Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Huit organisations appellent à une manifestation nationale le 19 octobre
ÉDITORIAL
L'Ecole a-t-elle besoin de leaders ?
LE SYSTEME
La semaine de 4 jours, une très mauvaise organisation des rythmes scolaires l Ferry diagnostique la fin des RASED l Les heures supplémentaires augmentées l La rentrée en Alsace : bio et DIMA l Petite manif de rentrée à Nantes l L'enseignement de l'islam entre à l'école allemande l L'accountability survivra-t-elle à Bush ?
L’ÉLÈVE
Le gouvernement lance des prêts bancaires pour les étudiants l Des experts anglais mettent en garde contre les boissons énergisantes l La scolarité obligatoire sera étendue à 18 ans en Angleterre
LA CLASSE
Dans 3 semaines, la Journée européenne des langues l Rentrée solidaire avec "Un crayon, un cahier" l Téléchargez le Guide pratique du professeur !
LA RECHERCHE
L'OCDE appelle à renforcer les directions d'établissement
LES DISCIPLINES
Pédagogie différenciée au primaire l Des repères pratiques pour la philosophie l L'enseignement agricole bénéficie du succès du tourisme vert
LES TICE
Google lance son navigateur
Huit organisations appellent à une manifestation nationale le 19 octobre
" Tout n’est sans doute pas question que de postes en matière éducative, mais nous affirmons que rien ne pourra se faire dans cet acharnement d’un « toujours moins de postes » ! Rien ne pourra davantage se faire avec des réformes à marche forcée encore moins lorsqu’elles aboutissent à de vraies régressions. Rien ne pourra se faire non plus si l’Etat ne cesse de se désengager de ses missions, déléguant hors de l’école ce qu’elle doit assurer pour tous. Aussi, nous poussons aujourd’hui un cri d’alerte : cette politique va détériorer sur le long terme le service public d’Education. Elle porte tous les ingrédients pour que se développe une école à deux vitesses dans une société minée par les injustices et les inégalités". Huit organisations, des syndicats (Unsa Education, Fsu, Faen, Sgen Cfdt), des parents (Fcpe), des étudiants (UNL, UNEF), un mouvement pédagogique (le CRAP) appellent à une manifestation nationale le 19 octobre à Paris.
"Nous en appelons à toutes celles et tous ceux qui pensent que l’Education est une richesse pour notre pays, que l’avenir se joue aujourd’hui, à toutes celles et tous ceux qui refusent que la politique suivie n’entraîne, pour de nombreuses années, le service public d’Education dans l’affaiblissement".
Dépêche AP
|
N’hésitez pas à réagir sur les actualités qui vous interpellent, comme sur la plupart des articles du Café en vous rendant dans le forum correspondant (menu de droite).
Pour pouvoir réagir, il faut préalablement s’être inscrit sur le site et être identifié. À très vite ! |
L'Ecole a-t-elle besoin de leaders ?
La récente étude de l'OCDE (voir ci-dessous) vient relancer un débat sur les tâches de direction, leur définition et leur rôle dans les systèmes éducatifs. Pour l'OCDE, il ne fait pas de doute que la direction d'établissement est la clé de systèmes éducatifs plus efficaces. L'Ecole française a-t-elle vraiment besoin de chefs d'établissements managers ? Ce modèle est-il le plus efficace ?
Il est vrai que l'Ecole française souffre réellement de ses corps intermédiaires. Elle en manque probablement pour améliorer sa gestion. Surtout, les enseignants se sentent souvent seuls, c'est un point qui ressort des enquêtes sur la pénibilité du métier. Les enseignants doivent trouver seuls les réponses à toutes leurs difficultés. Cette situation a bien sur un coût humain important. Elle illustre aussi les ambitions de pilotage…
Depuis plusieurs années, les rapports se sont accumulés qui appellent à faire des directeurs et chefs d'établissements de véritables managers. Ainsi, le rapport du HCE analyse la crise de l'école élémentaire comme celle des directions. " Le titulaire de la fonction n’a pas l’autorité nécessaire pour assurer pleinement la direction de son école... le débat sur la fonction de directeur d’école primaire, dotée de compétences explicites, ne devrait plus être éludé".
Il y a deux ans, le rapport des inspecteurs généraux J.F. Cuisinier et T. Berthé, allait dans le même sens. "Demain plus encore qu'aujourd'hui, un responsable d'EPLE devra être capable d'impulser les choix pédagogiques de l'établissement, d'assurer une gestion financière affinée, pour se dégager des marges de manoeuvre dans le cadre de la LOLF, de négocier des conventions locales équilibrées, voire avantageuses avec la collectivité territoriale de rattachement, d'animer des équipes dépendant de plusieurs employeurs". Pour eux les inégalités de résultats entre établissements relèveraient d'abord de pilotages de qualité différente.
