L'UNSA veut une nouvelle formation pour les enseignants 

Par François Jarraud


Tirant le bilan de l'échec de la formation des enseignants mise en oeuvre dans le cadre de la masterisation, les syndicats de l'UNSA Education (Se-Unsa, SIEN, SNPDEN, Sur Recherche etc.) et la fédération Unsa Education ont présenté le 3 février un projet de formation des enseignants qui permette de concilier le master et une formation professionnalisante dont la nécessité est apparue évidente même à l'Elysée.


Pour l'Unsa, le système actuel de formation des enseignants, la masterisation, est en échec et celui-ci génère souffrances et dysfonctionnements dans le système éducatif à un point tel qu'il est urgent de la "rebâtir". En même temps, Patrick Gonthier, secrétaire général de l'Unsa Education, a insisté sur la volonté de son syndicat de faire des propositions réalistes, tenant compte de la situation actuelle et ouvertes au débat.


Un système qui épuise. Le bilan de la masterisation c'est "la maltraitance institutionnelle des stagiaires", estime Luc Bentz, secrétaire national Unsa Education.  Les conditions dans lesquelles ils entrent dans le métier sont "indignes" et épuisantes. Après une année de M2 vécue comme "un saut de mouton" d'obstacles, l'année de stage épuise les stagiaires. Christian Chevalier, secrétaire général du Se-Unsa, a dévoilé les résultats d'un sondage réalisé apurès des stagiaires et de leurs formateurs qui est éclairant : 8% des stagiaires veulent quitter le métier, ce qui représente environ 1200 personnes, une catastrophe en perspective pour le système éducatif. Du coté des formateurs, qui dans le primaire ont un statut de maîtres formateurs, un tiers veut quitter la formation ! Pour Patrick Roumagnac, secrétaire général du SIEN Unsa (un syndicat d'inspecteurs), le système se survit grâce à un surinvestissement de tous les acteurs, du stagiaires à l'inspecteur. Cette situation explique la crise du recrutement. Selon les disciplines, seulement 50 à 70% des inscrits  se sont présentés aux concours cette année. C'est pire pour la session suivante : les inscriptions en master ne représentent que 55% du volume habituel.


Les propositions de l'Unsa Education. Soumises à discussion sur un blog spécial ouvert ce jour par l'Unsa, elles organisent une formation des enseignants étalée de l'année de licence (L3) à la formation continuée. L'Unsa demande une cohérence nationale dans la formation des enseignants , appuyée sur un cahier des charges et surtout une définition des concours prenant en compte la professionnalisation. L'Unsa attend de l'architecture du concours qu'elle influe sur la formation donnée en master.


Pour l'Unsa, l'admissibilité aurait lieu en fin de M1 ce qui permettrait un calibrage du M2 et une réorientation des candidats ayant échoué dans un autre M2. L'admission serait donnée en fin de M2. L'année de M1 pourrait être surtout disciplinaire et celle de M2 rééquilibrée entre formation professionnalisante et disciplinaire. L'entrée dans le métier se ferait par deux années de transition, la première étant une année de stage avec de larges décharges horaires permettant d'accompagner le jeune professeur. L'agrégation aurait lieu après une année de préparation post master et les titulaires de l'agrégation enseigneraient en lycée et post-bac.


Pour l'Unsa, ces propositions sont à même de tirer parti de l'existant et de mettre fin à une formation qui alimente la peur dans tout le système éducatif.


Liens :

Le blog Unsa

http://formerdesenseignants.wordpress.com/

A Boissinot : "La professionnalisation c'est ambigu"

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2011/01/[...]

Dossier Formation des enseignants

http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/Reforme[...]

Rapport sur les stagiaires

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lesysteme/Pages[...]



Par fjarraud , le vendredi 04 février 2011.

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