L'Expresso du 10 Octobre 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Lycée : Le Snes quitte la négociation

ÉDITORIAL

Réforme du lycée : la panne ?

LE SYSTEME

C. Forestier : oui au lycée modulaire l Le Snes critique les futurs concours l Rased : Démarche intersyndicale l Administratifs : Accord salarial avec l'Unsa l Un proviseur en examen pour détention de photos.

L’ÉLÈVE

Des parents inquiets selon la Peep l CapBrevet

LA CLASSE

Mon école c'est le paradis

LA RECHERCHE

Le travail enseignant en RAR

LES DISCIPLINES

L'EDD et la réforme de l'éducation nationale l Journée franco-allemande du 22 janvier l Darcos : "Repenser l'enseignement des sciences" l Physique chimie : évaluation des capacités expérimentales l Jean-Marie Gustave Le Clézio prix Nobel de Littérature l S.E.S. : Millième signature de l'appel d'A. Beitone

 

 

Le fait du jour

 

Lycée : Le Snes quitte la négociation

Le Café vous le prédisait hier. C'est chose faite. Le départ du Snes renforce-t-il ou affaiblit-il le projet ministériel ? "Le SNES quitte ce cadre de discussions dont le seul but semble être de valider une réforme du lycée contraire à l’intérêt des élèves et des personnels". Lors d'une conférence de presse, le 9 octobre, le Snes a annoncé qu'il quittait la négociation sur la réforme du lycée.

 

Le syndicat justifie cette décision en faisant valoir ses exigences : renforcement des horaires, maintien des séries, du bac dans sa forme actuelle, d'une définition de service des enseignants hebdomadaire. Il critique le manque de transparence : "le syndicat ignore les propositions qui seront transmises au ministre". En fait, le 18 septembre le Snes avait déjà failli quitter la négociation. Début octobre il avait fait connaître son rejet des fondements de la réforme et exigé le maintien des classes et des horaires. Le 7 octobre il s'interrogeait publiquement sur son maintien et le 8, le Café prédisait la rupture.

 

Xavier Darcos a "pris acte" du retrait du Snes des négociations et manifesté son intention de "poursuivre les discussions avec les autres organisations". Le ministre avait déjà vu la CGT quitter la négociation.

 

Pour le Sgen Cfdt, "l’annonce du départ du Snes-FSU se veut comme un élément de blocage de la réforme". Le syndicat rappelle que le Snes avait signé les "points de convergence" l'été dernier et que "l’immobilisme n’est plus possible, une réforme est absolument indispensable pour les élèves comme pour les personnels".  Le Sgen-CFDT "entend que les discussions se poursuivent pour une plus grande réussite des élèves mais aussi pour l’amélioration des conditions de travail des personnels qui passe par une autre organisation des enseignements. Il souhaite en particulier que le temps de service des enseignants intègre toutes les nouvelles tâches. Cela suppose également une réduction du nombre d’heures de cours pour les professeurs et un temps inscrit dans le service des personnels destiné au travail en équipe, à la concertation, à l’aide au travail et au suivi des élèves".

 

Interrogée par le Café, Claire Krepper, du Se-Unsa, fait part de sa "consternation". "Nous ne comprenons pas pourquoi le Snes se retire avant même que le ministre rende ses arbitrages. C'est dommage que le syndicat majoritaire quitte la discussion avant qu'elle aboutisse" remarque C. Krepper qui y voir une sorte de désertion. Quant au Se-Unsa, "il ira jusqu'au bout des discussions et après il sera d'accord ou pas avec les  propositions retenues par X. Darcos". Pour le Se-Unsa, "ce que le Snes demandait était partiellement retenu par JP de Gaudemar", par exemple, le maintien de la logique des séries dans l'organisation du cycle terminal. 

 

Le Snes appelle à manifester le 19 octobre. Il retrouvera dans le cortège le Sgen et le Se-Unsa. Un même lit pour deux rêves ?

Le reportage du Café au siège du Snes Fsu

Communiqué du Sgen Cfdt

Le dossier lycée du Café

 

 

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Réforme du lycée : la panne ?

Le départ du syndicat majoritaire, le Snes, de la table des négociations est-il susceptible de stopper la réforme du lycée ?

 

Poser cette question c'est interroger l'opportunité de la réforme. Celle-ci est-elle souhaitable ? Le gouvernement objectera ses nécessités financières qui ne font que grandir avec le développement quotidien du déficit et deviennent chaque jour une réalité plus inébranlable. Il n'y a aucune chance que l'impératif budgétaire disparaisse.

