L'Expresso du 9 Juin 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Le soutien scolaire élargi à la rentrée

ÉDITORIAL

Le soutien scolaire et le maître

LE SYSTEME

Primaire : L'appel d'Antoine Prost devient pétition l La Commission Legendre remettra son rapport sur le bac le 12 juin l FSU, CGT et Solidaires en grève mardi 10 juin l Le Sgen accepte de négocier sur les lycées l Guyane : Le Snuipp écrit à Sarkozy l La Drôme inaugure la guerre des bulletins l 638 établissements menacés de fermeture en Angleterre.

L’ÉLÈVE

Davantage de diplômés que de postes indique le Céreq l Orientation active : premier bilan critique l Le Parlement des enfants demande une loi pour les maladies rares l Le livre aux mille voix l Une idée nouvelle : la distribution des prix…

LA CLASSE

Le Nouvel Educateur prépare la rentrée

LA RECHERCHE

Lecture et réussite scolaire dans Argos

CITOYENNETE

Six organisations contre un programme

LES DISCIPLINES

Documentation : L'Europe encourage l'éducation aux médias l E.D.D. : Pollution atmosphérique et santé l STG : La pédagogie différenciée en STS l Le 4ème Forum italien le 14 juin

LES TICE

Interrogations sur la future Charte Internet

 

 

Le fait du jour

 

Le soutien scolaire élargi à la rentrée

Selon l'AFP, le ministère a envoyé le 6 juin une circulaire aux recteurs généralisant le soutien scolaire de 16 à 18 heures dans tous les collèges publics et privés sous contrat. Le dispositif sera également mis en place dans 3966 écoles élémentaires de zep.  200 lycées bénéficieront de "Réussite au lycée", en fait plusieurs types de soutien.

Dépêche AFP

Sur le Café

 

 

 

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Le soutien scolaire et le maître

En annonçant l'extension à tous les collèges, publics et privés, des heures d'accompagnement scolaire, Xavier Darcos répond certainement à une attente du public largement attestée par le succès des cours privés. Cette mesure est-elle susceptible d'atténuer les inégalités sociales à l'Ecole ? Est-elle sans effets sur l'Ecole elle-même ? 

 

En 2005, un rapport du HCEE, rédigé par Dominique Glasman, avait mis en évidence les inégalités sociales générées par le soutien scolaire. Il écrivait alors : "Laisser les élèves et leurs familles seuls face aux devoirs et leçons est source d'inéquité. Le recours croissant à des aides extérieures à la scolarité, payantes mais financées pour une part par des avantages fiscaux, en témoigne. Cela ne peut laisser indifférents les responsables du système public d'éducation... La question qui se pose est en effet celle de la finalité du service public d'éducation : "faire réussir tous les élèves" ce n'est pas "faire réussir certains mieux que d'autres". Et le HCEE demandait la mise en place d'un soutien scolaire public et gratuit.

 

La généralisation instituée à la rentrée peut aller dans le sens de la justice sociale. Mais les chiffres de cette année en zep montrent que le dispositif ne bénéficie pas à toutes les familles. Le soutien scolaire, s'il peut constituer une chance pour certaines familles, ne remplace pas un réel effort éducatif en zep du type de celui préconisé par Picketty. Rappelons que celui-ci a démontré que la réduction forte du nombre d'élèves par classe en zep aurait un effet positif important sur le niveau scolaire.

 

On imagine mal également quel sera l'impact de son développement sur les pratiques pédagogiques des enseignants. Rappelons que le soutien ne sera pas nécessairement réalisé par eux. Dans ce cas le lien avec le travail de classe risque de se détendre. Or on a bien là un enjeu essentiel pour les enseignants : voir comment les élèves font leurs devoirs et par suite être capable de mieux les y préparer et prendre conscience de la lourdeur de ces travaux.

 

Là où il pourra être effectué par des enseignants, il pourra répondre à une faiblesse soulignée dès 2005 par D. Glasman. "Le principal carburant de la demande (de soutien scolaire) demeure l'incapacité du service public à assurer ses missions : l'insuffisance des dispositifs de soutien gratuits et le manque d'attention porté aux élèves au fur et à mesure qu'ils progressent dans le cursus... Se faire réexpliquer ce que l'on n'a pas compris n'est pas possible dans les conditions normales de fonctionnement de la classe, ça l'est dans le cours particulier".

