Le Printemps des poètes et des élèves ? 

Une sélection de Jean-Michel Le Baut


En guise de prolongement au dossier consacré par le Café pédagogique au Printemps des poètes 2012, pour illustrer le pouvoir de l’école à éveiller à la poésie par l’écriture et la réécriture, voici une courte et arbitraire sélection de textes composés par des collégiens et des lycéens, puis publiés sur internet. Ce florilège doit être perçu comme une juste reconnaissance de la créativité des élèves, que l’école parfois bride. Il doit être aussi perçu comme un hommage aux enseignants qui, discrètement présents derrière ces différents poèmes, ont eu l’audace de mettre en place des projets innovants ou des ateliers d’écriture pour que leurs élèves à leur tour aient l’audace d’entrer en poésie.


Poème de Martha

De ton

lit de belle tu m'humules

ce poème


Poème de Sarah

Les lignes pleurent

goutte à goutte  

un bain de jouvence

dans un lit de mots.


Poème d’un collégien anonyme

Recette de miracle :

  Pour un miracle de vie, mettez de l'eau, du savon bleu et de l'intelligence.

  Vivez une aventure avec sincérité et poissons frits, puis ajoutez une bicyclette dans l'escalier des nuages.

  Ne mettez pas de pourquoi, pourquoi pas ? Car ça tourmente l'honneur du bonheur.

  Soyez carré, logique, ne faites pas confiance au hasard puis jouez à pile ou face.

  Ensuite ajoutez de la monnaie et une dose de mépris, ainsi que du gibier très bien tué, avec amour.

  Mettez une boule d'eau et prenez un bol d’air, versez des yeux sans orbites et des orbites sans yeux.


Poème de Marianne

Souffle

Foudres sombres de l'océan

Colères souterraines - soulèvent les foules d'écume,

fracassent les fiers navires,

filent vers les cieux.

Encre noire incontrôlable, puissance implacable

Tourbillonne -

Tempête terrestre

Oh ! La cascade d'obsidiennes aux éclats d'argent !

- emporte au loin le souffle sombre des mornes habitudes.


Poème de Benjamin

L'enfant

il invente des romans aux cimes des arbres

il danse

il embrasse Morphée qui le berce

et l'enlace

la candeur soigne les cœurs

diversement perdus

des deux côtés du monde


Poème d’Antoine

Il y a le paysage qui se défile

Il y a ce souffle qui  coupe les mots

Il y a ces marmots qui crient, rient, crient

Il y a ce cri muet du fond de moi

Il y a ce bonheur d’être avec toi

Il y a cette route, longue, dure, si belle

Il y a ton essence, partout

Il y a cette terrasse, complice muette

Il y a ma joie que tu entends

Que tu reprends quand il est temps

Il y a cette odeur, musc sapin chauffé fumé

Il y a cette plage que je n’ai pas vue

Il y a ces nuits chaudes comme ton souffle sur ma nuque

Suaves comme ton goût sur mes lèves

Il y a les pieds rieurs, noirs de bonheur poussiéreux

Il y a les yeux, tes yeux clos qui me suivent

Il y a ce vieil homme au cigare je l’envie et le plains

Il y a mes contes dans ma poche

Il y avait.

Je reviendrai, tu seras là, à attendre.


Poème de Fabien

A la ligne

A la ligne

A la ligne

A la ligne

A la ligne

A la ligne

A la ligne

A la ligne

A la ligne

A la ligne

A la ligne

A la ligne

A la ligne

A la ligne

A la ligne

A la ligne

A la ligne

A la ligne



Poème de Margaux

La mer est calme, calmement la mer, la mère pensive, pense la mère, le regard vide, vide, vide dans la mer, elle cherche, elle recherche, une vie, une vie meilleure ? La mer est calme.


Poème de Sandrine, Déborah et Coralie

Un grand zeste de zéphyr zézaye

Sur Mélusine musarde qui muse

Mazette ! Devant un zèbre zinzolin.


Poème de Florine

 Donnez-moi une enfance avec vue sur...      la mer

                                                                       l'Afrique

                                                                       la lune

                                                                       l'amour

                                                                        l'avenir

                                                                       l'arithmétique

                                                                       l'abîme

                                                                        l'après-midi

                                                                       l'astrolabe

                                                                        la neige

                                                                                     ...

Et puis quoi encore ?


Poème de Jean

NON AU POEME !

O toi feuille blanche

Tu ne te noirciras

Je suis motivé comme une planche

Je ne t ‘aimerai pas


Tes lignes droites et bleues

Ne te serviront pas

Tu ne me rendras pas amoureux

Je ne t’aimerai pas


Comment veux-tu donc que je fasse ?

Sans encre, je suis dans la mélasse

Je ne t’écrirai pas.


Ni le beau bataillon, ni le fameux corsaire,

Ne serviront à mon inspiration ! Voilà !

Je ne t’écrirai pas !


Poème de Jules

Je pardonne ceux qui croient

tout savoir, tout deviner

alors qu'ils ne savent rien.

 

Car les seuls poèmes que je peux offrir c'est des bouquets de nerfs.

Et des mots qui aboient.


Twitt’haïku de Julien

Que ce vent glacé

Bouscule mes vérités :

Je serai poète.



Recueillis par Jean-Michel Le Baut


Sources  :

http://www.i-voix.net

http://voix-iroise.over-blog

http://voix-elorn.over-blog.com/categorie-1[...]

http://prixdourdanpoche.over-blog.fr/article-poemes[...]

http://nuticiel.ac-corse.fr/ClemenceauSarte/index.ph[...]

http://www2.ac-lyon.fr/etab/colleges/col-42/jromain[...]

http://www.stephilo.fr/poeme/poeme1.htm

http://www.cosmopolis-educ.com/categorie-10[...]

http://www.weblettres.net/blogs/?w=DuslamchezMa

http://www.commun.brestecoles.net/voixdaujourdhui/



Par fjarraud , le vendredi 09 mars 2012.

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