L'Expresso du 23 Juin 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Le plan banlieue et l'Ecole

ÉDITORIAL

Espoir banlieue : la banlieue en plan

LE SYSTEME

Le Sgen pour une nouvelle carte scolaire l Formation : L'avertissement de la CDIUFM  l Concours : De fortes inégalités perdurent l Les Français rechignent aux économies sur l'Ecole l Un comité de soutien pour Sami Benméziane l Le Cameroun recrute 5 000 enseignants.

L’ÉLÈVE

L'allocation de rentrée augmentée sous condition l Accompagnement éducatif : La Ville de Paris suspend sa convention avec l'Académie l Orientation : Le retour de l'adaptabilité ? l Autisme : De la musique avant toute chose l Handicap : Formation des enseignants

LA CLASSE

Le bac de français

CITOYENNETE

Conflit autour de la biométrie dans un collège

LES DISCIPLINES

Documentation : Littérature de jeunesse l Français : Agrégation de lettres modernes l E.D.D. : L'atlas environnemental de l'Afrique l Le Sénat n'aime pas les langues régionales l Education musicale : La fin de la flûte.

LES TICE

L'Icann à Paris fin juin l Les réseaux Wifi à vos bottesi

 

 

Le fait du jour

 

Le plan banlieue et l'Ecole

X. Darcos et F Amara au lancement du planBanlieue espoir le 14/2/2008 Photo CPLe gouvernement a présenté le 20 juin le plan Banlieue. Outre des efforts de désenclavement des quartiers et la création de 45 000 "contrats d'autonomie" sur trois ans pour accompagner des jeunes vers l'emploi, le plan contient les mesures scolaires que F. Amara avait déjà présentées le 14 février.

 

Plus qu'un plan, il s'agit d'un éventail de mesures. L'accompagnement éducatif sera étendu à 3 730 écoles primaires (on annonçait 5 000 en février). 30 collèges très dégradés seront fermés, en accord avec les conseils généraux (propriétaires des lieux !) et la reconstruction intégrée dans un programme national. Un nombre équivalent de "sites d'excellence" seront créés dans des lycées , déjà nominativement désignés, qui bénéficieront de filières artistiques, de sections internationales etc. 4 000 places d'internat seront ouvertes et 12 000 places en école de la seconde chance d'ici 2010.

 

D'autres mesures touchent à la vie des élèves. Des banques de stage, à l'image de l'expérimentation menée à Aix-Marseille, aideront les élèves à trouver des stages de 3ème ou de la voie professionnelle. Du busing pour favoriser la mixité sociale dans des communes volontaires. Le ministère soutiendra l'accès des jeunes en prépas : 5% des élèves "les plus méritants" de chaque lycée se verra proposer un accès en classe préparatoire. Enfin le ministère effectuera un repérage individuel des élèves déscolarisés et des sorties sans qualification. Une circulaire de lutte contre l'absentéisme sera publiée d'ici la rentrée.

 

La FSU a critiqué ce plan. Pour la fédération, "esquivant la question des moyens nouveaux et fondé essentiellement sur des redéploiements, il n'est pas de nature à produire l'effort indispensable pour réduire véritablement les inégalités par une action cohérente et durable… Il n'est pas de nature à produire l'effort indispensable pour réduire véritablement les inégalités par une action cohérente et durable" estime le syndicat.

Le plan banlieues

La liste des 30 sites d'excellence

Communiqué FSU

Sur le Café, F. Amara et Darcos

 

 

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Espoir banlieue : la banlieue en plan

Pourquoi "faire du social" quand on a peu de moyens à y consacrer, que son électorat s'en désintéresse et que soi-même on croit davantage dans la réussite individuelle que dans les inégalités sociales ? Annoncé une première fois il y a maintenant 4 mois, le plan "Espoir banlieues" arrive au terme, sans grandes modifications avec son volet éducation nationale.

 

Pourtant la question des inégalités sociales à l'Ecole se pose de façon aiguë en France. On peut le mesurer par exemple dans l'inégalité d'accès au bac. Si ce taux progresse pour toutes les catégories de la population, l'écart entre les familles cadres et ouvrières reste particulièrement élevé, au point que l'OCDE a pu reprocher à la France ces inégalités.

 

Se définissant comme un plan "banlieues", le programme gouvernemental prend en compte la dimension géographique de ces inégalités. L'essentiel des crédits prévus iront d'ailleurs à des moyens de transports sensés désenclaver les quartiers. Sur le plan scolaire, le plan reconnaît la ghettoïsation de certains quartiers et propose la destruction de 30 collèges. Dans la même optique il propose du "busing"  à l'école primaire pour promouvoir la mixité sociale.

