiatement à l'esprit à l'annonce du déploiement à la rentrée 2008 du "dispositif d’initiation aux métiers en alternance" (DIMA)" destiné aux collégiens de 15 ans. Cette mesure, que l'on ne manquera pas de nous présenter comme une opportunité heureuse pour les enfants des milieux populaires, vise en fait leur relégation et marque l'obstination de la majorité à détruire la loi Fillon.
Selon la circulaire officielle qui le crée, le DIMA "permettra à des élèves de collège de découvrir un ou plusieurs métiers par une formation en alternance d’une année scolaire… tout en poursuivant l’acquisition du socle commun de connaissances et de compétences. Ce dispositif pourra être ouvert dans les lycées professionnels ou dans les centres de formation d’apprentis et se substituer ainsi à l’apprentissage junior abrogé". Présenté ainsi, le DIMA semble simplement répondre à un problème réel, celui de l'orientation.
Le DIMA remet en question le socle commun. Même si l'on ne connaît pas encore la réalité des horaires des classes DIMA, il est clair que l'alternance signifie que la moitié du temps scolaire sera utilisé pour travailler en entreprise. Cela veut dire que ces jeunes, qui auront 15 ans mais qui auraient du être en 4ème ou en 3ème, bénéficieront de deux fois moins d'heures de français, de maths, de langues que leurs camarades. Et puisque la circulaire nous dit que le DIMA se substitue à l'apprentissage junior, rappelons que celui-ci offrait 15 heures hebdomadaires d'enseignement général, à peu près 60 heures annuelles de français, là où leurs camarades en ont plus du double.
Dans ces conditions, prétendre, comme le dit la circulaire, qu'ils poursuivront " l’acquisition du socle commun" n'est pas sérieux. On ne peut pas à la fois prétendre à un socle commun et proposer aux plus faibles, ceux-là même qui en ont le plus besoin, un enseignement allégé. On avait pu apprécier le cynisme de Robien qui annonçait l'apprentissage junior le jour même où il installait le HCE sensé garantir le socle commun. Cette circulaire Darcos ne fait guère mieux.
Le DIMA excluera de l'Ecole. Il n'offrira pas de possibilité de revenir en arrière. C'est une réalité dont les documents officiels s'étaient ouverts à propos de l'apprentissage junior. Le "guide pédagogique" de l'apprenti junior, publié par la Dgesco, explique que les apprentis ont un niveau trop bas pour intégrer une 3ème même pré-professionnelle (DP6) et trop de lacunes et de décalage dans le comportement pour revenir en 4ème. Le DIMA ne fera pas mieux et méritera pleinement son caractère de relégation.
Le DIMA ne formera pas davantage. Car, comme l'apprentissage junior, il repose sur l'idée que certains jeunes ayant un bas niveau d'instruction, peuvent s'en sortir malgré tout grâce à l'apprentissage. Malheureusement cette idée simple est rejetée par les analyses du Céreq. Pour eux, "l'apprentissage se compose en fait d'espaces divers... dont le plus dynamique actuellement n'est peut-être pas le mieux à même de répondre au principal enjeu des politiques de l'emploi : réduire le chômage des jeunes". L'étude révèle que "entre 1995 et 2003, les effectifs d'apprentis ont globalement augmenté mais ils ont diminué de 13 % dans les métiers de l'alimentation et de la cuisine, de 16 % dans l'hôtellerie-restauration. Ces métiers sont pour certains saturés, tel coiffeur ou employé de pharmacie". Résultat : pour les jeunes peu qualifiés l'apprentissage n'est pas, pour le Céreq, une réponse efficace. Le succès de l'apprentissage se fait ailleurs sur le territoire du « nouvel apprentissage » qui est investi massivement par l'enseignement supérieur. Entre les deux il existe bine une zone intermédiaire, celle du bâtiment ou de la mécanique, où les entreprises embauchent essentiellement au niveau du bac professionnel. Ce que montre l'étude du Céreq c'est que l'apprentissage s'est "scolarisé" et que les jeunes sans bagage scolaire solide ont peu de chances d'y réussir. Les orienter sur ce terrain c'est les induire en échec.
