Hollande : Une ère nouvelle pour l'Ecole ? 

 

 

 

Par François Jarraud

 

Si les acteurs de l'Ecole ne peuvent qu'être sensibles à la démarche présidentielle, la situation économique difficile, la dégradation profonde de l'Ecole  enfin les attentes opposées de ses acteurs fait craindre que cet état de grâce ne soit bref.

 

Comment être insensible au geste de ce président dont le premier geste est en faveur de l'Ecole ? Aucun président n'a marqué autant d'intérêt pour l'Ecole. Les propos tenus par F. Hollande, qui mettent en avant les valeurs de l'Ecole, les hissent au-dessus de l'argent vont droit au coeur des enseignants. Plus fort encore, le président semble se rappeler des promesses du candidat. Sans les reprendre toutes, F Hollande a rappelé les 60 000 postes, la réforme de la formation des enseignants, l'enseignement prioritaire.

 

Mais ce qui saute aussi aux yeux ce sont les difficultés de l'entreprise. La réalité de la crise économique réduit les possibilités d'action gouvernementale. L'ancien gouvernement a laissé des bombes un peu partout comme le montre l'épisode des évaluations de CE1 et CM2 qui ne peuvent être supprimées car liées à une prime ou encore les difficultés du recrutement enseignant. Les oppositions syndicales sont sous-jacentes et se lisent dès ce 15 mai en creux dans les discours. Si un "bloc du changement" voit le jour automatiquement se structurera un bloc contraire. Et vice-versa... Les chapelles pédagogiques doublent les clivages syndicaux et l'on voit déjà chacun chercher confirmation de ses idées dans le discours présidentiel.

 

Mais le plus singulier défi est l'appel à la confiance du président. Après un quinquennat qui a beaucoup malmené les enseignants et qui a dégradé leur métier il faudra aider les nombreux enseignants qui se sont recroquevillés dans la classe. Ceux-là pour le moment n'ont que les échos lointains des Tuileries.

 

François Hollande aurait pu honorer Jules Ferry dans un autre lieu que le jardin des Tuileries. Il a son buste par exemple au Sénat, une rue à son nom dans le 11ème sans parler d'innombrables écoles. Mais les Tuileries c'est aussi le palais brûlé en 1871, après le bling bling Napoléon III, par des insurgés exclus de l'Ecole. "L'Ecole ou la guerre civile" reste  une question contemporaine.

 

Un nouveau souffle pour l'Ecole

 

 

 

 

Par fjarraud , le mercredi 16 mai 2012.

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