Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
L'école primaire première victime des suppressions de postes ?
ÉDITORIAL
Débrouillez-vous !
LE SYSTEME
Rentrée : le scepticisme du Snuipp l Une rentrée en débandade pour le Se-Unsa l Rentrée "nouvelle génération" pour X. Darcos l Les revalorisations de la rentrée l Dépression scolaire selon Meirieu l Journée d'action le 11 septembre l Primaire : Les temps de service des enseignants du 1er degré l Le Se-Unsa dénonce les imprécisions de la loi sur le SMA l Collège : Les programmes au B.O. l Les assistants d'éducation pourront participer à l'accompagnement scolaire l La Nuit des IUFM l L'essentiel de l'été en une page.
L’ÉLÈVE
Quel coût pour la rentrée ? l Apprendre, pas si simple ! l L'Angleterre retarde sa Base élèves
LA CLASSE
En direct de Ludovia… l Une chaîne éducative nationale l Reconquête du mois de juin : Le SNPDEN marque les limites
LA RECHERCHE
L'inflation scolaire confirmée par une étude de l'Insee
LES DISCIPLINES
Histoire des arts : un programme ambitieux l La clé du prof de langues l Des enseignants et universitaires soutiennent le rapport Guesnerie
LES TICE
I.E. 8 disponible
L'école primaire première victime des suppressions de postes ?
"Cette annonce, si elle était confirmée, serait incompréhensible et inacceptable… La suppression de 6 500 postes conduirait à de nombreuses fermetures de classes, à un alourdissement des effectifs, à une diminution de la scolarisation des élèves en maternelle, à une détérioration du système des remplacements… La baisse du nombre de places au concours se traduirait par une diminution considérable de la formation continue et une remise en cause des 3000 décharges de direction assurées par les professeurs des écoles stagiaires au cours de leur formation". Cette déclaration du Snuipp fait suite à un communiqué du Snes. Selon ce dernier la majorité des 13 500 postes supprimés en 2009 serait prélevée dans le primaire, à hauteur de 6 000 postes.
Ces 6 000 postes seraient composés à moitié de profs remplaçants, à moitié de postes de stagiaires du fait de la diminution des postes mis aux concours. Dans le secondaire, 3 000 postes de remplaçants seraient supprimés.
X. Darcos conteste ces chiffres. La répartition réelle, selon l'AFP, sera connue le 24 septembre.
Le 25 août, F. Fillon avait laissé entrevoir la réduction de l'offre scolaire. "Nous voulons nous attaquer au fond du sujet : c'est des horaires trop chargés, un nombre de matières enseignées trop important".
Communiqué Snuipp
Déclaration Fillon
|
N’hésitez pas à réagir sur les actualités qui vous interpellent, comme sur la plupart des articles du Café en vous rendant dans le forum correspondant (menu de droite).
Pour pouvoir réagir, il faut préalablement s’être inscrit sur le site et être identifié. À très vite ! |
Débrouillez-vous !
"Je le dis avec amitié mais franchement, notamment aux élus de l’opposition… : débrouillez-vous! C’est votre mission d’organiser cette aide". Des différentes conférences de presse qui ont accompagné cette rentrée, c'est cette formule lapidaire de Xavier Darcos que l'on retiendra comme significative de ce moment.
Ce "débrouillez-vous" cavalier s'adresse aux maires en charge d'organiser les conséquences de l'accompagnement scolaire. Puisque aucune instruction précise n'a été donnée aux écoles en temps utile, ils vont devoir, dans les semaines à venir, organiser les transports scolaires entre différentes écoles qui n'auront pas forcément choisi le même calendrier ainsi que la surveillance des élèves. La décision tardive de l'Etat impacte les budgets. Mais, débrouillez-vous !
Débrouillez-vous aussi pour le SMA (service minimum d'accueil). Alors que l'Association des maires de France a demandé un moratoire à l'application de la loi, le gouvernement passe outre. C'est aux maires de prévoir maintenant un service de garde dans les cas de grève ou d'absence d'enseignants et de gérer les tensions que cela générera.
Débrouillez-vous pourrait-on encore dire aux collectivités locales en matière de Tice. Les établissements sont censés disposer d'un cahier de texte électronique, d'ENT, de matériel, impulsés là aussi par l'Etat, à charge pour les collectivités locales de s'exécuter…
Débrouillez-vous aussi les enseignants ! Les nouveaux programmes du primaire se recommandent de la liberté pédagogique. Il y a des objectifs à atteindre et… débrouillez-vous !
