A Issy-les-Moulineaux, une enquête éclaire les non-dits et les ambiguïtés d'une réforme des rythmes scolaires 

 

 

 

Par François Jarraud

 

A Issy-les-Moulineaux, une enquête éclaire les non-dits et les ambiguïtés d'une réforme des rythmes scolaires

 

L'enquête sur les rythmes scolaires réalisée par Georges Fotinos auprès des parents, des enseignants, des médecins et d'un panel citoyen d'Issy-les-Moulineaux (92) éclaire les difficultés de leur réforme. Si une large majorité se fait sur le principe du bien être des enfants, sa déclinaison concrète est nettement plus délicate. Membre de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires, Georges Fotinos est l'auteur de plusieurs rapports sur la qualité de vie dans le système éducatif.

 

Réalisée entre novembre 2011 et mai 2012 à la demande du maire, André Santini, elle apporte un éclairage nouveau et très complet sur la question compliquée des rythmes scolaires. 

 

En effet, G. Fotinos, grâce au soutien de la municipalité, a pu enquêté auprès de 1289 parents d'élèves des écoles primaires de la ville, soit 35% des parents, et 159 enseignants, soit 71%. A ces deux enquêtes se sont ajoutées un questionnaire rempli  par la moitié des médecins et un sondage auprès des habitants.

 

Quelles questions font consensus ? Il y a un accord massif de ces 4 catégories de population pour dire que le temps d'enseignement doit être adapté à l'âge, que l'attention des enfants est variable selon les heures et les jours, que la pause de midi ne peut être inférieure à 90 minutes et que le temps de sommeil de l'enfant est important. Autrement dit, il y a une certaine reconnaissance générale de l'importance des rythmes biologiques de l'enfant.

 

Passé ce constat, la limite apparait bien vite. Il ne faut pas que ces rythmes viennent en contradiction avec les intérêts ou les croyances des catégories. Certes il y a un accord majoritaire sur la limite de 5 heures de cours par jour au primaire, sur 23 heures de cours par semaine. Mais tout le monde est favorable à l'accompagnement éducatif et à passer à 38 semaines de cours par an ... sauf les enseignants. L'étalement de la semaine sur 9 demi journées est minoritaire chez les parents et les enseignants. Parents et médecins sont soucieux du bien être des enfants mais n'entendent pas remettre en cause les devoirs à la maison...

 

"Cette enquête peut servir d'exemple au niveau national", nous a déclaré Georges Fotinos. En effet, la méthodologie utilisée est unique et permet de mettre en évidence els contradictions et les dynamiques entre catégories. Elle illustre aussi le fait que l'accord sur les rythmes scolaires sera délicat à trouver s'il se négocie localement. Nationalement il demandera des sacrifices financiers que l'Etat ne sera peut-être pas en situation de faire.

 

Le rapport

Les annexes

Sur les rythmes scolaires

Dossier sur la qualité de vie au travail dans les lycées et collèges

 

 

 

 

Par fjarraud , le lundi 07 mai 2012.

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