Sarkozy : La même politique éducative après 2012 

Par François Jarraud

 

Ceux qui attendaient des idées nouvelles à l'occasion des voeux du président Sarkozy au monde de l'éducation et de la recherche en sont pour leurs frais. Présenté à l'occasion des voeux au monde de l'éducation et de la recherche, le programme du futur candidat ne fait que prolonger l'action gouvernementale : baisse de moyens, réforme de l'évaluation des enseignants, développement de filières de relégation pour les jeunes en difficulté, réforme de l'enseignement professionnel. Les seules nouveautés consistent en l'annonce d'une réforme du collège, une remise en question plus décomplexée du principe d'égalité d'accès à l'éducation et la refonte du statut des enseignants. Le cap fixé il y a 5 ans reste d'actualité.


Pour le futur candidat, le discours ne pouvait éviter le bilan du quinquennat. Nicolas Sarkozy a dressé un bilan très positif de l'action de son gouvernement. Ainsi, grâce à elle, les résultats des écoliers se sont formidablement améliorés. "Le nombre d'élèves de CE1 ayant des acquis solides a progressé de 16% en français, de 11% en maths" a affirmé le chef de l'Etat, se basant sans doute sur les évaluations nationales dont les résultats sont pourtant fort contestés. Selon cette évaluation, le taux d'élèves ayant des acquis solides et très solides en français est passé de 72% à 79% depuis 2009. N Sarkozy a aussi vanté le million d'élèves suivant l'accompagnement éducatif, un dispositif pour le moment pas évalué sérieusement.


Mais l'essentiel du discours a été réservé au programme du candidat. Un programme qu'il faudra faire sans moyens supplémentaires. "Si la question c'est uniquement la hausse du budget, nous devrions avoir les enseignants les plus heureux du monde", a affirmé N Sarkozy. Il demande de "faire  mieux avec les mêmes moyens". Au passage il critique la proposition de F. Hollande. "La paupérisation est un problème immense pour la société française. Il faut continuer à réévaluer la condition enseignante", a déclaré le président. Avant d'ajouter : "Mais si on augmente le nombre d'enseignants, est-ce que vous croyez que la société française aura les moyens de faire l'augmentation du nombre d'enseignants et la revalorisation ? "


Un point très important concerne le collège. Le chef de l'Etat a annoncé la fin du collège unique, car "le collège unique n'arrive pas à prendre en compte la complexité des élèves". Il invite à "recentrer la 6ème et la 5ème sur les fondamentaux (français et maths probablement) et à assurer "la diversité des parcours en 4ème et 3ème. Il n'est pas normal que le collège ne prépare pas à la voie professionnelle". C'est une allusion claire au développement de filières de pré- apprentissage, du type des actuels DIMA.


Le lycée professionnel serait aussi fortement réformé. N Sarkozy a repris l'idée de faire en alternance la dernière année de CAP et de bac pro. "S'il y a plus de chômage en France qu'en Allemagne c'est qu'il y a moins d'alternance" a -t-il dit. Les lycées professionnels vont déjà perdre du fait de la réforme du bac pro 38 000 élèves en 2012. Le passage à l'alternance accélérerait leur déclin.


La réforme du métier enseignant est l'autre point important. "Ce dont souffrent les enseignants c'est le décalage entre ce que la société demande et la réalité des élèves", affirme le président. "Ca va impliquer d'accepter de nouvelles manières de travailler, d'être davantage présent dans les établissements en contrepartie d'avoir une rémunération augmentée". "Je tiens au projet de réforme de l'appréciation des enseignants car c'est un pas vers cette nouvelle conception des professeurs" ajoute N Sarkozy.  Il se déclare pour l'évaluation des enseignants par les chefs d'établissement "à condition que les compétences disciplinaires soient évaluées par les inspecteurs". La formule est compatible avec le projet de décret qui prévoit d'associer les inspecteurs à la grille d'auto évaluation de l'enseignant.


Quelle cohérence ? Si bien des points du discours sont critiquables, le discours de N Sarkozy montre une grande cohérence avec l'action entreprise ces 5 dernières années. La même vision libérale de l'Ecole est réaffirmée. Celle d'une école qui sélectionne et élimine tôt au nom de l'égalité des chances. "On a confondu égalitarisme et égalité des chances" affirme N Sarkozy. C'est aussi un mode de gestion où l'autonomie des établissements permet leur mise en concurrence, un pilotage par des tests d'évaluation et un contrôle étroit des enseignants. N. Sarkozy ne peut ignorer que c'est là qu'il rencontrera la plus forte résistance à son projet. Plus qu'une nouvelle manière de travailler c'est une dégradation et une transformation profonde du métier enseignant qu'il souhaite opérer. Le paradoxe c'est que cette perspective tienne lieu de "voeux" au monde de l'éducation.


F Jarraud


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Par fjarraud , le vendredi 06 janvier 2012.
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