L'Expresso du 20 Juin 2008 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Vers un accord sur le préavis de grève

ÉDITORIAL

Les leçons d'un concours

LE SYSTEME

Lycée : la grande réforme l Meirieu : Appel aux militants l Faites de la musique rue de Grenelle.

L’ÉLÈVE

Les diplômes du supérieur restent des atouts l IVA 2007 : Formation et emploi en Ile-de-France l Handicap : Le matériel informatique adapté des lycéens pourra être conservé

LA CLASSE

Dix neuf établissements lauréats du concours "L'Ecole agit ! Le Grenelle de l'environnement" l Accompagnement scolaire au primaire l Etre attentif en classe l TPE : Le programme 2008-2009

LA RECHERCHE

L'administration de l'éducation nationale

CITOYENNETE

Randonnée en roller pour les réfugiés l Education au développement et à la solidarité internationale

LES DISCIPLINES

ST2S – Les sujets zéro l Français : Entraîner à l'oral avec les Tice l Primaire : Programmes et horaires

LES TICE

Egeni 2008

 

 

Le fait du jour

 

Vers un accord sur le préavis de grève

"La Cfdt salue l'ouverture du ministre". Après la remise à plat de Base élèves, Xavier Darcos vient de faire un nouveau pas vers l'apaisement social. Dans une lettre adressée à François Chérèque, secrétaire général de la Cfdt, il accepte de revenir sur l'obligation de déclaration individuelle en cas de grève au primaire. Le texte doit être discuté au Sénat le 25juin.

 

Dans sa lettre, le ministre précise : "je vous fais part de mon accord pour que soit amendé l’article du projet de loi prévoyant cette déclaration, en rajoutant une disposition  permettant à l’Etat et aux organisations syndicales représentatives des personnels de s’entendre sur les modalités selon lesquelles ces déclarations préalables sont portées à la connaissance de l’autorité administrative. En tout état de cause, cette dernière devra être informée au plus tard quarante-huit heures avant le début de la grève du nombre des personnes ayant déclaré, par école, leur intention d’y participer. Les modalités de cet amendement seront précisées dans le décret pris en application de la loi, dont je communiquerai avant le débat au Sénat, l’avant-projet aux organisations représentatives et qui fera l’objet d’une concertation approfondie."

 

Ainsi la déclaration individuelle pourrait être remplacée par une déclaration collective au terme de la concertation avec les syndicats. "Il a également accepté le principe d'un agenda social dont seront discutés le rythme et le contenu" précise la Cfdt.

 

"La confédération et ses fédérations de l'Éducation s'engageront dans les discussions à venir avec la ferme intention d'aboutir à une transformation du système éducatif qui permette la réussite de tous les élèves et une amélioration notable des conditions de travail des personnels" poursuit la Cfdt.

Communiqué

 

 

 

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Les leçons d'un concours

La situation de l'éducation au développement durable en France a déjà fait l'objet de plusieurs études. Que nous apprend le concours "L'Ecole agit !" à ce sujet ?

 

Il faut d'abord souligner l'importance de cet enseignement. Une des leçons du Grenelle de l'environnement c'est que la durabilité de nos sociétés va exiger des changements assez importants dans nos habitudes et modes de vie. Sans une éducation des citoyens, les efforts réalisés par les entreprises et les administrations risquent d'être insuffisants. On mesure alors l'importance de l'Ecole pour construire une culture du développement durable et amorcer ces changements. Le rôle de l'Ecole ne se limite d'ailleurs pas à ça. Elle doit aussi lutter contre l'atmosphère de fin du monde dans laquelle vivent certains jeunes

 

Or la diffusion de la problématique EDD dans les classes était jugée  notoirement insuffisante. André Giordan, qui a publié un ouvrage sur ce sujet, évalue à moins de 10% la part des élèves ayant  reçu une véritable éducation au développement durable. Le relatif succès du concours (près de 300 établissements inscriits) est plutôt un bon signe.

 

Le concours confirme certaines difficultés. On retrouve bien dans les travaux proposés la trace de courants différents dans cet enseignement et le poids encore présent de l'éducation à l'environnement, voire de la "pédagogie du milieu".

 

André Giordan avait relevé un autre biais méthodologique. "L’acquisition de démarches de pensée spécifiques, comme la démarche systémique, la pragmatique ou la modélisation restent des plus balbutiantes" notait-il. Sur ce terrain, le fait que les projets retenus par le jury de L'Ecole agit! soient bien ancrés dans un terroir signifie justement une approche concrète et systémique.

 

Ce que révèle finalement ce concours c'est l'enjeu pédagogique de l'EDD. Là où il s'installe il est un levier de changement des pratiques et d'ouverture des établissements sur leur environnement social et économique.