 

Mais c'est évidemment sur ce terrain que le plan est le moins crédible. Le débat engagé actuellement sur la carte scolaire après la "sortie" du rapport Obin – Peyroux montre que sa suppression accentue les phénomènes de ghettoïsation. Le contre-feu prévu, qui consiste à donner la priorité aux boursiers sociaux est peu efficace, ne serait-ce que parce que les familles  les plus défavorisées connaissent souvent mal l'univers éducatif (voir les études anglaises) et sont peu demandeuses. Les efforts pour créer des "pôles d'excellence" dans 30 lycées de banlieue risque fort de faire du busing à l'envers, c'est-à-dire d'instaurer au sein même des établissements une nouvelle forme de relégation.

 

La banlieue a avant tout besoin de politiques d'aide aux familles et de soutien aux établissements. Quelques mesures vont dans ce sens. Ainsi l'effort qui sera fait pour suivre et rattraper les décrocheurs. Mais lui-même est contrarié par la politique de valorisation des CAP et la création du DIMA, un dispositif qui poussera hors de l'école, sans qualification réelle, des jeunes de 15 ans.  Un grand doute demeure sur l'efficacité de l'accompagnement éducatif proposé dans une partie des écoles primaires. Il est exprimé officiellement à Paris par exemple. Rien d'autre n'est prévu pour éviter le creusement des inégalités dans les premières années de la scolarité qui sont prédictives de la suite. Rien n'est fait pour diminuer l'élitisme du système éducatif. Au contraire il est réaffirmé par la réforme du primaire qui fait du redoublement une réponse automatique aux problèmes.

 

Le candidat Sarkozy avait été mieux inspiré quand il annonçait : "Dans les quartiers où s’accumulent tous les problèmes de l’exclusion et du chômage, je propose de créer des classes de quinze élèves dans les collèges et les lycées...."

Sur le Café, le DIMA

Sur le Café, promesse de Sarkozy

 

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Le Sgen pour une nouvelle carte scolaire

"Les conclusions du rapport Obin-Peyroux rencontrent les constats de "l’observatoire de la carte scolaire" affirme le Sgen Cfdt. On sait que ce rapport, sorti par Le Monde du placard où le ministre le détenait, montre que la suppression relative de la carte scolaire a aggravé la ségrégation sociale dans l'Ecole. Le rapport évoque le développement de "ghettos" sociaux et ethniques. "La suppression totale de la carte scolaire inscrite dans la circulaire de rentrée, les stratégies d'évitement offertes aux élèves les plus « méritants » ne pourront que dégrader davantage cette situation" estime le Sgen, "favorisant ainsi l'entre-soi et le communautarisme, voire l'apparition de nouveaux ghettos scolaires".

 

Le syndicat propose "d'organiser la carte scolaire sur la base de bassins de formation.  Au sein d'un bassin, les options seraient réparties équitablement, les élèves seraient répartis harmonieusement en fonction des groupes sociaux entre les différents établissements. Tous les établissements offriraient ainsi la même attractivité. La mixité sociale en sortirait renforcée". Et il invite le ministre à se rapprocher des collectivités locales pour expérimenter ces solutions.

Communiqué

Sur le Café, le rapport Obin Peyroux

 

Formation : L'avertissement de la CDIUFM

La réforme de la formation peut être "une formidable source d’enrichissement ou au contraire un dramatique appauvrissement de la formation initiale des enseignants" prévient la Conférence des directeurs d'IUFM (CDIUFM) dans un communiqué.

 

Elle craint "un trop grand écart entre le contenu des épreuves des concours de recrutement et les conditions réelles d’exercice des métiers auxquels ils conduisent" et demande "des épreuves académiques qui sélectionnent les futurs enseignants sur ce qu’ils auront à enseigner et ensuite des épreuves professionnelles pratiques qui vérifient leur aptitude à enseigner".

 

La CDIUFM souhaite "une formation en alternance : alternance entre des moments de formation à l’université et des moments de formation par la pratique dans les classes, alternance entre une formation académique dans les disciplines à enseigner et une formation professionnelle aux méthodes et aux outils de l’enseignement. De plus ces différentes dimensions de l’alternance doivent être articulées et non pas seulement juxtaposées". Dans tous les cas il faut, selon elle, de nouveaux masters.

Le communiqué

Sur le Café le dossier formation

 

Concours : De fortes inégalités perdurent

En 2007, 11 650 postes ont été ouverts aux concours du secondaire, nous dit la DEPP (ministère) pour 104 494 inscrits. Un chiffre stable par rapport à 2006 mais qui cache des évolutions brutales. Ainsi, si les postes au Capes augmentent de 2%, c'est l'effondrement du capet (-20% !), du capeps (-9%) et du Caplp (-5%).

 

Les taux de réussite varient également de façon sensible. Si un candidat sur cinq (18%) au capes est reçu, ce taux varie d'une discipline à l'autre : un sur trois en lettres, un sur quatre en anglais mais un sur 33 en philosophie (!) ou un sur 12 en SES.

 

Alors que le ministre veut imposer le master II pour le concours d'enseignant, en 2007 seulement 4 lauréats sur dix des concours du secondaire avaient une maîtrise. On mesure l'effort demandé aux futurs lauréats et à leur famille.

Document Depp

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