L'Expresso du 19 Mai 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

La FSU a fait le plein, les syndicats en ordre de bataille pour les 22 et 24 mai

ÉDITORIAL

La Belgique pose la question du libre choix de l'école

LE SYSTEME

Enseignement prioritaire : La journée de l'OZP l Service minimum : L'Andev craint une épreuve de force avec les communes  l Une enseignante en grève de la faim pour l'ouverture d'une classe l Vol de copies : un examen à refaire à Orléans-Tours l La recherche française recule l La campagne contre les tests d'évaluation continue en Angleterre l Le Café mensuel 93 en pdf .

L’ÉLÈVE

Une dyslexie à 2 milliards l Autisme : Un plan contesté  

LA CLASSE

Succès de la Journée e-education à Pau  ! Une journée pour l'apprentissage des langues l Nantes : Les Belles Chaises 2008

LA RECHERCHE

L'approche par compétences

CITOYENNETE

Des lycéens lyonnais enquêtent sur les discriminations l Le rapport de la CNIL

LES DISCIPLINES

Primaire : Le décret sur l'horaire hebdomadaire est paru l Français : Enseigner la littérature contemporaine l Roller FootBall : Ubu continue l Histoire-Géo : La Labo des Clionautes

LES TICE

FireFox 3

 

 

Le fait du jour

 

La FSU a fait le plein, les syndicats en ordre de bataille pour les 22 et 24 mai

Les incertitudes étaient grandes sur la capacité de la FSU à  mobiliser, seule, après la journée de grève unitaire réussie jeudi 15 mai. Le pari a été toutefois réussi avec plusieurs dizaines de milliers de manifestants venus de toute la France pour manifester un dimanche (45 000 selon les organisateurs).

 

Les enseignants des écoles étaient fortement représentés, autour du refus des nouveaux programmes Darcos, mais les banderoles d'établissements du second degré touchés par les fermetures étaient nombreuses. Chaque catégorie a tenu à  porter ses propres revendications dans le cortège : Emplois Vie Scolaire (EVS) promis au licenciement fin juin, précaires payés 1000 Euros, CO-psy inquiets de la redéfinition de leurs missions, professeurs d'EPS tous habillés de rouge.

 

Si la mobilisation semblait inégalement répartie sur le territoire, à  noter les deux TGV venus de Bretagne, un cortège dynamique de la région PACA, et un cortège de la région parisienne réellement fourni.

 

La présence des parents de la FCPE, regroupés derrière leurs banderoles aux cris de "Des moyens pour l'Ecole Publique" est à  noter, celle des étudiants et lycéens étant réduite à  des cortèges symboliques.

 

A l'issue de la journée, la Fsu a annoncé qu'elle rencontrerait rapidement ses partenaires pour préparer la suite du mouvement. La prochaine étape de mobilisation est pour samedi 24, à l'appel de 19 organisations. "Il est nécessaire d’intensifier la pression sur le gouvernement et de réussir le prochain rendez vous, fixé au 24 mai" appelle le Sgen-Cfdt. Le Se-Unsa sera également présent le 24. Ce sera sans doute l'occasion de mesurer si les déclarations du ministre et du président, vécues dans la manifestation comme de véritables provocations, dopent la mobilisation...

 

Une autre journée test , pour les retraites, est prévue le 22 mai. Un préavis de grève est aussi déposé pour cette journée.

Dépêche AFP

Communiqué Sgen

Communiqué Se-Unsa

 

 

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La Belgique pose la question du libre choix de l'école

Comment trouver le "meilleur choix" d'école ?  Alors que la France évolue vers la liberté de choix, après l'Angleterre, c'est au tour de la Belgique de faire le chemin inverse.

 

Pour la Communauté française de Belgique c'est une révolution. Après des décennies de liberté totale d'inscription, le nouveau ministre de l'éducation va éditer un décret qui fixera plusieurs critères d'inscription.  Les établissements pourront continuer à donner la priorité à des établissements "adossés" mais ils devront réserver un quart des places à des élèves venus d'écoles défavorisées. C'est donc bien la mixité sociale qui est recherchée et imposée dans la libre Belgique.

 

Cette évolution n'est pas unique. L'Angleterre elle aussi, qui connaissait un régime de totale liberté parentale, a instauré des contraintes sous la forme d'un registre d'inscription.

