Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
13 500 postes supprimés en 2009
ÉDITORIAL
La sociologie de l'Ecole menacée par l'Ecole
LE SYSTEME
Le HCE veut réformer l'orientation l S.E.S. : L'Apses dénonce l'offensive d'un réseau d'idéologues l Etats-Unis : Deux projets pour l'Ecole
L’ÉLÈVE
Le gouvernement traque la drogue à l'école l Opération Bouquins solidaires avec le Secours populaire.
LA CLASSE
Un tiers des élèves de ZEP s'est inscrit à l'accompagnement éducatif
CITOYENNETE
La FCPE contre Edvige
LES DISCIPLINES
Les Cahiers Economie et Gestion l Philosophie : colloque du GFEN Multiculturalisme, communautarisme
LES TICE
Faille dans Windows
13 500 postes supprimés en 2009
C'est par un entretien à Libération que Xavier Darcos a annoncé la suppression de 13 500 postes en 2009. Le ministre a justifié cette baisse par la réduction de la dépense publique et l'existence de marges de gestion. Selon lui, il pourrait récupérer des enseignants détachés et utiliser à 100% les moyens de remplacement.
On retiendra aussi le traitement divergent promis aux enseignants. X. Darcos a promis d'épargner le lycée. "Puisque nous allons commencer une réforme du lycée, ma volonté est que ces non-renouvellements touchent le moins possible en 2009 l’offre éducative du lycée" a-t-il déclaré. Ensuite il a promis des rémunérations supplémentaires aux enseignants débutants. "Dès cette rentrée 2008 les jeunes enseignants qui viennent d’être titularisés verront leur situation matérielle améliorée et bénéficieront, dans la paye du mois de novembre 2008, d’une prime de début de carrière significative dont le montant et la nature seront discutés avec les organisations représentatives". Enfin le ministère va inciter davantage les enseignants à faire des heures supplémentaires. "Pour encourager les enseignants qui ont pris trois heures supplémentaires en plus de leur service hebdomadaire, ces derniers bénéficieront dès l’année scolaire 2008-2009 d’une indemnité supplémentaire de 500 euros par an". Dans le primaire l'indemnité de direction sera revalorisée.
Cette annonce a été commentée très négativement par les syndicats. "Inacceptables", estime le Sgen Cfdt, "les menaces qui se précisent sur les conditions de travail en particulier en collège : augmentation du nombre d'élèves par classe, abandon programmé des pratiques innovantes comme les itinéraires de découvertes". Le Snuipp déplore l'abandon des instits. "La promesse de reverser aux enseignants 50% des économies réalisées constitue une véritable supercherie puisque l'essentiel des 320 000 enseignants des écoles n'en bénéficierait pas". Le Se-Unsa, qui parle d'un "triste record", fait le lien avec la loi sur le Service Minimum d'Accueil : "les moyens de remplacement sont ainsi explicitement visés, application avant l’heure de la loi sur le service d’accueil à l’école primaire substituant, en cas d’absence, l’accueil à l’enseignement". Le projet de loi, qui arrive en discussion à l'Assemblée nationale, prévoit en effet que l'accueil des élèves est mis en place par les communes dans tous les cas d'absence de l'enseignant, ce qui pourrait ouvrir la voie à ces abus.
Les syndicats pourraient organiser des manifestations dès la rentrée. D'ici là la répartition précise des suppressions de postes devrait être connue.
Article de Libération
Communiqué Snuipp
Communiqué Se-Unsa
Communiqué Sgen Cfdt
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La sociologie de l'Ecole menacée par l'Ecole
"Il y a des craintes légitimes. Mais Big Brother n'est pas obligatoirement caché derrière chaque enquête". Le climat de défiance et de soupçons qui règne dans la communauté éducative pourrait bien finalement se retourner contre elle. En attendant elle rend le travail des sociologues de l'éducation très difficile, au point que deux chercheurs, Stéphane Beaud et Dominique Glasman, ont lancé une pétition pour obtenir qu'on les laisse travailler.
Ce qu'ils dénoncent c'est la suppression des questions sociologiques dans les enquêtes lancées par le ministère. C'est le cas par exemple de Base Elèves où les questions sur la langue parlée à la maison a été retirée avec beaucoup d'autres. La même mésaventure est arrivée au panel de collégiens de 6èe ou à l'enquête des évaluations CM2.
"Il y a des craintes qui sont justifiées" nous déclare D. Glasman. "Je ne plaide pas pour qu'on remplisse des fichiers n'importe comment et prenne des risques avec nos libertés". D. Glasman a approuvé le retrait de nombreuses questions du logiciel Base Elèves. "Les craintes étaient légitimes à propos des questions sur la nationalité dans la mesure où le fichier est accessible aux maires et même à la police".
