L'Expresso du 2 Juillet 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

La notation au bac interrogée par le médiateur

ÉDITORIAL

Quels enseignants pour demain ?

LE SYSTEME

Le rapport Guesnerie remis jeudi l Le brevet perturbé à La Rochelle l Action intersyndicale pour les AVS l Côte d'Ivoire : CEPE et concours d'entrée en sixième.

L’ÉLÈVE

Paris : la suppression de la carte scolaire a-t-elle favorisé le brassage social ?  l La monoparentalité concerne tous les milieux  

LA CLASSE

20ème semaine de la presse

LA RECHERCHE

Filles et garçons : quelle parité ?

CITOYENNETE

Les jeunes de 13 ans fichés par l'Intérieur

LES DISCIPLINES

E.D.D. : L'Antarctique absorbe moins de carbone l Technologie : Le groupe d'experts pour les nouveaux programmes

 

 

Le fait du jour

 

La notation au bac interrogée par le médiateur

La question des notes du bac rebondit là où on ne l'attendait pas : dans le rapport annuel du médiateur de l'éducation nationale, Jean-Marie Jutant.

 

"Depuis qu’il exerce son activité, le médiateur a été saisi de réclamations assez nombreuses concernant le baccalauréat" note M. Jutant.  "Une copie d’examen peut être notée différemment selon le correcteur auquel elle est soumise. Afin de parvenir à ce que les notes soient attribuées selon des critères homogènes, les règlements et circulaires d’organisation du baccalauréat prévoient différents dispositifs destinés à homogénéiser les pratiques des notateurs" Or, estime-t-il, "le médiateur a constaté que ce dispositif (d'harmonisation) présentait parfois, dans son application, des insuffisances". Il relève que, par exemple, les jurys n'examinent pas les copies des candidats "comment rectifier une éventuelle erreur d'appréciation commise par un correcteur" interroge-t-il ?

 

Le bac de français est particulièrement ciblé puisque le livret scolaire du candidat n'est pas consulté et les correcteurs de français sont absents du jury de terminale.

 

Aussi recommande- t-il que le fonctionnement des commissions d'harmonisation soit fixé par décret ou arrêté et que le livret scolaire soit pris en compte lors des épreuves anticipées. "Les épreuves anticipées que les lycéens passent en fin de première devraient bénéficier d’un dispositif comparable à celui des épreuves de fin de terminale. Pour ce faire, il conviendrait que le ministère étudie la possibilité de rétablir l’examen du livret scolaire au moment de l’établissement de la note".

 

Le médiateur va plus loin en demandant l'allègement des épreuves. "Partant du constat que le nombre des options proposées au baccalauréat (langues rares, sports, etc) est devenu excessif" et que "le résultat final au baccalauréat n’est quasiment pas modifié que le candidat passe cinq ou dix épreuves", il propose "d’étudier la possibilité d’alléger l’organisation de cet examen en le concentrant sur un nombre restreint d’épreuves portant sur les disciplines fondamentales dans chaque série".

 

On sait que la notation au bac a fait l'objet d'un vif débat cette année après la publication par B. Suchaut d'une étude qui montrait de forts écarts de notation selon les correcteurs et même entre les copies d'un même correcteur. B. Suchaut parlait de "loterie des notes". Certains, en réponse à ces critiques, avaient mis en avant le rôle des commissions d'harmonisation. Ce sont elles qui sont maintenant malmenées par le médiateur. D'autres, sous prétexte que la notation est imparfaite, souhaitent la disparition du bac et la mise en place de procédures sélectives à l'entrée de l'université. 

 

Alors que la réforme du lycée est engagée, deux ans après la publication d'un rapport d'audit qui demandait la "simplification" du bac, la demande d'allègement de JM Jutant pourrait être entendue. Mais toucher au bac a toujours politiquement été dangereux…

Sur le Café, la notation au bac

Le site du médiateur

 

 

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Quels enseignants pour demain ?

