La FSU veut un autre avenir pour la jeunesse 

 

 

Par Françoise Solliec

 

Alors qu’elle devait être reçue par le ministre dans l’après-midi, la FSU organisait une conférence de presse le 22 septembre pour présenter la réflexion de la fédération sur les conditions de la rentrée et, bien au-delà, sur l’organisation d’un débat de société qui lui paraît profondément nécessaire, afin d’assurer la réussite de tous les jeunes.

 

Entourée par une douzaine de responsables représentant les différents syndicats de la fédération, la secrétaire générale de la FSU, Bernadette Groison, a insisté sur la richesse que représente pour la France la fonction publique, dans un contexte économique de fragilisation de la population, impactant surtout les jeunes. Aujourd’hui, dit-elle, « la fonction publique est considérée comme un obstacle par le gouvernement » et « les fonctionnaires se sentent empêchés d’exercer leurs missions ». Il faut qu’ait lieu un débat de société  sur le rôle de l’Etat dans les mois à venir.

 

Pour la FSU, la rentrée s’est déroulée sans surprises : sureffectifs dus aux suppressions de postes, mécontentement devant les réformes, baisse de la démocratisation, soulignée par la récente étude de l’OCDE. « On est aujourd’hui dans un système à plusieurs vitesses ». Dans cette situation, la FSU affirme se positionner avec « conviction et détermination » : il y a un choix de société à faire, qui assure la réussite de tous les jeunes, en leur offrant une scolarité complète jusqu’à la qualification.

 

Dans la rencontre avec Luc Chatel la FSU attend des réponses à de nombreuses questions : formes et calendrier de travail sur l’évaluation, la formation des maîtres, le bilan de compétences, la scolarisation ne maternelle, etc. Elle entend aussi demander que soit ouvert un dialogue social actuellement inexistant qui conduit à une politique menée contre les personnels et à une dégradation jugée inacceptable des conditions de travail.

 

La rentrée est pour les personnels objet de colère, de mécontentement et d’inquiétude, déclare Bernadette Groison, mais c’est aussi le souhait de travailler à un nouveau projet éducatif. On ne peut laisser les jeunes seuls face à leur destin scolaire, leur réussite est une responsabilité collective. C’est dans cet esprit que la journée du 27 septembre a été organisée, avec les parents et les jeunes, afin de revendiquer la réussite de tous les jeunes. Cette journée semble faire l’objet d’une mobilisation assez forte (voir les informations sur le site de la fédération).

Le lendemain, un colloque sur l’éducation démarrera la réflexion sur l’avenir du système éducatif et inaugurera les discussions avec les partis politiques.

 

Pour Sébastien Sirh du Snuipp, cette journée sera aussi l’occasion de tirer la sonnette d’alarme. Les suppressions de postes rendent critiques les effectifs dans les classes et les possibilités de remplacement.

Roland Hubert, du Snes, pense que les enseignants souhaitent s’exprimer dans cette journée. Ils veulent entrer dans le débat et être écoutés.

Au lycée professionnel, hors de l’augmentation mécanique des bacheliers (bac en 4 ans et en 3 ans), les constats du SNUEP sont plutôt pessimistes. Le taux d’abandon ne diminue pas et la certification BEP est loin d’être obtenue par tous. « Ce sont toujours les mêmes qi sont rejetés du système éducatif ».

Dans l’enseignement agricole, affirme le SNETAP, les diminutions de moyens entraînent la réduction des places offertes et de nombreux candidats sont obligés de se tourner vers les établissements privés, avec le risque d’être davantage confronté à une profession dans laquelle domine un modèle productiviste déjà ancien.

C’est à l’école de contribuer à corriger les inégalités, déclare Bernadette Groison, la FSU n’opposera pas la qualité à la quantité. « Il nous faut penser l’école pour les élèves d’aujourd’hui » conclut Sébastien Sihr.

 

 

 

Sur le site du Café
Par fsolliec , le jeudi 22 septembre 2011.

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