 

A ces conditions, le soutien scolaire pourrait remplir sa mission sociale, améliorer l'Ecole et générer  sa propre mort. Des objectifs qui ne pourront pas être atteints par hasard.

Le rapport du HCEE

 

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Primaire : L'appel d'Antoine Prost devient pétition

"Les comparaisons internationales nous montrent en mauvaise position et 10 à 15% des élèves qui entrent en sixième sont incapables de suivre. Et qu’est-ce qu’on fait ? On réduit la durée de l’enseignement, avec des programmes plus lourds encore, où il faut emmagasiner toujours plus de connaissances ! Il n’y a qu’une chose vraiment importante en éducation : c’est le travail des élèves. Sur quel miracle, sur quelle potion magique, M. Darcos compte-t-il pour compenser les amputations qu’il décrète ?" Avec le soutien du Crap, Antoine Prost lance une pétition pour demander le rétablissement des deux heures d'enseignement hebdomadaires supprimées. Le J.O. vient d'ailleurs de publier le décret.

La pétition

Sur le Café, l'appel d'A. Prost

 

La Commission Legendre remettra son rapport sur le bac le 12 juin

"Quelle est la valeur sociale et scolaire du bac ? Remplit-il bien ses trois fonctions de certification de fin d'études secondaires, de sésame pour l'enseignement supérieur et, pour le baccalauréat professionnel, de validation d'un niveau de qualification professionnelle ?" : la commission sénatoriale Legendre remettra jeudi 12 son rapport. Mais depuis son installation, le président et le ministre ont annoncé une réforme du lycée sans attendre les sénateurs…

 

On attend dans la foulée un autre rapport sénatorial sur la scolarisation de la petite enfance. Enfin le Sénat a récemment émis un avis critique sur la réforme du primaire.

Sur le Café la mission Legendre

Sur le Café, Sénat et réforme du primaire

 

FSU, CGT et Solidaires en grève mardi 10 juin

Ces trois fédérations protestent contre les suppressions de postes et contre le service minimum au primaire.

Communiqué

 

Le Sgen accepte de négocier sur les lycées

Après le Snes, le Sgen Cfdt a accepté de négocier sur la réforme du lycée. Il "considère que des évolutions sont nécessaires… et en particulier sur la question du métier enseignant".

Sur le Café la réforme

 

Guyane : Le Snuipp écrit à Sarkozy

"En Guyane, sur 10 jeunes d'une classe d'âge, 3 seulement obtiennent le bac, 5 sortent du système sans aucune qualification…, le taux d'échec aux évaluations de CM1/CM2 est de 80%, 3 000 enfants ne sont pas scolarisés". Cette situation explique la dureté du mouvement de protestation dans ce département qui dure depuis 2 mois. Le Snuipp local a écrit le 6 juin au président de la République pour lui demander des moyens pour la Guyane.

Lettre ouverte

Dans le Café

Le blog du mouvement

 

La Drôme inaugure la guerre des bulletins

"Nous ne sommes pas responsables des conséquences que les réformes mises en place auront sur l'avenir de vos enfants". 172 bulletins scolaires du L.P. des Catalins à Montélimar ont été ornés de cette phrase, parfois dans plusieurs disciplines, qui cible la réforme du bac pro en 3 ans (au lieu de 4). Aussitôt la Peep "manifeste son indignation" et "encore une fois demande aux enseignants de ne pas tout mélanger et de ne pas se servir des élèves comme support d'information".

 

D"après Le Figaro, le recteur de Grenoble juge l'initiative "contraire au devoir de réserve". Menacés, les enseignants de Montélimar auraient remanié les bulletins. Mais trop tard : un lycée de Pierrelatte les copie. Pas facile d'éteindre une fronde…

Communiqué Peep

Article du Figaro

Sur le Café, le bac pro en 3 ans

 

638 établissements menacés de fermeture en Angleterre

Ils n'ont pas atteint les seuils minimaux au GSCE, l'équivalent du diplôme national du brevet,  : 638 collèges anglais sont menacés de fermeture. Ils ont 50 jours pour proposer un plan de redressement au gouvernement. En échange le gouvernement leur donnera une subvention taillée sur mesure. A défaut l'établissement sera fermé ou deviendra une école dérogatoire (une académie).

Article BBC News