L'Ecole et les enjeux internationaux au colloque de l'AFAE 

"Qu’il s’agisse de la construction européenne, de l’impact des grandes enquêtes internationales de type PISA, de la circulation au-delà des frontières d’idées relatives à l’éducation – mais qui sont parfois originaires d’autres horizons politiques ou économiques – ou même des compétences nécessaires à nos élèves face à un marché du travail fortement internationalisé, des questions liées à des perspectives internationales font de plus en plus souvent irruption au coeur de nos pratiques professionnelles", écrit l'AFAE. L'Association française des administrateurs de l'éducation (AFAE) organise du 16 au 18 mars, à Strasbourg, un colloque sur "les enjeux internationaux pour les professionnels de l'éducation" dont le Café pédagogique est partenaire. Alain Bouvier, président de l'AFAE en éclaire les points forts et les enjeux.


L'objectif affiché du colloque c'est de susciter l'étonnement des membres de l'AFAE. Peut-on encore "étonner" des administrateurs de l'éducation nationale ?


J'espère que oui ! L'idée que les administrateurs se complairaient dans une vision injonctive, hiérarchique et descendante est à écarter. Le mot "étonnement" a été apporté par Roger-François Gauthier qui a lancé l'idée de "rapports d'étonnement" sur l'éducation dans le monde qui intéressent beaucoup les membres de l'AFAE.


Comment définiriez-vous l'AFAE dans le paysage éducatif français ?


C'est une sorte de thinktank sur l'éducation. Une association intercatégorielle, non conformiste qui est ni inféodée au ministère, ni  en opposition avec lui. On cherche à contribuer à l'évolution du système éducatif en propageant des idées nouvelles sur des sujets qui deviendront d'actualité. Quand on regarde les numéros de notre revue, on voit que nous avons 18 à 36 mois sur les thèmes abordés. Cela vient à la fois de la diversité de positionnement de nos membres et du fait que nous n'avons pas envie de débattre de ce qui se passe sur le terrain. Nous préférons la prospective. On débat en libre parole en cherchant a donner des idées. Finalement ça nous réussit. Le colloque réunira de 250 à 300 personnes à Strasbourg.


Les évaluations internationales comme PISA sont entrées dans les discours sur l'Ecole. Pour autant peut-on dire qu'ils ont une influence ?


Pendant des années on a refusé de prendre en compte ces évaluations. On les a ignoré. Tout ce qui venait de l'étranger était considéré comme moins intéressant que ce sui se faisait en France. Il y a eu une vraie dénégation de l'intérêt de ces travaux. Ensuite on a commencé à se rendre compte que les pays qui utilisaient ces enquêtes en tiraient des bénéfices. Aujourd'hui tous les chercheurs les utilisent.


Comment les politiques les utilisent-elles ?


Dans tous les pays les politiques fonctionnent comme des politiques. Ils choisissent les données qui sont favorables à leur message et ne tiennent pas compte de ce qui est défavorable.


Que peut-on apprendre de ces études ?


Peut-on apprendre d'un pays en ne regardant que ce qui se passe dans ce pays ? Non ! On ne peut apprendre que dans l'interaction.


Le colloque est organisé entre conférences et ateliers. Quelle place accordez-vous à ces derniers ?


Ce sont des temps précieux d'échange et d'expression entre les participants au colloque. Dans chaque atelier thématique il y a deux ou trois personnes ressources qui donnent un apport . Ensuite un animateur organise les échanges pour que l'atelier fasse émerger deux ou trois nouvelles questions. Elles sont ensuite soumises à un grand témoin. Jean-Marie De Ketele jouera ce rôle.


Quelle suite pensez-vous donner à ce colloque ?


Il alimentera un numéro de notre revue. Ce ne seront pas vraiment des actes mais une réflexion appuyée par de nouvelles contributions sur le thème du congrès.


Présent à Strasbourg, le Café pédagogique rendra compte de cet événement.


Le programme

http://www.afae.fr/IMG/pdf/depliant_colloque_2012_-_V13-3.pdf



Par fjarraud , le vendredi 09 mars 2012.

Partenaires

Nos annonces