L'Expresso du 25 Juin 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Les Tice aux Assises du numérique

ÉDITORIAL

Un lycée musulman signe un contrat d’association avec l’Etat

LE SYSTEME

Primaire : Deux députés critiquent la précipitation de Darcos l Formation des profs : La grogne monte en IUFM l Rodolphe Juge suspendu l Guyane : Le plan Jégo est-il suffisant ? l Le procès de M. Laboureur s'ouvre aujourd'hui.

L’ÉLÈVE

Les divorces séparent profondément les familles modestes l Homoparentalité : Etat des lieux à l'éducation nationale

LA CLASSE

Evaluer

CITOYENNETE

Le Conseil constitutionnel transformé en Cour suprême

LES DISCIPLINES

BioED :  et les questions vives. l Anglais : End of the year activities

 

 

Le fait du jour

 

Les Tice aux Assises du numérique

En choisissant de donner la parole aux enseignants sur ce qui se passe avec leurs élèves au sein de la classe, les organisateurs de l'atelier, préparé par la Sous direction Tice du ministère de l'éducation nationale le 24 juin, ont su en faire un moment fort, dans lequel la parole institutionnelle a seulement servi d'accompagnement aux témoignages des enseignants.

 

Il revenait à ceux-ci de démontrer que l’utilisation des TICE a des apports incontestables pour les élèves en termes de motivation, d’activité, de travail collectif et de meilleure maîtrise de leur sujet.

 

Les démarches exposées par enseignants ont mis en évidence les apports des tice pour insérer de la créativité, de la mutualisation, du travail d'équipe dans l'éducation.

Lire le reportage de F. Solliec

 

 

 

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Un lycée musulman signe un contrat d’association avec l’Etat

Installé au deuxième étage de la mosquée de Lille Sud, le lycée Averroès a été ouvert à la rentrée 2003, avec seize élèves de seconde. Il accueille aujourd’hui 90 élèves, dont 60 filles qui ne portent pas toutes le voile précise le directeur adjoint. Le projet avait en effet été lancé en 1994, époque à laquelle 19 lycéennes avaient été exclues de l’enseignement public pour avoir refusé d’enlever leur foulard. Le lycée Averroès fut le premier lycée privé musulman ouvert en France.

 

Un contrat d’association vient d’être signé avec l’Etat, à la suite de la période d’observation de cinq ans prévue par la loi. Le lycée Averroès a pu prouver qu’il répondait à un besoin scolaire. A l’image des lycées privés catholiques, il se veut ouvert à tous, en particulier sans distinction de religion. Il existe un cours d’initiation à l’islam intitulé « éthique religieuse ». Il est facultatif, mais très suivi. L’arabe est proposé en deuxième ou troisième langue vivante. 86 % des élèves de terminale ont obtenu leur baccalauréat en 2007. Le nombre de lycéens prévus pour la rentrée 2008 est d’environ 110.

 

Le lycée Averroès est le second établissement privé musulman à avoir signé un contrat avec l’Etat, le premier étant une école primaire située à Saint-Denis-de-la-Réunion, La Medersa, qui a signé un contrat en 1990. Le contrat signé avec le lycée Averroès prendra effet à la rentrée de septembre. Les enseignants seront en principe rémunérés par l’Etat. Leurs salaires représentent les trois-quarts du budget annuel du lycée, à savoir 400 000 euros.

 

La signature de ce contrat amène un certain nombre de réflexions sur la loi Debré de 1959, qui assure le financement public d’établissement d’enseignement privés. La première concerne l’égalité des citoyens devant la loi. Suivant ce principe il apparaît évident que des citoyens se revendiquant musulmans sont tout aussi légitimes que des citoyens se revendiquant catholiques pour bénéficier des avantages de la loi Debré. On peut contester la loi dans son principe, ou certaines de ses modalités. Mais à partir du moment où elle existe, elle est la même pour tous.

 

La deuxième réflexion porte sur la société que nous voulons. La Loi Debré a instauré une ségrégation de fait, dont les conséquences sont de plus en plus manifestes. Il existe en France un nombre important d’établissements privés catholiques. Ce réseau est largement sécularisé dans son corps professoral et dans les motivations des parents, mais on constate des tentatives de réaffirmation identitaire croissantes.  Par ailleurs  plus du quart des enfants de familles juives est scolarisé dans l’enseignement privé juif. Plusieurs établissements privés musulmans fonctionnent, et une dizaine de projets seraient à l’étude. Sans sombrer dans la vision d’un communautarisme tous azimuts, on peut lire dans cette évolution une tension entre une légitime diversité et une tendance au repli sur soi. Il faut ici réaffirmer la nécessaire primauté de l’enseignement public qui accueille tous les enfants sans distinction d’origine ou de religion.