 

Ces évolutions soulignent les déceptions apportées par les politiques de libre choix. Là où on attendait une émulation des établissements par la concurrence, on a assisté généralement à la construction de ghettos sociaux ne cherchant pas à s'élargir mais à maintenir un recrutement sélectionné. Parallèlement les familles défavorisées n'ont généralement pas cherché à bénéficier de la liberté de choix pour aller dans de meilleurs établissements.  Cela pour plusieurs raisons, bien présentées dans les recherches anglo-saxonnes : ignorance des familles, satisfaction relative des écoles locales, avantages liés à la proximité, voire construction communautaire. L'échec des politiques libérales de libre choix a été particulièrement patent en Belgique où se cumulent fortes inégalités sociales et niveau faible.

 

Pour d'autres raisons, les systèmes à carte scolaire ont pu eux aussi être associés à de fortes inégalités sociales ce qui a pu valider la démarche française de sa remise en question. On sait que pour la rentrée prochaine, le gouvernement a promis le libre choix assorti d'une priorité aux boursiers. L'exemple anglais montre que pour les plus défavorisés cette liberté risque fort d'être théorique.

 

Avec un temps d'avance, ce que testent la Belgique et l'Angleterre c'est le passage à un système de liberté encadrée ayant pour objectif la déségrégation. Un chemin que la France pourrait emprunter si elle souhaite vraiment améliorer son Ecole.

Article du Soir

L'Expresso du 3 décembre 2007

Dossier du Café surla carte scolaire

 

 

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Enseignement prioritaire : La journée de l'OZP

Paradoxe : samedi 17 mai, l'OZP invitait, dans le cadre prestigieux du lycée Henri IV, les mouvements pédagogiques du CLIMOPE (Ligue de l'Enseignement, CRAP, Education & Devenir, FOEVEN, OCCE, Francas, GFEN, ICEM, AFL, CEMEA...)  à venir co-construire des perspectives pour l'Education Prioritaire. A la fois ambitieuse et large, la thématique de la journée ("Education Prioritaire, réussir") était aussi fortement polysémique : vu du terrain, le moins qu'on puisse dire est que la politique actuelle du ministère en matière d'Education Prioritaire n'est pas très... visible !

Lire le reportage de P. Picard

 

Service minimum : L'Andev craint une épreuve de force avec les communes

Refusé par 90% des communes, comment le "service minimum d'accueil" pourra-t-il être imposé par le président de la République ? L'Andev, qui regroupe les directeurs de l'éducation des villes de France, souligne les difficultés de l'exercice.

 

"En demandant aux communes de prendre la responsabilité d'un temps d'enseignement, même "minimum", l'Etat fait preuve de son incapacité à gérer lui même le service public d'Education Nationale lorsque celui-ci est en crise. Dès lors, les communes s'inquiètent de devoir petit à petit se substituer à l'Education Nationale : aujourd'hui pendant les grèves, demain pour remplacer les enseignants absents, après demain pour recruter des directeurs d'école !" estime Claudine Paillard, présidente de l'Andev. 

 

"Si le service minimum est difficile à organiser par l'Etat, pourquoi serait-il plus aisé à mettre en place par les communes ? " ajoute le communiqué de l'Andev. "Sur ce point, si le gouvernement persiste dans la voie actuelle en imposant aux communes la mise en place de nouveaux services, on imagine des moments fort agités sur les bancs de l'hémicycle... "La déclaration du président de la république, et le projet gouvernemental de passer de l'invitation à l'obligation, puis de glisser de la notion de service minimum à celle de droit d'accueil aura au moins l'intérêt, en portant le débat devant la haute assemblée, de permettre une discussion publique et non plus seulement médiatique. Le gouvernement prend cependant le risque d'un revers, car la position des communes sur ce point est moins liée à leur couleur politique qu'à leur conception de l'école.."

Communiqué de l'Andev

 

Une enseignante en grève de la faim pour l'ouverture d'une classe

Peut-on mourir d'une fermeture de classe ? Janine Béal, professeure au lycée agricole d'Aubenas, pose la question. Enseignante chevronnée, elle a entamé le 13 mai une grève de  la faim pour obtenir l'ouverture d'une seconde classe de 2de professionnelle service aux personnes dans son lycée. "Je me bats pour notre jeunesse et un enseignement public de qualité ouvert à tous" dit-elle. Il est vrai que 36 élèves sont inscrits dans cette 2de pro.

 

Dans son établissement, le proviseur adjoint témoigne du respect qui entoure cette enseignante très attachée à cette section et proche de la retraite. Mais il est atterré par cette décision et partagé entre la sympathie, la peur et l'incompréhension.

Le lycée agricole d'Aubenas

 

Vol de copies : un examen à refaire à Orléans-Tours

Selon l'AFP, 173 copies du BTS Banque et Gestion ont été volées à Joué-les-Tours  dans la nuit du 14 au 15 mai. Une centaine de candidats vont devoir repasser une ou deux épreuves début juin.

Dépêche AFP