Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Un lycée "modulaire" pour 2009
ÉDITORIAL
Un lycée pour Noël
LE SYSTEME
Le service minimum voté par l'Assemblée ! Le calendrier des concours l Enseignements artistiques : le rapport Morin-Desailly l 34 organisations appellent à des Etats généraux de la formation le 4 octobre l Les personnels de direction, plus pédagogues que managers l Reconquête du mois de juin : victoire ou prouesse ? l Pétition en faveur de D. Piveteaud l Elections le 2 décembre l Angleterre : 4 000 écoles en grève.
L’ÉLÈVE
Seulement 4 bacheliers sur 10 valident leur licence en 3 ans l La FCPE veut un cartable réellement allégé l La Belgique veut généraliser l'éducation affective et sexuelle l Un élu dénonce la "chasse à l'enfant" l Privé de naturalisation pour un zéro de conduite
LA CLASSE
Des parcours de découverte des métiers du collège au lycée
LA RECHERCHE
En 10 ans le salaire moyen des enseignants a baissé de 0,4 %
CITOYENNETE
Réforme de la constitution : c'est aujourd'hui ? l Enseignement de la Shoah à l'école l La Halde lance un blog destiné aux jeunes
LES DISCIPLINES
Français : de nouveaux projets ? l E.D.D. : L'OCDE ne croit pas dans les biocarburants l E.D. D. : Le potentiel éolien mondial l S.E.S. : La pauvreté en France
LES TICE
Des moyens pour la recherche dans les TICe ? l Nouvelles failles dans Firefox
Un lycée "modulaire" pour 2009
Xavier Darcos a fait connaître le 17 juillet à la fois le calendrier et les orientations de sa réforme du lycée.
Le calendrier est très serré : la nouvelle seconde est attendue à la rentrée 2009, la première à celle de 2010, puis suivront la terminale et un nouveau bac en juin 2012. La réforme s'articule autour de 6 points principaux.
La seconde restera un cycle de détermination. "A l’âge souvent sensible auquel les collégiens abordent le lycée, un temps d’adaptation et de transition parait nécessaire" note le ministre. Mais "Il importe d’établir une autre organisation des enseignements qui rende crédible et efficace en matière d’orientation ce temps du choix, qui laisse aux élèves une vraie possibilité d’explorer des domaines qui leur sont inconnus ou qu’ils n’ont abordés que d’une manière peu adaptée à l’importance du choix à faire".
Pour faciliter cette détermination et permettre "un choix réel esquissant un parcours ultérieur d’études supérieures", l'enseignement de la seconde à la terminale, sera diversifié et organisé en trois blocs principaux. Ce "triptyque" comprendra des enseignements généraux "en part moins importante qu'au collège", des enseignements complémentaires "visant (en seconde) soit l’exploration de nouveaux domaines, soit un approfondissement et/ou une meilleure maîtrise des fondamentaux ; visant (en cycle terminal) la spécialisation", des enseignements et activités d'accompagnement "visant une plus grande individualisation des parcours". Selon X. Darcos, " en seconde, la répartition du temps-élève pourrait être de 60% pour les enseignements fondamentaux, 25% pour les modules d’exploration et d’approfondissement, 15% pour les enseignements et activités d’accompagnement. En cycle terminal, elle pourrait être respectivement de 45%, 45% et 10%".
Les enseignements seront organisés selon une forme modulaire "inspirée de nombreux exemple étrangers". L'année sera décomposée en une suite de modules d'enseignement de 3 heures sur la moitié de l'année (soit environ 50 heures). " L’organisation modulaire ouvre un champ nouveau au développement de l’autonomie de l’établissement".
L'autonomie des lycéens et des établissements est une valeur revendiquée par ce projet. Il laissera davantage de choix à chaque lycéen qui pourra construire un "parcours guidé". Les établissements eux auront à proposer des parcours modulaires en fonction du projet d'établissement.
L'accompagnement individuel des lycéens est "une innovation majeure du nouveau lycée". Il sera donc intégré dans les parcours lycéens. Cela implique une réforme en parallèle du métier enseignant. Cela implique aussi que ceux-ci aient les moyens matériels d'exercer cet accompagnement. "Tout laisse à penser que la mise en place dans les lycées d’espaces numériques de travail serait un outil puissant au service de cet accompagnement" estime X. Darcos. Certes , mais un bureau pour recevoir les élèves sera sans doute nécessaire.
Le projet nécessite une réforme des programmes pour les adapter à cet enseignement modulaire. Elle s'accompagnera d'une réduction des horaires. Le ministre annonce "une semaine lycéenne d’amplitude plus raisonnable".
Le point sur la réforme (document MEN)
Le calendrier de la réforme (document MEN)
Sur le Café, la réforme du lycée
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Un lycée pour Noël
Volonté d'en finir avec des filières hiérarchisées, autonomie des lycéens et des établissements, parcours diversifiés et personnels, accompagnement des élèves, référence aux systèmes éducatifs étrangers : sur bien des points la réforme des lycées lancée par Xavier Darcos paraît bien partie. Mais à quelles conditions ?