Le DIMA nie les droits. Une formation qui n'ouvre pas la voie à l'accès à l'emploi, qui empêche le retour à l'école et qui écarte du collège dès 15 ans, c'est tout simplement une voie de relégation qui remet de facto en question un héritage républicain, le droit individuel à l'éducation jusqu'à 16 ans. Elle "enfoncera" dans la relégation et l'échec les enfants des milieux populaires, ceux qui ont le plus à attendre de l'école de la République. Financièrement, elle fera financer par les plus démunis la formation des classes moyennes.
Alors que l'unité syndicale se cherche autour d'un refus du budget mais aussi des programmes Darcos, il nous semble que les organisations syndicales et pédagogiques peuvent se réunir contre une mesure qui ne peut pas se justifier par sa rentabilité budgétaire, qui même pour 10 000 élèves semble accessoire, mais qui reflète le mépris social pour ne pas dire la haine ethnique. Il s'agit aussi de défendre l'idée même du socle commun.
La circulaire
L'étude du Céreq sur l'apprentissage
Sur le Café, à propos de l'apprentissage junior
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Primaire : Le Snuipp dénonce l'absence de concertation
"Xavier Darcos a bien annoncé que les synthèses des avis des enseignants, établies dans les circonscriptions, seraient rendues publiques dans les jours prochains, mais n?a annoncé aucun dispositif précis en matière de calendrier, de concertation et de modalités de prise en compte des remontées des écoles". Reçu le 10 avril par le ministre, le syndicat des enseignants du primaire estime n'avoir pas été entendu. Particulièrement sur la consultation lancée auprès des enseignants. Le SNUipp demande au premier ministre d'intervenir et "appelle les enseignants des écoles à participer massivement aux initiatives prises dans tous les départements en faveur d'une autre politique éducative. Le projet de programmes doit être suspendu et faire l'objet d'une réécriture complète".
Le Snuipp
Dans le Café, sur la consultation
Enseignement prioritaire : L'OZP interpelle Darcos
N'ayant pas obtenu de réponses du nouveau gouvernement depuis un an, l'OZP, Observatoire des zones prioritaires, interpelle publiquement le ministre de l'éducation nationale sur 4 points précis "Quel avenir pour les ZEP qui ne sont pas devenues Réseaux Ambition Réussite (RAR) ?" interroge l'association. En effet près de 800 Zep sont concernées et l'OZP déplore qu'elles soient " livrées à elles-mêmes. Au ministère, c’est le silence. Sur le terrain, le plus souvent, il n’y a plus de pilote".
L'OZP s'interroge aussi sur l'intégration des écoles maternelles et élémentaires dans l’éducation prioritaire ! "C’est dans les écoles et dans une continuité entre écoles et collèges que l’éducation prioritaire a du sens. Sur le terrain, dans les RAR, l’accent est mis sur les seuls collèges".
Enfin l'OZp demande un effort pour attirer en RAR des personnels qualifiés et pour réaffirmer le rôle des coordinateurs d'éducation prioritaire.
Communiqué
Une centaine de lycéens sauvés de la marée
Selon l'AFP, 94 lycéens de Fontainebleau et 8 accompagnateurs se sont retrouvés bloqués par la marée à Port-en-Bessin le 13 avril. La SNSM a réussi à les dégager avec le soutien d'hélicoptères.
Dépêche AFP
L'Expresso déplace ses vacances
Compte-tenu de l'actualité, L'Expresso restera quotidien cette semaine, contrairement à ce que nous avions annoncé. Il deviendra hebdomadaire du 21 avril au 4 mai, sauf urgences dans l'actualité.