Mais certaines ne le sont pas à ses yeux. Il cite le panel d'entrée en 6ème où les questions sur la langue parlée à la maison est intéressante pour l'étude de l'échec scolaire. Ou encore la disparition des catégories socio professionnelle dans Base Elèves.
Ce qu'on risque ? "Par exemple de ne pas pouvoir connaître les effets de la suppression de la carte scolaire" nous dit D. Glasman. "On a supprimé la carte scolaire au nom de ses imperfections sociales. Mais faute de connaître les catégories socio professionnelles des parents dans chaque territoire, il sera impossible de déterminer les écoles des riches et des pauvres". Du coup on ne pourra porter aucun jugement sur les effets ségrégatifs de la suppression de la carte scolaire.
En supprimant les questions sociales ou ethniques de ses enquêtes internes, le ministère fait disparaître la sociologie de l'Ecole, de la même façon que l'Académie des sciences morales souhaite la faire disparaître des programmes de SES. C'est le moyen le plus sûr pour faire disparaître en douce toute mixité sociale.
La pétition
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Le HCE veut réformer l'orientation
"La réussite ou l’échec des élèves sont jugés en fonction de leurs seuls résultats par rapport à des savoirs abstraits". Le Haut Conseil de l'éducation a remis le 9 juillet son rapport sur l'orientation. Parmi les mesures demandées par le HCE : la suppression des conseillers d'orientation, le passage de l'accueil des services d'orientation aux régions. Pour le HCE, "il importe que l'orientation ne soit pas trop précoce ni trop définitive, par exemple en facilitant les changements de parcours pendant la scolarité "
Lire le compte-rendu de F. Solliec
S.E.S. : L'Apses dénonce l'offensive d'un réseau d'idéologues
"Pourquoi vouloir supprimer un enseignement qui marche ?" L'Apses (association des professeurs de SES) réagit aux attaques montantes contre l'enseignement des SES : après les déclarations ministérielles et celles de Positive Entreprise, le rapport Guesnerie suivi dans la foulée du rapport de l'Académie des sciences morales et politiques. C'est celui-ci et l'entretien accordé par Yvon Gattaz au Figaro, qui ont déclenché la réaction de l'Apses.
L'Apses souligne les qualités de cet enseignement, saluées par le rapport Guesnerie : réussite dans le supérieur des élèves passés par la filière ES par exemple.
Mais elle dévoile aussi un réseau étroit autour d'hommes comme Michel Pébereau et Yvon Gattaz, à la fois dans l'Académie, la commission Guesnerie, l'AJE… Ce groupe s'entoure d'universitaires peu au fait de l'enseignement secondaire et écarte les spécialistes en sciences de l'éducation.
Pour l'Apses, ce petit groupe "vise à écarter de l’enseignement au lycée toute question économique ou sociale un tant soit peu controversée… Il y a de quoi s’inquiéter bien au-delà de l’avenir des seules SES au lycée. C’est l’Ecole laïque et publique qui est ici visée. A qui le tour après les SES ?"
"Certains de ces rapports", ajoute l'Apses, "préconisent une séparation franche de l’enseignement de la science économique et de la science sociologique. A l’instar du rapport Guesnerie, l’APSES affirme au contraire que cet appariement est fécond pour aider les lycéens, citoyens en devenir, à mieux comprendre divers aspects des sociétés contemporaines et à mieux s’orienter dans le supérieur en évitant une spécialisation trop précoce".
Interrogé par le Café, Sylvain David, président de l'Apses, souligne la proximité de ce petit groupe avec Xavier Darcos, lui aussi un des rares membres de l'académie des sciences morales et politiques. "On pourrait attendre du ministre qu'il se prononce sur ces attaques idéologiques. Son silence est inacceptable" estime M. David. Pour lui le petit groupe des critiques "cherche de la légitimité". L'Apses, qui avait obtenu en avril dernier le soutien d'universitaires renommés, va leur soumettre le rapport Guesnerie.
Quant aux critiques, très violentes, portées sur un petit nombre d'éditeurs scolaires, elle interpelle l'Apses. "C'est très suspect de vouloir labelliser l'édition… Ces gens là manquent de confiance envers l'école et le système éducatif".
Dans une déclaration à l'AFP, la Ligue de l'enseignement met en cause le patronat, ce que s'est refusé de faire S. David, déclarant "ignorer si ce groupe représente la totalité du Medef". Pour la Ligue, le contrôle par le patronat de l'élaboration des programmes scolaires est contraire à toute éthique en matière éducative, elle est irrecevable". La Ligue demande à Xavier Darcos "si cela est conforme à sa conception de la laïcité".
Communiqué
Dépêche Afp
Sur la Café, "SES une discipline révisée"
Etats-Unis : Deux projets pour l'Ecole
Selon Education Week