Le diagnostic effectué, pour une fois, par le ministre semble imposer la nécessité d'un vrai changement. Il en ressort "l’image et la réalité d’un lycée dont la conception date principalement du XIXème siècle ou de la première moitié du XXème c'est à dire d’une époque où la démocratisation de l’enseignement secondaire ne pouvait pas être à l’ordre du jour et où la question de l’accès à l’enseignement supérieur se posait dans des termes radicalement différents". Le document ministériel évoque également "des séries ou filières de cycle terminal qui ne correspondent pas (ou correspondent mal) à leurs finalités explicites et dont l’horizon est davantage défini par rapport au baccalauréat que par rapport à un trajet ultérieur dans l’enseignement supérieur" et "un lycée dont ni l’architecture générale ni les modes de travail et de fonctionnement ne préparent vraiment à l’enseignement supérieur et à ses exigences quant à l’autonomie des étudiants".
Ce diagnostic, les mesures envisagées sont de nature à construire un lycée totalement nouveau en France, mais "largement inspiré" des établissements secondaires étrangers. Le lycée Darcos tournerait la page du lycée napoléonien. Il nous rapprocherait des standards internationaux et romprait le cercle français de l'élitisme et de la sélection. Pourtant des questions viennent freiner l'emballement devant ces annonces.
Peut-on éviter la hiérarchisation des filières ?
Le projet Darcos souhaite en finir avec la hiérarchisation des filières et propose comme solution l'individualisation des parcours entre des modules d'enseignement dont à peu près la moitié serait laissée au choix du lycéen. Si cette mesure est probablement très favorable au climat d'établissement, permet-elle d'éviter la hiérarchisation ? On peut en douter. On a vu par exemple, comment au saint des saints, la filière S, la hiérarchisation s'est introduite tout naturellement entre les options de S, la S math s'imposant aux autres branches. Pourquoi cette puissante loi sociale serait-elle affaiblie par la diversification des parcours ?
Bien au contraire, la liberté offerte aux lycéens devrait spontanément accroître cette hiérarchisation. Entre les enfants des "bonnes" familles parfaitement informés des modules à choisir pour intégrer telle ou telle prépa et les autres, le fossé devrait se creuser. Ajoutons qu'une modularité couvrant environ la moitié des programmes entraînera également un bac modularisé à l'infini, c'est-à-dire un diplôme d'établissement. Il y a bien une solution. On sait qu'en Finlande, où les jeunes ont ainsi le choix de leurs modules, des personnels spécialisés et nombreux assistant les élèves dans le choix de leurs modules. On doute que le contexte budgétaire actuel entraîne Darcos sur ce chemin.
Quelle pédagogie pour cette réforme ?
Autonomie des lycéens, accompagnement des élèves, objectifs annoncés de davantage de réussite, travaux interdisciplinaires, enseignements modulaires : tous ces éléments poussent les enseignants du lycée à changer de pratiques pédagogiques, à affronter, par exemple, l'hétérogénéité des parcours, des temps de formation. Cela suppose une formation des enseignants. Mais aussi un autre discours sur le métier.
Or Xavier Darcos n'a pu se retenir cette semaine encore de donner un nouveau gage aux traditionalistes en dénonçant dans une tribune du Monde, les "pédagogistes", l'élève au centre, et l'effondrement du prestige du maître. Or, comme le souligne P. Meirieu dans Les Echos, "il semble que la formation des maîtres ne soit plus une priorité" au moment où Darcos flingue les IUFM.
Après avoir donné aux courants les plus réactionnaires une réforme du primaire conforme à leurs vues, Xavier Darcos brandit une réforme du lycée capable de séduire l'autre camp. Cet exercice d'équilibre ne fait que rendre plus sensible le manque d'un ingrédient nécessaire à toute réforme de l'éducation : la confiance de ceux qui ont la charge de l'appliquer.
Sur le lycée finlandais et les autres…
Meirieu dans Les Echos
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Le service minimum voté par l'Assemblée
Le projet de loi sur le service minimum d'accueil des écoles primaires a été adopté par l'Assemblée nationale le 16 juillet. Le texte entre dans son dernier parcours législatif : la réunion d'une commission paritaire Assemblée – Sénat, avant une adoption définitive en fin de semaine.
Les députés ont modifié sur plusieurs points le texte adopté par le Sénat. Ils ont d'abord étendu aux écoles privées sous contrat l'obligation d'organiser l'accueil. "Tout enfant scolarisé dans une école maternelle ou élémentaire publique ou privée sous contrat est accueilli pendant le temps scolaire pour y suivre les enseignements prévus par les programmes. Il bénéficie gratuitement d’un service d’accueil lorsque ces enseignements ne peuvent lui être délivrés en raison de l’absence imprévisible de son professeur et de l’impossibilité de le remplacer. Il en est de même en cas de grève".