Débrouillez-vous aussi les élèves. On supprime la carte scolaire, on met en place des aides éducatives. On établit "l'égalité des chances" . A l'élève de la saisir. On va augmenter l'écart entre établissements et créer des parcours personnalisés au lycée. Au jeune et à sa famille de s'y retrouver. Qu'ils se débrouillent !
Non seulement le "débrouillez-vous" institue le contraire de l'Etat, la loi du plus fort. Mais il n'aura fallu qu'un an pour passer du "Tout est possible" au "débrouille-toi".
Revenir au sommaire
Rentrée : le scepticisme du Snuipp
"Remettre en cause sans cesse le travail pédagogique effectué à l'école est déstabilisant". Chez G. Moindrot, secrétaire général du Snuipp, s'exprime un profond scepticisme sur les mesures Darcos. Selon un sondage réalisé par CSA pour ce syndicat, si globalement l'image de l'école reste très bonne, le métier est perçu comme dévalué. Les mesures gouvernementales ne sont pas si populaires qu'on pourrait le penser. Particulièrement le gouvernement n'est pas crédible dans l'action pour lutter contre l'échec scolaire.
Le scepticisme du Snuipp se porte sur plusieurs points importants de la rentrée : les programmes du primaire, l'accompagnement éducatif, etc.
Une rentrée en débandade pour le Se-Unsa
"Xavier Darcos porte personnellement la responsabilité de la débandade de la rentrée'. Pour Luc Bérille, secrétaire général du Se-Unsa, rarement rentrée aura autant accumulé de précipitation et de morosité. La rentrée devrait être difficile.
Le syndicat dénonce un "hold-up" sur le primaire. Depuis plusieurs années le gouvernement ne crée pas tous les postes annoncés. Ainsi en 2007 là où il avait promis 500 emplois en plus , il en a supprimé 1463. Dans le second degré c'est un "record de dégradation". La réforme de la formation des enseignants leur semble inquiétante.
Rentrée "nouvelle génération" pour X. Darcos
"Cette école "nouvelle génération", c'est celle qui fait sa rentrée dans quelques jours" Devant la presse, Xavier Darcos a présenté la rentrée 2008 comme une rupture, affirmant construire "une école "nouvelle génération". " C'est une école qui comprend et anticipe les besoins de la société plutôt qu'elle ne contraint la société à se plier à ses propres exigences" a-t-il ajouté.
Et c'est en mettant en avant le service offert aux familles que le ministre a présenté les principaux dispositifs de rentrée : service minimum d'accueil au primaire, accompagnement scolaire élargi à tous les collèges, nouveaux programmes compréhensibles aux parents et semaine de 4 jours au primaire, réforme du lycée.
"On ne va pas jeter les stagiaires dans les classes comme des frites dans l'huile bouillante" a-t-il lancé, prenant l'engagement du maintien d'une formation professionnelle des enseignants. "La maquette des futurs concours comprendra obligatoirement de la formation professionnelle… J'imagine que les universités mobiliseront les anciens professeurs d'IUFM".
Le dossier de presse
Le discours
Les nouveautés de la rentrée dans le Sac de plage du Café
Les revalorisations de la rentrée
"Il faut que ce soit l'année des enseignants". Alors que les bruits de grève circulent, le ministre de l'éducation nationale a annoncé 410 millions pour la revalorisation des enseignants cette année. Cette somme importante résulte de l'addition de plusieurs mesures qui touche des catégories précises.
D'abord une prime de début de carrière sera instaurée cette année pour les nouveaux titulaires : ils toucheront en novembre 1500 euros. Les enseignants effectuant 3 heures supplémentaires bénéficieront d'une prime annuelle de 500 euros. Les directeurs d'école verront leur prime passer de 200 à 600 euros. Les ratios de promotion à la hors classe ont été relevés." Pour tenir compte de la réforme du baccalauréat professionnel en trois ans, les enseignants de lycée professionnel bénéficieront d'avancées à la fois indemnitaires et en termes de reconnaissance professionnelle" ajoute X. Darcos sans autre précision.
Mais l'essentiel correspond à l'augmentation des heures supplémentaires pour remplacer les postes supprimés. Une rémunération nettement moins coûteuse pour l'Etat que l'embauche de nouveaux salariés. Le revalorisation fait aussi faire des économies.
Les mesures de revalorisation
Dépression scolaire selon Meirieu
"L’État se replie de plus en plus sur un fonctionnement technocratique strict, qu’il complète simplement par des dispositifs, tout aussi technocratiques, de « soutien ». C’est une conception minimaliste de l’École" estime P. Meirieu. Pour lui le service public d'éducation est menacé.