Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Le Se-Unsa condamne la masterisation des nouveaux enseignants, le Sgen inquiet
ÉDITORIAL
A qui profite le redoublement ?
LE SYSTEME
Les programmes des concours 2009 l Réforme du lycée : Darcos nomme J.-P. de Gaudemar l Pour rénover ses écoles la Belgique fait appel aux capitaux privés l Une grève méconnue en Guyane l Trois syndicats appellent à faire grève le 10 juin l Mutations des personnels de direction l Au cœur des écoles : Les évaluations sont bien factices.
L’ÉLÈVE
Le retour des récompenses ? l Sanctions lycéennes : parents et chefs d'établissement réagissent l Orientation : Les Jeunes Agriculteurs pourront promouvoir le métier d'agriculteur l Les formations pour l'enseignement spécialisé
LA CLASSE
Lignes d'un jour dans le 93 l Deux rendez-vous au Louvre
CITOYENNETE
Religion et intégration : Regards croisés franco-allemands
LES DISCIPLINES
Le bac : Les sujets d'Amérique du Nord l E.P.S. : Le Snep demande l'augmentation des horaires
Le Se-Unsa condamne la masterisation des nouveaux enseignants, le Sgen inquiet
"Ce projet ne propose qu’une formation des enseignants in vitro, déconnectée des réalités sociales et de la diversité des situations scolaires. Cela constituerait une régression dramatique en réussissant le tour de force d’amoindrir la professionnalisation de la formation des maîtres, alors même que toutes les études, toutes les évaluations de l’Ecole militent en sens inverse". Après le Snuipp, le Se-Unsa condamne sans ambiguïté le projet ministériel de formation des enseignants tel qu'il a été dévoilé par Le Monde.
Et le Se-Unsa ne manque pas d'arguments. Il montre que le projet signifierait la "liquidation de la formation professionnelle: ce n’est pas par un cursus de master disciplinaire que l’on préparera les futurs enseignants à leur métier. Et cela d’autant que le statut d’étudiant interdira tout stage en responsabilité de classe durant le parcours de master". Il aboutirait également à renoncer à "la mixité sociale dans le recrutement des enseignants : l’exigence du master, combinée à la fin de la rémunération des stagiaires, écartera encore plus les étudiants d’origine modeste". Tout cela pour récupérer 24 000 postes et les salaires afférents. Le syndicat réclame "l’ouverture de réelles discussions, mettant au cœur de la réflexion la réussite des élèves et la nécessité d’y préparer professionnellement les enseignants".
Le Sgen-Cfdt a une position moins tranchée que les organisations du primaire. "S'il n'est pas opposé à une « masterisation » des enseignants, le Sgen-CFDT ne pourrait accepter qu'une telle évolution entraîne une dégradation des conditions de formation des futurs professeurs et une remise en cause de la place et du rôle des IUFM. La formation ne saurait se réduire à un compagnonnage par des enseignants expérimentés. Le Sgen-CFDT estime qu'enseigner est un métier qui s'apprend". Et il demande, lui aussi, des discussions.
Communiqué Se-Unsa
La position du Sgen
Sur le Café, la masterisation
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A qui profite le redoublement ?
Championne du monde du redoublement avec 38% d'élèves ayant au moins redoublé une fois, la France sera-t-elle capable un jour de s'occuper efficacement des élèves en difficulté ?
Alors que les conseils de classe rendent leur verdict, la question du redoublement est revenue sur le devant de la scène le 29 mai. Selon RTL, l'éducation nationale demanderait aux chefs d'établissement de diminuer le taux de redoublement de façon à récupérer des moyens. La radio cite des exemples précis où des taux sont assignés à des établissements niveau par niveau. Des exemples guère surprenants : depuis des années les académies et les établissements ont inscrit dans leurs objectifs officiels la réduction du taux de redoublement et il est assez logique que l'inspection académique suive de près les évolutions. Cette politique marque des points puisque le taux a effectivement beaucoup baissé.
D'autant plus remarquable est la réaction de Xavier Darcos. Il a aussitôt démenti ces propos affirmant que "aucune consigne n'a été donnée aux chefs d'établissement concernant le redoublement". Ce faisant il a formidablement renforcé cet étonnant tabou de notre système éducatif.
Car la question de l'inefficacité du redoublement ne se pose plus. De nombreuses études l'attestent. Ainsi T. Troncin établit que "à niveau initial égal, les élèves faibles qui passent en CE1 progressent mieux que les élèves faibles qui sont maintenus au CP. Les redoublants de CP vont progresser la deuxième année, certes, mais restent fragiles dans les domaines où ils étaient fragiles, et ne rattrapent pas la moyenne de la classe". Pour D. Meuret, "en règle générale, à l'école et au collège, le redoublement s'avère peu équitable et inefficace du point de vue des progrès individuels des élèves. Il affecte négativement la motivation, le sentiment de performance et les comportements d'apprentissage de ceux-ci et les stigmatise : à niveau égal en fin de troisième, les élèves « en retard » obtiennent de moins bonnes notes que les élèves « à l'heure », sont moins ambitieux que ceux-ci et sont plus souvent orientés en filière professionnelle. En outre, les comparaisons internationales montrent que le redoublement est inefficace du point de vue des résultats d'ensemble des systèmes éducatifs".Pour lui le redoublement ne peut se justifier qu'en classe d'examen ou dans le cas d'élève momentanément perturbé. En tous cas, les pays qui n'utilisent pas le redoublement ont souvent de meilleurs résultats scolaires.
