L'Expresso du 13 Mai 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Darcos veut créer un lycée "modulaire"

ÉDITORIAL

A hue et à dia

LE SYSTEME

Primaire : La libération des heures du samedi pose la question de l'autonomie des écoles, selon Bruno Suchaut l Les 20 écrivent à Fillon l Derniers rounds pour les lycéens l Grève du 15 mai : la CFTC aussi l 60% des Français pour le service minimum l Le dispositif Défense deuxième chance au rapport au Sénat l Un prof en correctionnelle.

L’ÉLÈVE

Les parents de la FCPE sont inquiets l Brundibar

LA CLASSE

Primaire : Comment organiser les heures du samedi matin ? l ExpoSciences à Niort

CITOYENNETE

Sarkozy "rétablit" l'étude de l'esclavage à l'école l Manif pour les sans papiers le 14 mai

LES DISCIPLINES

Primaire : A Montpellier l'hétérogénéité est une force… l SVT – Géographie : Le séisme du Sichuan l Femmes et mathématiques l Maths : Le rallye Calculatice l Langues : Le stage d'action du GFEN l Art'Reseau 2008

 

 

Le fait du jour

 

Darcos veut créer un lycée "modulaire"

Xavier Darcos a dévoilé davantage ses projets pour le lycée le 9 mai. Recevant les lycéens de l'UNL et de la FIDL, il a annoncé son souhait de " réformer le lycée pour favoriser une plus grande autonomie des lycéens et leur garantir un enseignement plus personnalisé". Un "dispositif expérimental de réussite scolaire au lycée" sera mis en place dès la rentrée 2008 dans les 200 établissements scolaires qui rencontrent les plus grandes difficultés. Il s'agira d'un soutien personnalisé assuré par des enseignants, des assistants d'éducation et des étudiants de master se destinant aux métiers de l'enseignement. "Ce dispositif pourra se prolonger durant les vacances scolaires pour préparer les lycéens à la poursuite d'études supérieures ou à la classe de terminale. Dans ces 200 établissements, des stages seront d'ailleurs mis en place dès le mois d'août 2008 à cette fin" assure le communiqué officiel. X. Darcos a également promis qu'une épreuve de rattrapage serait créée au bac pro dès la rentrée 2009.

 

Luc Cédelle, dans Le Monde, donne davantage d'informations. X. Darcos défend l'idée d'un lycée permettant "la modularité" des enseignements à l'image de ce qui existe en université. Le redoublement serait supprimé et remplacé par des enseignements complémentaires. Les lycéens disposeraient donc de davantage d'autonomie. Pour conduire cette réforme, X. Darcos ferait appel à une personnalité de l'éducation nationale et "pas forcément de droite".

Article du Monde

 

 

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A hue et à dia

Un lycée avec des horaires modulables où le lycéen piocherait en toute responsabilité. Un lycée qui apprendrait l'autonomie. Un lycée où le redoublement serait remplacé par une aide adaptée. Un emploi du temps qui alternerait cours et séquences de travail autonome. Le projet décrit par Xavier Darcos satisfairait sans doute bien des lecteurs du Café !

 

Oui mais à la base de ce lycée, une école primaire où le redoublement est maintenu et affirmé (pourtant là on est certain qu'il ne sert à rien !). Une école où on ne voudrait que transmettre passivement des repères et des connaissances facilement évaluables. Une école de l'obéissance. Est-ce logique et compatible ? Non sans doute.

 

Des lycéens qu'on reçoit et avec qui le courant passe. Alors que le jour même on les a décrits en "bouffons" dans les médias. Incroyable !

 

Mais pas plus qu'un président qui remet au programme un enseignement qui ne l'a jamais quitté !

 

A hue et à dia. Entre l'exigence d'efficacité qui impose de moderniser le système éducatif et le poids politique de militants réactionnaires; entre l'intérêt général qui veut des réformes longues et progressives et les nécessités budgétaires qui imposent de jeter le discrédit sur les enseignants, l'Ecole est tirée à hue et à dia.

 

 

 

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Primaire : La libération des heures du samedi pose la question de l'autonomie des écoles, selon Bruno Suchaut

Comment gérer les heures libérées du samedi à l'école  ? Dans une tribune confiée au Café, Bruno Suchaut relève les contradictions qu'elles soulèvent. Pour être efficaces, elles exigent davantage d'autonomie des écoles. Un nouveau défi.

