L'Expresso du 18 Juin 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Un rapport ministériel dénonce les effets de la suppression de la carte scolaire

ÉDITORIAL

Lifelong learning

LE SYSTEME

La réforme à la porte du lycée titre Le Café mensuel n°94 l Téléchargez Office à partir d'aujourd'hui l Peu de grévistes dans l'enseignement le 17 juin l Primaire : Les horaires et les programmes publiés au J.O. l Guyane : Le mouvement soutenu par le Sgen l Le premier lycée musulman sous contrat.

L’ÉLÈVE

Bac : Les pronostics étaient bien bidons l Les jeunes Anglais diabolisés par la société

LA CLASSE

Initiation aux TPE en seconde l Racistes sans le savoir ?

LA RECHERCHE

Le désarroi, objet d'étude de XYZep

LES DISCIPLINES

SES : ce que l'Apses prépare pour la rentrée l Angleterre : à la recherche de super profs de maths

 

 

Le fait du jour

 

Un rapport ministériel dénonce les effets de la suppression de la carte scolaire

Supprimer sans réguler c'est ghettoïser. Voilà ce que démontre un rapport officiel, réalisé par les inspecteurs généraux Jean-Pierre Obin et Christian Peyroux, mis sous le boisseau depuis octobre dernier, mais dont Le Monde du 17 juin publie des extraits.

 

Selon ce rapport, les nouvelles dispositions prises par le président Sarkozy au printemps 2007, qui consistent à faciliter les dérogations, ont entraîné une baisse de la mixité sociale, accéléré les phénomènes de ségrégation sociale et renforcé la ghettoïsation ethnique.

 

Pour les inspecteurs généraux, "dans la plupart des départements visités, la question de la survie de certains collèges est ouvertement posée… C'est aux deux extrémités de la hiérarchie des établissements que la mixité sociale est mise le plus rudement à l'épreuve : dans les établissements les plus convoités, il y a peu d'élèves de condition modeste ; dans les collèges les plus évités, ce sont les catégories favorisées qui ont disparu."

 

Alors que le ministre a promis la suppression de la carte dès la rentrée 2008, les recommandations des inspecteurs sonnent comme une urgence. Ils relèvent que "l'objectif d'amélioration de la diversité sociale n'a en général pas été l'objet d'une attention prioritaire" et demandent une politique volontariste en ce domaine sous la forme d'un indicateur de suivi de la mixité sociale donnant droit à des aides et de la fermeture des établissements ghetto.

 

C'est que les pays qui pratiquaient la liberté de choix totale (la Belgique, l'Angleterre) en sont revenus et sont en train d'instaurer des règles. C'est cette gestion régulée que préconisait aussi Nathalie Mons, dans un article écrit pour le Café.  "Tout dépend de la façon dont est conduite la réforme de la carte scolaire" écrivait-elle. "La recherche que j’ai menée sur les politiques de libre choix de l’école montre que dans les pays  de l’OCDE il existe deux grandes voies de réforme de la sectorisation classique. Dans un premier cas, que j’ai appelé « le libre choix total », les familles choisissent l’école de leurs enfants et les établissements sélectionnent les élèves qu’ils souhaitent recruter. Il n’y a pas de médiateur entre les parents et le chef d’établissement qui - lorsqu’il est à la tête d’un établissement prestigieux - s’avère être le décideur final… La carte scolaire peut également être réformée selon une seconde logique que j’ai qualifiée de « libre choix régulé ». Dans ces pays, si le choix des parents s’impose comme la règle de base de l’organisation, les inscriptions sont cependant régulées en aval par les autorités locales en charge de l’affectation des élèves… Dans le premier cas, le libre choix total conduit à des inégalités sociales renforcées sans que l’efficacité du système en général soit améliorée". C'est apparemment bien vers cela que nous emmènent les choix gouvernementaux.

L'article du MOnde

Sur le Café, le dossier carte scolaire

Sur le Café, le cas belge

Sur le Café , le cas belge

 

 

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Lifelong learning

Dans quelques jours commencera la présidence française de l’Union Européenne, qui nous fournira l’occasion de rencontrer nos voisins - qui sont aussi nos concitoyens - et d’ouvrir des débats qui nous proposent des cadres de réflexion nouveaux. La Ligue de l’enseignement organise depuis dix ans à Rennes des Rencontres Nationales de l’Education qui croisent les problématiques territoriales et éducatives. Le comité de pilotage et le conseil scientifique ont constaté que, s’il ne fallait pas perdre les acquis des cinq premières éditions, il fallait s’ouvrir nettement à des dimensions européennes.

 

Apprendre tout au long de la vie, c’est l’affaire de l’Europe. Depuis 1996, « année européenne de l’éducation et de la formation tout au long de la vie », des politiques se sont mises en place dans plusieurs pays d’Europe et leur traduction en France a touché essentiellement la formation des adultes. Que nous promet l’idée d’éducation et de formation tout au long de la vie ? Que nous apprennent les pratiques des autres pays d’Europe ? L’Union Européenne doit-elle augmenter son champ de compétences ?