Malgré tout le redoublement perdure. Il est très coûteux. Et pourtant ceux –là même qui proclament la chasse aux économies, ne font rien pour en réduire le poids. Alors même que son efficacité est contestée, il semble ne pas en être affecté. Comment expliquer ce paradoxe ? Hugues Drealants (Girsef) a avancé plusieurs hypothèses. Pour lui le redoublement serait défendu par les enseignants car il permettrait de "réguler l'ordre dans la classe". Il serait un des derniers pouvoirs d'une profession qui revendique une certaine autonomie par rapport au monde extérieur. Il permettrait également d'exercer un tri social, parfois très tôt.
Il y a pourtant urgence à le remplacer. Son inefficacité se lit dans les résultats des enquêtes internationales PISA. Elles montrent que le score médiocre de la France est du au faible niveau des redoublants. Entre ces 15% d'élèves très faibles et les autres, plutôt bons, le fossé ne cesse de se creuser. La faiblesse du système éducatif français c'est qu'il n'arrive pas à proposer une autre solution à ses élèves.
Quels obstacles empêchent d'en finir avec le redoublement ? Visiblement la réactivité ministérielle montre que le problème est d'abord politique. Alors qu'il est abandonné avec profit dans les pays développés, le redoublement est défendu par les milieux réactionnaires qui y voient un outil efficace de sélection sociale ou plutôt de reproduction sociale. Très influents dans l'UMP ils viennent d'obtenir de Darcos des programmes du primaire qui méprisent les cycles et le maintiennent. Mais la question est aussi pédagogique. Si le redoublement ne règle généralement pas les difficultés des élèves, le supprimer ne les fait pas pour autant disparaître. Il faudrait donc être capable d'accompagner individuellement les élèves, comme on le fait en Finlande par exemple, dès qu'un problème est détecté. Et là on retrouve l'incapacité des gouvernements à mettre en place une réelle politique prioritaire qui pourtant pourrait trouver dans la suppression du redoublement les moyens financiers qui lui manquent.
Bienheureux redoublement ! Tu es celui qui arrête le char du progrès éducatif. Tu es celui qui maintient les inégalités sociales qui fondent la société. Tu sépares les "de souche" des autres. Tu es la colonne qui soutient le système élitiste. Tu fais finalement les ministres. Bref, tu es néfaste aux petits mais ô combien utile.
Le démenti
Sur RTL
Le redoublement contesté par l'OCDE
Sur le Café, le redoublement utile ?
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Les programmes des concours 2009
Le B.O. spécial du 29 mai publie les programmes des concours internes et externes de l'agrégation, du Capes et Capeps; ainsi que ceux du Caplp et du Capet. Le même numéro propose aussi les programmes des concours externes des CPE et CoPsy.
Impossible ici de donner le détail disciplinaire. Mais une approche chiffrée est éclairante : 28 disciplines sont proposées à l'agrégation externe 2009 contre 19 à l'interne. 19 le sont au Capes externe contre seulement 7 à l'interne.
Au B.O. spécail 4
Réforme du lycée : Darcos nomme J.-P. de Gaudemar
Le ministre avait promis une personnalité indépendante, voire de gauche. Il a nommé le 29 mai Jean-Paul de Gaudemar, recteur d'Aix-Marseille et son ancien directeur de la Desco lors de son premier ministère.
Il aura pour tâche "de préparer, avec l'ensemble des partenaires concernés, l'élaboration du nouveau lycée général et technologique. Après avoir consulté les lycéens, les enseignants, les chefs d'établissement et les parents, Jean-Paul de Gaudemar proposera au ministre un premier cadre de travail pour le 10 juillet prochain et lui présentera ensuite, régulièrement, l'état d'avancement de ses travaux." Après quoi une nouvelle seconde verra le jour en 2009, une première en 2010 et la terminale en 2011. A noter que le ministre lui demande de réunir "le consensus le plus large".
Le 17 avril, Xavier Darcos avait présenté la réforme du lycée en ces termes : "Les élèves de première et de terminale ont besoin aujourd’hui de développer leur autonomie, leur liberté de réflexion, leur recherche personnelle. Sur ces trois sujets, nous pouvons avancer en réorganisant l’enseignement pour que les élèves obtiennent ce qu’ils demandent : non pas plus de profs, mais plus de présence adulte auprès d’eux. Ils pourront ainsi être accompagnés par davantage de soutiens, de conseils d’orientations, de matériels, de ressources électroniques. Le lycée d’aujourd’hui est une machine à donner des cours. Il faut qu’il devienne une machine à créer de l’autonomie intellectuelle".
La lettre de mission
Sur le Café, L'Expresso du 18/04/08
Sur le Café, L'Expresso du 24 janvier 2008
Pour rénover ses écoles la Belgique fait appel aux capitaux privés
C'est un milliard d'euros que la Communauté française de Belgique doit trouver pour