L'Expresso du 27 Juin 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Cent chercheurs appellent à "sauver le primaire"

ÉDITORIAL

Invitation au colloque "L'heure des TICE est-elle venue" ?

LE SYSTEME

Samedi 28, "L'école est finie"  l Le Sénat adopte la loi sur le SMA  l Bac 2008 : Les profs de philo persistent l Dominique Piveteaud sanctionné l Un Guide pratique pour les profs.

L’ÉLÈVE

Un rapport du CERC sur l'insertion des jeunes l Le métier qui me plaît l Les prépas l Bourses et aides aux étudiants

LA CLASSE

Langage, l'engagement, l'Université du GFEN l Publier un acte scolaire ?

CITOYENNETE

L'Ecole fait son coming out

LES DISCIPLINES

Musique : L'Education nationale partenaire du Festival d'Aix-en-Provence l Anglais : End of the year activities

LES TICE

Le programme Ordi 2.0

 

 

Le fait du jour

 

Cent chercheurs appellent à "sauver le primaire "

S. Beaud, M. Duru-Bellat, S. Joshua, B. Lahire, C. Lelièvre, P. Meirieu, P. Merle, JY Rochex, A Van Zanten pour ne citer que les plus célèbres, une centaine de chercheurs en sciences de l'éducation lancent un appel au rassemblement contre les mesures Darcos. "Il est plus que temps que la communauté intellectuelle, les parents, les enseignants et l’ensemble des citoyens intéressés à la cause de l’école publique se réunissent pour mettre un terme à cette contre- réforme et créent les conditions d’un autre avenir pour ce qui constitue la base de l’ensemble du système d’enseignement" affirment-ils.

 

"Alors que les inégalités sociales de réussite scolaire sont toujours aussi manifestes, que pour toutes les familles les attentes à l’égard de l’école restent vives, une politique résolue doit être mise en œuvre pour prévenir, dès le plus jeune âge, la difficulté scolaire et mieux assurer la rencontre de tous les élèves avec les savoirs et les pratiques scolaires. Les acquis de la recherche démontrent qu’il s’agit de redonner toute leur place aux apprentissages des écoles maternelles et élémentaires, de renforcer leur cohérence, de prendre le temps de l’explicitation des attentes et de la régularité du travail demandé aux élèves, de mieux répartir les enseignements sur la semaine et sur l’année". Toutes choses que, selon eux, ne préparent pas les mesures ministérielles.

 

"La politique gouvernementale prépare une véritable débâcle" prédisent-ils. "Avec moins de 140 jours de classe par an, la France se situerait à un niveau des plus médiocres parmi les pays comparables. Mais il faudrait en plus se soumettre à des programmes impossibles.. On sait d’avance quels groupes sociaux feront les frais d’une telle politique".

Dans Libération du 26 juin

Sur le Café, le reportage sur la réunion du 25 juin

Sur le Café, le dossier programme du primaire

 

 

 

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Invitation au colloque "L'heure des TICE est-elle venue ?"

De toutes les réformes impulsées cette année, une semble se détacher positivement : il s'agit du rapport réalisé pour le ministre par la mission E-educ. Alors que la France se distingue par une très faible intégration des tice dans les pratiques enseignantes, la mission s'est fixée comme objectif de rattraper le temps perdu et de favoriser le déploiement des Tice dans les usages.

 

Le rapport final a fait des propositions concrètes, réunies autour de 5 problématiques. La mission souhaite d'abord mobiliser les établissements (écoles et établissements secondaires) et recommande pour cela de les inviter à concevoir un "projet d'école numérique" avec contrat d'objectif de deux ans lié à des moyens. Ce qui implique une coopération entre l'Etat et les collectivités locales : pour cela elle mise sur un "partenariat national" accompagné de guides. Pour piloter le changement, la mission recommande de mobiliser chefs d'établissement et corps d'inspection, de leur donner des consignes claires pour "rassurer les utilisateurs". La production de ressources serait stimulée en dotant les enseignants d'un chèque ressource à dépenser, en ouvrant un site web de présentation des produits et en créant un "Observatoire national des Tice", sur le modèle de l'Observatoire national de la lecture, capable de faire de la veille technologique.  Et on sait que certaines de ces propositions ont été retenues d'emblée par le ministre, comme  la formation des cadres et la création de l'Observatoire.

 

Mais bien des questions demeurent. Pourquoi est-il si important de faire entrer les Tice dans l'Ecole ? Dans quelle mesure peuvent-elles améliorer les apprentissages ? En quoi sont-elles susceptibles de faire bouger l'Ecole ? Comment développer la culture numérique dans les établissements ? A quels obstacles, quelles résistances faut-il s'attendre ? Sont-ils légitimes ?

 

Pour réfléchir en commun à ces questions, Le Café pédagogique vous invite au Colloque "Ecole 2.0 : L'heure est-elle venue ?" qui se tiendra vendredi 4 juillet à Paris de 14 à 16 heures.