 

Pour lui, "la nouvelle organisation du temps scolaire à l’école primaire est supposée s’appuyer sur une logique d’efficacité, notamment pour une meilleure prise en charge des difficultés des élèves" relève-t-il. Or "une chose est sûre, ce n’est pas parce que certains de nos voisins européens obtiennent de meilleurs résultats avec un temps d’enseignement moins élevé, qu’une réduction de ce temps permette d’améliorer la qualité de notre école primaire".

 

Par conséquent la façon dont sera organisé le temps de soutien aux élèves en difficulté est primordial. "On voit clairement que cette réforme de l’organisation du temps scolaire interrogera la politique éducative en matière d’autonomie des écoles, il reste à savoir comment cette autonomie pédagogique sera régulée pour garantir l’équité et le respect des objectifs nationaux".

L'article

 

Les 20 écrivent à Fillon

"C’est pourtant l'absence totale de dialogue avec les syndicats enseignants, les fédérations de parents d’élèves, les mouvements pédagogiques et les associations péri-éducatives qui marque la  méthode employée par le ministre de l’Education Nationale pour élaborer le projet de programmes de l’école primaire."  Vingt organisations , syndicats (Sgen, Se-Unsa, Snuipp etc.), mouvements pédagogiques ) demandent à François Fillon une "concertation  approfondie" que la politique éducative "et  notamment le projet de programme de l'école primaire".

 

 

Derniers rounds pour les lycéens

Après avoir porté presque seuls le mouvement de protestation depuis plusieurs semaines, alors que le bac approche, les lycéens raccrochent. Plus que le semi-échec de la journée du 6 mai, la rencontre avec le ministre de l'éducation nationale, le 9 mai, aboutit à la division du mouvement lycéen. L'UNL et la FIDL se sont félicités d'avoir obtenu un dispositif de soutien dans 200 lycées à la rentrée, le maintien du Bep et épreuve de rattrapage au bac pro. Le ministre s'est aussi engagé à "favoriser une plus grande autonomie des lycéens et (à) leur garantir un enseignement plus personnalisé".

 

Aussitôt la Fidl a fait savoir que la journée du 15 mai serait sa dernière mobilisation. Pour l'UNL "ces avancées ne permettent pas de répondre à l’inquiétude majeure des lycéens sur l’avenir du service public d’éducation. Le ministre n’a répondu ni sur le rétablissement des 11 200 postes supprimés à la rentrée prochaine, ni sur le gel nécessaire des suppressions prévues les années suivantes (80 000 dans les 3 ans). Comment parler de réussite et permettre une réforme du lycée en supprimant à priori plusieurs dizaines de milliers de postes ?" C'est après le 15 mai que l'UNL décidera de sa participation à d'autres mouvements. Mai 2008 ne ressemble pas à mai 68.

Communiqué Darcos

Communiqué UNL

 

Grève du 15 mai : la CFTC aussi

De nombreuses organisations (dont cinq fédérations FERC-CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA-EDUCATION, SUD EDUCATION) appellent à faire grève et manifester le 15 mai. Dans l'enseignement privé nous avions signalé la Fep Cfdt. Le Snec Cftc se joint au mouvement en réaction aux emplois supprimés, au bac pro en 3 ans, au DIMA et aux programmes du primaire.

Communiqué Snec

Les manifestations prévues le 15 mai

Cinq fédérations appellent

 

60% des Français pour le service minimum

Selon un sondage CSA, 60% des Français sont en faveur du service minimum.

Depêche AFP

 

Le dispositif Défense deuxième chance au rapport au Sénat

Vivement critiqué en 2006, le dispositif Défense deuxième chance fait l'objet d'un rapport favorable du Sénat. Mesure phare du gouvernement précédent, "Défense deuxième chance" s'adresse aux jeunes de 18 à 21 ans, sans diplôme ni emploi, en risque de marginalisation : "il a pour objectif leur insertion sociale et professionnelle à travers un programme de formation adapté censé insérer des jeunes des quartiers difficiles" affirme l'EPIDe, organisme gestionnaire des centres. Et pour cela, selon une brochure officielle, "les jeunes sont soumis à une discipline stricte, définie".

 

Ce que montre le rapport sénatorial c'est un dispositif bien en dessous des objectifs fixés (2 000 jeunes par an), coûteux (200 millions, 970 employés) et au rendement très variable d'un centre à l'autre (en moyenne 39% des élèves disparaissent en cours de formation, 37% d'insertion durable).

Rapport sénatorial

Dans le Café, le rapport 2006

 

Un prof en correctionnelle

Un professeur de français du Val d'Oise va passer en correctionnelle. Il est accusé d'avoir maintenu un élève le temps que des élèves le frappent. Et ce à plusieurs reprises.

Dépêche AFP

 

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