Le reportage du Café

 

 

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Lycée : la grande réforme

Comment fonctionne le lycée à l'étranger ? Dans quelle mesure ces modèles inspirent Xavier Darcos ? Peut-on vraiment réformer le lycée en France ? A quelles conditions le ministre  pourrait-il prétendre le faire ? Après de la réforme du primaire, de la formation, l'introduction du socle commun au collège, la carte scolaire, le dernier grand chantier lancé par Xavier Darcos c'est la réforme du lycée. Un lycée qui n'a que 10 ans, mais qui a été dénaturé par toute une série de mesures et qui est affecté de déséquilibres entre ses filières. Le Café a demandé à des experts ce qu'il en était du lycée chez nos voisins, en Finlande, en Angleterre, aux Etats-Unis. Nous avons aussi demandé au père de la réforme de 1998, Philippe Meirieu, son sentiment sur la réforme en cours. L'ensemble de ce dossier est publié dans le Café mensuel 94.

Le dossier

 

Meirieu : Appel aux militants

"Une des hypothèses que je fais sur les programmes de 2008 de l’enseignement primaire, c’est qu’ils doivent permettre des évaluations strictement behaviouristes et quantitatives. Ils réduisent ainsi la culture scolaire à la culture marchande, favorisent la mise en concurrence des écoles, et, à terme, nous imposer de renoncer à tous les objectifs qui ne seraient pas quantifiables. Or, l’essentiel pour nous – l’émergence d’un sujet - n’est justement pas quantifiable". Dans un conférence tenue devant les Cemea, Philippe Meirieu a invité les militants pédagogiques à réagir. "Nous sommes – et devons être – sur la brèche, mobilisés et déterminés, unis et outillés, intellectuellement et institutionnellement. Voilà pourquoi les militants pédagogiques doivent associer, selon la formule de Gramsci, « le pessimisme de la raison » – qui permet la  lucidité – et « l’optimisme de la volonté » – qui reste notre devoir à l’égard de l’avenir".

La conférence

 

Faites de la musique rue de Grenelle

Ce n'est pas un mot d'ordre… Samedi 21 juin, de 15 à 19 heures, des chorales et des orchestres scolaires se succèdent dans la cour d'honneur du ministère de l'éducation nationale. Au programme de la musique classique (Mozart, Rameau, Beethoven etc..), de la variété française, de la musique afro-cubaine et West Side Story.

Le programme

 

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Les diplômes du supérieur restent des atouts

« Etre diplômé de l’enseignement supérieur, un atout pour entrer dans la vie active » titre la publication Bref n° 253 de juin 2008 du centre d’études et de recherches sur les qualifications, CEREQ. L’étude menée sur les jeunes issus de l’enseignement supérieur en 2004 montre bien qu'un diplôme de l’enseignement supérieur reste "payant" en termes d’emploi et de salaire. Ainsi en 2007 le taux de chômage global est de 14% (32% chez ceux qui n’ont obtenu aucun diplôme, 17% pour ceux qui ont obtenu un CAP ou un BEP) mais seulement de 8% pour les jeunes sortant de l’enseignement supérieur, environ la moitié de la génération.

Lire le reportage de F. Solliec

 

IVA 2007 : Formation et emploi en Ile-de-France

Les enquêtes IVA donnent des indications précises aux enseignants puisqu'elles permettent d'indiquer des filières et des niveaux de sortie intéressants aux élèves pour chaque région. Ainsi l'enquête Ile-de-France fait "apparaître une corrélation étroite entre l’insertion professionnelle sept mois après la sortie du lycée, le niveau de formation et l’obtention du diplôme. De même, ils montrent des disparités importantes d’accès à l’emploi selon les spécialités de formation suivies par les jeunes".

 

"Certaines spécialités procurent dès le niveau CAP-BEP une réelle insertion, alors que pour d’autres l’accès à l’emploi n’est aisé qu’à partir du baccalauréat, voire du BTS. Alors que le taux moyen d’emploi des sortants au niveau CAP-BEP se situe à 45 %, les sortants du groupe Travail social sont à 64 %, ceux des Transports manutention magasinage à 63 %, ceux du Bâtiment : construction et couverture à 60 %, ceux de Coiffure, esthétique à 58 % et ceux d’Énergie génie climatique à 56 %. D’autres spécialités assurent un très net avantage du niveau baccalauréat sur le niveau CAP-BEP. Ainsi, les sortants de Commerce vente au niveau bac ont un taux d’emploi de 65 % contre 39 % au niveau CAP-BEP. Pour la spécialité Moteurs et mécanique auto, le gain est encore plus avantageux (73 % comparé à 43 %). Pour d’autres spécialités, le niveau BTS apporte un très net avantage sur le niveau baccalauréat : 83 % des sortants de BTS de la Santé sont en emploi contre 62 % des sortants de baccalauréat. En revanche, pour le Secrétariat bureautique ou la Comptabilité gestion, seul le niveau BTS permet un accès rapide à l’emploi."