Lors de cette année scolaire, les chantiers de réformes se sont succédés. Il y en a un dont on perçoit difficilement le calendrier et qui nous paraît devoir intéresser tous les citoyens : il s’agit du métier enseignant. Certes, il convient de prendre en compte l’expérience acquise par les maîtres, les formateurs, les cadres de l’Education nationale pour définir des modalités précises de formation et de recrutement, les parcours possibles. Certes, il ne revient pas aux parents ou aux élus locaux de dire aux enseignants quelle méthode pédagogique ils doivent employer. Le demandent-ils d’ailleurs ? Mais il n’en reste pas moins qu’un certain nombre de questions vives et préalables concerne le projet de société et intéresse à ce titre les citoyens : quelles sont les missions des enseignants ? Quelles capacités attendues ? Dans dix ou vingt ans ? Comment les autres pays d’Europe recrutent-ils et forment-ils leurs enseignants ? Il faut, on le sait bien, dégager des priorités et les tenir, avoir une visée prospective et prévoir des étapes…

 

La Ligue de l’enseignement a bien noté que le président de la République et le ministre parlaient d’une même voix et envisageaient de lier ensemble la revalorisation du métier et la réforme du lycée. C’est dans ce cadre qu’en tant que mouvement complémentaire de l’enseignement public, elle a apporté sa contribution au débat en écrivant au ministre de l’Education nationale il y a un mois. Cela ressortira-t-il dans la feuille de route que le recteur Antoine de Gaudemar doit remettre au ministre le 10 juillet ? Sa lettre de mission ne parle que du lycée…

 

Ce débat ne doit pas être escamoté, car même si les enseignants qui prennent leur retraite ne sont pas tous remplacés, le renouvellement du corps enseignant est important et engage les générations futures…

Olivier Masson

Ligue de l’enseignement.

 

 

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Le rapport Guesnerie remis jeudi

Le rapport de Robert Guesnerie sur les programmes et manuels de SES sera remis jeudi au ministre. Sa commission a été instituée alors que l'enseignement des SES et la filière ES dans son ensemble étaient violemment critiqués à la fois par les milieux conservateurs et au sein de la commission Pochard.

 

Le climat a évolué puisque la question des SES se pose maintenant dans le cadre de la réflexion globale sur le lycée. On suivra de près cependant la place de la microéconomie dans les nouveaux programmes.

Sur le Café, voir L'Expresso du 17 juin

Sur le Café, la réforme du lycée

 

Le brevet perturbé à La Rochelle

Les corrections du brevet ont été perturbées à La Rochelle par des enseignants du collège Pierre Mendès France qui protestaient contre des fermetures de classe. Le mouvement va-t-il être reconduit aujourd'hui ?

Sur France 3

 

Action intersyndicale pour les AVS

"De nombreux  personnels exerçant des missions d'AVS ne verront pas leur contrat renouvelé à la fin de l'année scolaire. C'est un véritable gâchis, une perte de compétences, pour ces personnels, mais aussi pour les jeunes en situation de handicap et leurs familles. Cette précarité est insupportable". Le Snuipp, le Snes, la Fep et le Sgen Cfdt, la Fnaseph et l'Unaisse ont écrit au ministre d l'éducation nationale pour lui demander des mesures permettant de prolonger les missions.

 

Côte d'Ivoire : CEPE et concours d'entrée en sixième

Alors qu'un scandale se développe à propos des fraudes au bac (154 000 candidats), les épreuves du certificat d'études primaires élémentaires (CEPE) et du concours d'entrée en 6ème démarrent. Elles comptent 337 587 candidats.

Article de Notre voie

 

 

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Paris : la suppression de la carte scolaire a-t-elle favorisé le brassage social ?

Alors que les opérations d'affectation des futurs lycéens de seconde parisiens sont closes, tout le monde se félicite. Le recteur, M. Quénet, estime, dans Le Monde,que c'est "un très grand succès" et "une avancée républicaine".  Pour la FCPE de Paris, c'est l'aboutissement de "10 ans de combat" et "un tournant".

 

C'est qu'à l'occasion de la suppression de la carte scolaire, la FCPE a obtenu la fermeture du "marché aux élèves", l'ancien procédé d'affectation qui voyait les proviseurs des lycées prestigieux sélectionner, dans l'ombre d'un sous-sol du rectorat, les élèves qui pourraient entrer chez eux.

 

Pour la première fois, les affectations ont été traitées par informatique en fonction des critères de niveau et de proximité et des vœux des familles. 93% des élèves ont pu être affectés,  souligne la Fcpe, "sur des critères clairs".

 

Pour l'association de parents, "La page du marché aux élèves, générateur d’inégalités et de discriminations au sein du système scolaire parisien, et qui stimulait les demandes de dérogations dès l’entrée en 6ème, est définitivement tournée. Cela permettra d’atteindre l’objectif d’une plus grande équité entre les lycées parisiens et d’une amélioration non seulement des résultats des lycéens parisiens mais aussi de leur bien-être".

 

Dans Le Monde, la sociologue Marie Duru-Bellat estime que "si l'Etat ouvrait des classes dans les écoles les plus attractive