 

Participeront à la table ronde :

Alain Séré, inspecteur général, rapporteur de la mission E-educ

Alain Chaptal, chercheur au Labsic Paris 13, auteur d'un rapport remarqué sur les Tice au Royaume-Uni

Idriss Aberkane, normalien, chercheur en sciences cognitives

 

Le colloque se tient dans l'hôtel de la Région Ile-de-France, salle Delouvrier, 65 rue de Babylone, Paris 7ème, métro François Xavier. Entrée gratuite à 14 heures. Le colloque sera aussi l'occasion de rencontrer l'équipe du Café. Vous y êtes invité(e) !

Sur la mission e-educ

 

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Samedi 28, "L'école est finie"

"L'école est finie ?", c'est une matinée où les écoles vont s'ouvrir aux parents, élus, artistes, journalistes... afin de leur montrer la réalité de l'enseignement en France aujourd'hui (loin des clichés et des stéréotypes) et ainsi mieux faire partager leurs inquiétudes pour l'avenir; une matinée  conviviale et citoyenne pour débattre ensemble de l'avenir de l'école". Après le succès de "la Nuit de l'école" (près de 700 écoles participantes), le collectif d'enseignants renouvelle le pari avec L'Ecole est finie.

 

Le 28 juin, parents, enfants et enseignants se retrouveront pour préparer la rentrée et discuter des réformes Darcos. Ce sera à la fois la fête, le pot du départ et un moment de réflexion collective. En clin d'œil au ministre, certains auront déjà passé la "Nuit du caravaning" dans les locaux scolaires.

Le blog du mouvement

Les reportages du Café sur La Nuit de l'école

 

Le Sénat adopte la loi sur le SMA

Texte controversé, la loi sur le service minimum d'accueil à l'école primaire a été adoptée par le Sénat en première lecture le 26 juin. Les sénateurs UMP et centristes ont soutenu le projet qui a quand même été amendé par exemple sur le seuil de gréviste déclanchant le service d'accueil qui est passé de 10 à 20%.

 

Le texte instaure un droit d'accueil dans les écoles. "Lorsque, par suite de l'absence ou de l'empêchement du professeur habituel de l'élève et de l'impossibilité de le remplacer, ces enseignements ne peuvent lui être délivrés, il bénéficie gratuitement d'un service d'accueil". Cette formulation avait été critiquée par les syndicats comme ouvrant la porte à la disparition des remplacements.

 

L'article 3 instaure une obligation de négociation avant conflit. "Un préavis de grève concernant les personnels enseignants du premier degré des écoles publiques ne peut être déposé par une ou plusieurs organisations syndicales représentatives qu'à l'issue d'une négociation préalable entre l'État et ces mêmes organisations". Celle-ci doit pouvoir durer 8 jours avant l'arrêt de travail. L'article va rendre difficiles les préavis glissants.

 

L'article 5 est le plus contesté. Il impose une déclaration préalable aux enseignants du primaire. "Dans le cas où un préavis a été déposé… en vue de la mise en place d’un service d’accueil, toute personne exerçant des fonctions d’enseignement dans une école maternelle ou élémentaire publique informe l’autorité administrative, au moins quarante-huit heures comprenant au moins un jour ouvré avant de participer à la grève, de son intention d’y prendre part".  Cette obligation est nuancée d'une possibilité ouverte récemment par la Cfdt : "l'État et la ou les organisations syndicales… peuvent s'entendre sur les modalités selon lesquelles ces déclarations préalables sont portées à la connaissance de l'autorité administrative". Autrement dit, une déclaration collective pourrait remplacer la déclaration individuelle. Après déclaration, "l’autorité administrative", une formule qui a semblé bien floue à certains sénateurs,  "communique sans délai au maire, pour chaque école, le nombre de personnes ayant fait cette déclaration et exerçant dans la commune". Enfin L'article fixe le seuil à partir du quel le SMA se met en place : 20%.

 

L'article 8bis précise que "la responsabilité administrative de l'État est substituée à celle de la commune dans tous les cas où celle-ci se trouve engagée en raison d'un fait dommageable commis ou subi par un élève du fait de l'organisation ou du fonctionnement du service d'accueil. L'État est alors subrogé aux droits de la commune, notamment pour exercer les actions récursoires qui lui sont ouvertes".  Cet article répond aux inquiétudes des maires devant les risques pris.

 

Malgré ces adaptations, le texte pose de nouvelles questions. On voit mal comment les maires des petites communes pourront improviser un service de garde en 48 heures. On a du mal également à croire que ce texte, qui réduit sensiblement le droit de grève des enseignants du primaire, ne déteigne pas sur ceux du secondaire, même si l'accueil des enfants y est assuré. Le texte doit maintenant passer devant l'Assemblée.

Le texte de loi

Sur le Café, le droit de grève en danger ?

 

Bac 2008 : Les profs de philo persistent

Portes fermées. C'est sur le trottoir, devant le lycée Carnot, que l'assemblée générale des professeurs de philosophie a tenu sa conférence de presse le 26 juin, le recteur ayant interdit qu'on leur prête une salle.