Pourtant l'efficacité du chef d'établissement manager reste à démontrer. Les recherches de F. Dubet, O. Cousin ou encore A. Grisay et A. Sacré, dans les années 1980, n'ont pas réussi à mettre en évidence un "effet chef d'établissement". Aujourd'hui on sent bien dans les propos du HCE, ou ceux de l'Inspection, que le modèle sous-jacent est celui du chef d'établissement privé. Le succès de ces établissements est souvent associé au fait qu'ils disposent de chefs d'établissement qui ont des pouvoirs bien plus larges que leurs homologues du Public. Or ce que montre la thèse récente de M. Hassani, c'est qu'ils se distinguent de leurs collègues par un niveau d'intervention dans la vie de l'établissement beaucoup plus bas. Pour M. Hassani, bien loin d'être les patrons omniprésents que l'on imagine parfois, ils appartiennent majoritairement au modèle "individuel laissez-faire" c'est à dire qu'ils interviennent pédagogiquement très peu dans leur établissement.
En apparence, rien ne justifie l'intérêt pour la mise en place de managers. Or le rapport de l'OCDE est pourtant fort intéressant en ce qu'il éclaire ce que pourrait être un autre management. Appuyé sur des travaux anglo-saxons (Scheerens and Bosker, Teddlie and Reynolds, Townsend), il montre que l'effet de direction est forcément indirect sur les résultats des élèves. Ce qu'arrive à faire un bon management c'est à faire le lien entre les décisions de pilotage nationales et les enseignants, entre l'école et son environnement, à motiver et accompagner l'équipe enseignante.
Ce n'est donc pas le renforcement du bureaucratisme que demande le rapport de l'OCDE. Il milite plutôt pour le partage des tâches directoriales, la notion d'équipe directoriale et la mise en réseau de ces équipes. Des thèmes que Dubet et Cousin avaient mis en avant en insistant sur l'importance de la mobilisation des enseignants et d'équipes pédagogiques soudées et communicantes. Est-on si éloigné que cela du modèle tant décrié du directeur d'école français ?
Rapport Cuisinier Berthé
Etude de M. Hassani
La formation des directions
Revenir au sommaire
La semaine de 4 jours, une très mauvaise organisation des rythmes scolaires
Pour Antoine Prost, si les 840 heures d’enseignement désormais dispensées à l’école primaire correspondent bien à une moyenne européenne, le nombre de jours d’enseignement, 140, est bien inférieur à la moyenne. Comme dans tous les apprentissages la variable temps est incompressible, on perd en efficacité avec des journées trop longues.
Réunis au CRAP, Antoine Prost, historien de l’éducation, et Hubert Montagner, directeur à l’INSERM, analysent les nouveaux rythmes scolaires. Pour eux, la semaine de 4 jours est une très mauvaise formule pour les apprentissages des élèves les plus en difficulté.
Lisez le reportage de F. Solliec
Sur le Café, H. Montagner
Ferry diagnostique la fin des RASED
Sur Europe 1, l'ancien ministre de l'éducation nationale diagnostique en expert la fin des Rased, ces dispositifs d'aide aux écoliers. Pour L. Ferry, le passage de 26 à 24 heures au primaire avec les 2 heures de soutien va perlettre de récupérer les 8 000 emplois des Rased.
Sur Europe 1
Les heures supplémentaires augmentées
Point crucial du budget ministériel, puisque 3 500 emplois ont été transformées en heures supplémentaires, celles-ci doivent devenir plus séduisantes. Le ministère annonce un relèvement fort tactique de ces taux. La première HSA (heure supplémentaire annuelle) est augmentée de 35 € pour un certifié (à 1274 € pour une classe normale), 50 pour un agrégé (à 1822 €). Les HSA suivantes passent à 1062 € par an pour un certifié (1519 pour un agrégé). On sait qu'une prime de 500 € est versée aux enseignants acceptant au moins 3 heures supplémentaires. Le Snes a appelé les professeurs à bouder ces heures supplémentaires.
Le Snes et les heures sup
La rentrée en Alsace : bio et DIMA
A coté des habituels travaux d'entretien et modernisation des lycées, la rentrée alsacienne est marquée par deux particularités : un réel effort pour le développement durable et une attirance spécifique vers un dispositif controversé :le DIMA.
L'Alsace connaît elle aussi une charte pour la restauration scolaire bio. 26 lycées, représentant 40% des repas servis, se sont engagés à servir des légumes bio. Cela ne représente que 5% des denrées consommées et le surcoût est facilement couvert. Région boisée, l'Alsace développe un plan d'équipement en chaufferies bois. 6 lycées sont équipés et la région engage des "contrats de performances énergétiques".
Cet effort ne se retrouve pas sur le plan social. L'Alsace avait été la seule région à mettre en place l'apprentissage junior, créé par Robien et supprimé par Darcos. L'apprentissage junior sortait des jeunes de 14 ans du système scolaire ordinaires en les intégrant dans une formation largement tournée vers l'alternance, rendant impossible l'acquisition du socle commun. 218 jeunes avaient été inscrits dans cette filière ségrégative. Le conseil régional juge le bilan positif : sur 218 jeunes inscrits, les deux tiers ont signé un contrat d'apprentissage. 9% poursuivent des études en lycée professionnel. La région a décidé de maintenir 300 places pour le nouveau dispositif DIMA qui garde les grandes lignes de l'apprentissage junior , la date d'entrée étant relevée à 15 ans.
Sur le Café, le DIMA
Sur le Café, l'apprentissage junior
Petite manif de rentrée à Nantes
Selon l'AFP, 400 manifestants ont défilé à Nantes à l'appel de la FSU contre les mesures Darcos.