 

Apprendre tout au long de la vie, c’est l’affaire de l’Ecole. Il ne s’agit pas d’importer dans la formation initiale les méthodes et les objectifs de la formation des adultes, mais en croisant les points de vue, d’interroger les pratiques et les finalités de la formation initiale. Peut-on inverser les perspectives et les priorités ? D’une logique successive - « passe ton bac d’abord » - ne devrait-on pas passer à une logique où le rapport à l’école, le rapport au savoir, le rapport à la formation primeraient sur un but déterminé à l’avance ? C’est un des enjeux du socle commun de connaissances et de compétences pour lequel une série de trois ateliers est prévue : les enjeux déterminants de l’évaluation, les paradoxes des finalités, l’expérience acquise par la Belgique. De même, la présence dans les mêmes établissements, dans les mêmes séquences d’apprentissage, de publics aux âges et aux parcours différents sont des situations de moins en moins exceptionnelles…

 

Apprendre tout au long de la vie, c’est l’affaire des collectivités locales. Si l’on considère que cela concerne aussi bien les âges de l’enfance, de la jeunesse que celui des adultes, nous pourrions dire que les communes, les départements, les régions sont déjà présents dans ce champ… sans forcément le savoir ! Ces collectivités doivent aussi s’interroger sur les finalités des dispositifs qu’elles mettent  en œuvre au croisement entre éducation formelle, éducation non-formelle et informelle.

 

Apprendre tout au long de la vie, c’est l’action de la Ligue de l’enseignement, aussi bien dans l’accompagnement des établissements scolaires que dans les centres de vacances, tant auprès d’adultes en situation d’illettrisme qu’auprès des bénévoles de « Lire et Faire lire », avec les parents impliqués dans l’accompagnement à la scolarité comme avec des jeunes dans des chantiers d’expression ou des Junior Associations… Les 8, 9 et 10 octobre prochains, un cadre de réflexion commun vous est proposé à Rennes.

Suivez l’actualité de la préparation des Rencontres (intervenants et problématiques des ateliers) sur le site : http://www.laligue35.org  

Olivier Masson

Chargé de mission Education à la Ligue de l’enseignement

Le programme des Rencontres

 

 

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La réforme à la porte du lycée titre Le Café mensuel n°94

Après la réforme du primaire, de la formation, de l'introduction du socle commun au collège, de la carte scolaire, le dernier grand chantier lancé par Xavier Darcos c'est la réforme du lycée. Le Café a demandé à des experts ce qu'il en était du lycée chez nos voisins. Nous avons aussi demandé au père de la réforme de 1998, Philippe Meirieu, son sentiment sur la réforme en cours. Comment fonctionne le lycée à l'étranger ? Dans quelle mesure ces modèles inspirent Xavier Darcos ? Peut-on vraiment réformer le lycée en France ? A quelles conditions le ministre pourrait-il prétendre le faire ?

 

Le numéro s'intéresse aussi à un autre projet qui se fait pressant à droite : le salaire au mérite avec des textes d'Alain Chaptal et Bruno Suchaut.

 

Le Café mensuel c'est aussi la veille technologique menée dans toutes les disciplines par l'équipe du Café. Parmi les dossiers spéciaux de ce numéro : Eps: Scolariser les élèves handicapés, Apprentissage des langues et nouvelles technologies, Philosophie: Qui veut tuer l'enseignement de la philosophie ? - Ecjs: Les programmes d'éducation civique respectent-ils les droits de l'Homme ? - Edd: Un Grenelle vert pâle ? Cdi : Littérature jeunesse - Maternelle: 3èmes Entretiens de la Petite Enfance etc.

Le sommaire

 

Téléchargez Office à partir d'aujourd'hui

C'est aujourd'hui que le centre de téléchargement gratuit de Microsoft Office devrait ouvrir, donnant la possibilité aux enseignants de télécharger facilement et  gratuitement la suite bureautique professionnelle de Microsoft.

 

D'après Microsoft, le site, qui propose depuis une semaine des fichiers pédagogiques pour utiliser Office dans les disciplines et préparer au B2i, connaîtrait une forte fréquentation.

Office pour les enseignants

Sur le Café, l'offre de Microsoft

 

Peu de grévistes dans l'enseignement le 17 juin

Le ministère annonce 3% de grévistes (2% au primaire, 5% dans les collèges et 1% en lycée) lors de la journée du 17 juin à laquelle appelaient la FSU, la CGT et la CFDT pour les retraites et les droits sociaux. Les syndicats n'indiquent pas de chiffres mais font remarquer que la période se prête mal à l'action : bac déjà entamé, révisions du brevet…

Communiqué

 

Primaire : Les horaires et les programmes publiés au J.O.

Le Journal Officiel du 17 juin publie deux arrêtés fixant les programmes du primaire et les horaires des écoles. Rappelons que les programmes et les horaires sont toujours fortement contestés. Les programmes devraient paraître au bulletin officiel (B.O.) du 19 juin.