 

Mais, pour nous, plus que le budget, c'est la panne du lycée qui plaide pour sa réforme. Après des années de développement et de démocratisation, le lycée se heurte à un plafond de verre qui stabilise ses résultats. Depuis 1995 le pourcentage de reçus au bac dans une génération s'est stabilisé. Le lycée apparaît comme une administration en panne depuis presque 14 ans. Or on sait bien que cette panne est venue casser le mouvement de démocratisation. Le lycée général a renoncé à faire réussir les enfants des couches populaires. Sur le terrain de la démocratisation, la réforme est donc également nécessaire.

 

C'est entre ces deux finalités que va se jouer l'influence du départ du Snes. Il peut laisser les mains libres pour faire une simple réforme budgétaire en évitant l'adversaire sur les autres terrains. Il peut également amener un véritable débat sur le lycée avec comme question centrale celle de la démocratisation.  

 

 

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C. Forestier : oui au lycée modulaire

"Si l'on doit regarder avec un peu de recul ce qui s'est passé dans l'enseignement français… nous avons eu une capacité assez forte à changer les structures à différents moments de notre histoire. Nous avons en revanche été beaucoup moins performants dans le changement des modes d'enseignement… Je dis que ce que nous avons le plus de mal à faire bouger c'est le rapport du maître à l'élève. Il y a là des enjeux considérables". Dans Les dossiers de l'enseignant, le mensuel du Se-Unsa, Christian Forestier, membre du HCE, analyse la réforme du lycée.

 

Il plaide pour davantage de bacheliers généraux afin d'augmenter les qualifications. "Si nous avons des difficultés dans le supérieur c'est probablement que nous avons un taux de bacheliers généraux qui est insuffisant… Un lycée rénové doit défendre deux objectifs : un diplôme qualifiant pour tous et plus de diplômes d'enseignement secondaire préparant aux études longues… De ce point de vue l'organisation modulaire, en permettant une plus grande souplesse,… va clairement dans le bon sens".

 

C. Forestier rappelle que seulement un jeune sur deux commence des études supérieures. "A l'arrivée c'est 20+20+10". 20% obtiennent un diplôme supérieur long, 20% un diplôme court (BTS DUT), 10% rien.

Article dans le dossier l'enseignant

Dans le Café entretien avec C Forestier

 

Le Snes critique les futurs concours

Le ministère devrait présenter le 13 octobre la maquette des nouveaux concours. Le Snes réagit au projet en critiquant l'épreuve de connaissances du système éducatif "trop technique" et en demandant une épreuve disciplinaire exigeante." Le SNES et le SNEP ont également rappelé leur exigence de maintenir des épreuves à caractère disciplinaire permettant de s’assurer que les candidats aux concours possèdent les connaissances de haut niveau leur permettant de transmettre les contenus disciplinaires nécessaires pour enseigner". Le 4 octobre le Snes participait aux Etats généraux de la formation des enseignants qui craignaient plutôt le manque de formation professionnelle…

Communiqué Snes

Sur le Café le dossier formation

 

Rased : Démarche intersyndicale

"Alors même que vous prétendez faire de la lutte contre l'échec scolaire une priorité, cette décision brutale est pour le moins incompréhensible". Le Snuipp, le Sgen et le Se-Unsa ont écrit à Xavier Darcos le 8 octobre pour demander la levée de la suppression de 3 000 postes de maîtres spécialisés des Rased au budget 2009. Le Snuipp demande aux conseils d'école de voter une motion condamnant cette mesure.

Modèle de délibération

 

Administratifs : Accord salarial avec l'Unsa

Le 9 octobre, Xavier Darcos et le syndicat Administration et intendance Unsa ont signé un accord salarial qui prévoit l'intégration d'un nouveau système de primes. En échange de cet effort financier, des postes administratifs seront supprimés : 500 en 2009, 600 en 2010 et 2011.

L'accord

 

Un proviseur en examen pour détention de photos

Selon l'AFP, le proviseur du lycée catholique Grandchamp de Versailles (78) a été mis en examen pour détention de photographies pédopornographiques et atteinte à l'intimité de la vie privée. Il a été placé sous contrôle judiciaire.

Dépêche AFP

Sur le Café, C Lelièvre les profs et la sexualité

 

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