 

Pour aller plus loin dans cette réflexion on pourra consulter notre site www.laicite-laligue.org  qui propose dans son menu une entrée intitulée la Laïcité à l’usage des élus avec de nombreuses informations sur ces questions.

Charles Conte

Chargé de mission laïcité à la Ligue de l’enseignement.

 

Retrouvez tous les mercredis la tribune de la Ligue de l'enseignement

 

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Primaire : Deux députés critiquent la précipitation de Darcos

"La mise en application dès septembre prochain de ces programmes prive les enseignants de toute latitude pour se concerter, organiser leur travail dans les diverses disciplines et encore moins pour bénéficier d’une formation. C’est donc prendre là un risque d’autant plus grand que l’alourdissement envisagé des contenus paraît peu compatible avec la décision de réduire de deux heures la durée hebdomadaire des enseignements". Marie-Hélène Amiable, députée PCF, et Brigitte Gonthier-Maurin, sénatrice PCF, écrivent une lettre ouverte au ministre de l'éducation nationale dans L'Humanité.

 

Outre la question de la formation, elles relèvent une autre impossibilité de mettre en application les nouveaux programmes. "Il est techniquement impossible pour les éditeurs, entre aujourd’hui et le 31 août, de fabriquer des manuels et des supports d’enseignement conformes à ces programmes et de les mettre à disposition des enseignants en temps voulu dans toutes les disciplines et pour tous les niveaux d’enseignement… Se pose aussi un problème d’ordre budgétaire. Vous savez que ce sont les communes qui financent l’achat des manuels et des fournitures pour les élèves du primaire. Or le bouleversement qui résulte de ces nouveaux programmes conduit pratiquement à renouveler les manuels pour l’ensemble des niveaux d’enseignement et pour la plupart des disciplines… Seules les communes les mieux dotées pourront évidemment accomplir un tel effort financier au cours d’un seul exercice". Elles demandent un report des programmes.

Article L'Humanité

Sur le Café, le dossier sur les nouveaux programmes

 

Formation des profs : La grogne monte en IUFM

La tension monte dans les IUFM contre la masterisation. Les personnels de l'IUFM de Versailles ont voté le 23 juin une motion demandant un report de la réforme. Ils dénoncent la remise en cause du caractère national du concours, la réduction de la formation professionnelle et la difficulté accrue pour les jeunes des milieux populaires pour se présenter. Des enseignants de l'IUFM Midi Pyrénées organiseront le 2 juillet des "Assises de la formation des enseignants" pour construire d'autres projets de formation.

Le blog de l'IUFM Toulouse

Sur le Café, le dossier sur la formation

 

Rodolphe Juge suspendu

Arrêté lors de la manifestation du 3 avril, Rodolphe Juge, professeur à La Courneuve (93) sera jugé début septembre pour "violences sur agent". Ce que lui-même dément. Il vient d'être suspendu par le recteur de Créteil. La CGT dénonce des "intimidations" et appelle à signer la pétition en sa faveur.

La pétition

Sur le Café

 

Guyane : Le plan Jégo est-il suffisant ?

Il aura fallu un mouvement long (deux mois), l'inculpation d'un syndicaliste, de nombreux blocages du rectorat pour que le secrétaire d'Etat à l'Outre Mer, Yves Jégo, propose un "plan pour l'éducation" en Guyane.

 

Il a rencontré les représentants syndicaux et des parents. Le compte-rendu des entretiens diffère selon les sources. Selon Reuters, Y. Jégo aurait promis 70 enseignants supplémentaires dès la rentrée, selon le blog du mouvement on aurait simplement le maintien des moyens et la transformation des heures supplémentaires en postes. "Il ressort de cette réunion un sentiment très mitigé, c'est peu dire!" estiment les responsables du mouvement.  On évoque aussi la réaffectation en classe de 40 enseignants travaillant au rectorat.

 

Le Snuipp juge que "c'est loin d'être à la hauteur de nos attentes". En Guyane tous les enfants ne seront sans doute toujours pas scolarisés l'an prochain.

Communiqué Reuters

Le blog du mouvement

Sur le Café

 

Le procès de M. Laboureur s'ouvre aujourd'hui

José Laboureur, poursuivi pour "violence aggravée sur mineur" après avoir giflé et bousculé un élève, sera jugé aujourd'hui. Sa mise en garde à vue puis son inculpation avaient soulevé une vague d'émotion en janvier dernier. Il bénéficie du soutien des syndicats, du ministre de l'éducation nationale et du premier ministre. 

 

Dans un communiqué le Se-Unsa estime que "dans cette affaire la démesure est présente à tous les niveaux". Pour le Se-Unsa cette affaire pose la question de la responsabilité des enseignants.

Communiqué Se-Unsa