Par François Jarraud
Ils étaient tous invités, mardi 15 mai, à participer à la cérémonie d'hommage à Jules Ferry par François Hollande. Pour les syndicats, passée l'euphorie de l'instant, c'était le moment de rappeler leurs exigences à court et moyen terme.
Bernadette Groison, secrétaire générale de la Fsu, juge "important que le président de la République juste après son investiture fasse un discours sur l'école". La FSU est "toute entière sur la même longueur d'onde", affirme-t-elle. "On va jouer notre rôle. On fera des propositions mais on sera aussi combattif". Dans l'immédiat, la FSU a des exigences. "Il faut que la rentrée se fasse sous d'autres auspices même si on sait que les marges seront minces. Il faut trouver des solutions d'ici septembre pour dire qu'effectivement on prend en compte les engagements du président. Après il faut mettre en place les chantiers importants : la formation des enseignants, la loi de programmation. Les personnels attendent que s'instaure un climat de confiance".
"Nous avons entendu un vrai discours républicain", nous confie Christian Chevalier, secrétaire général du Se-Unsa. "Le discours salue le travail des enseignants et l'école publique". Pour lui, dès la rentrée il faut agir sur les postes. "Il faut un collectif budgétaire. On a annoncé 1000 postes dans le premier degré. Il faut tout de suite donner des signaux et très vite dans la loi d'orientation fixer le modèle d'école à mettre en place. Il faut donner du sens ce que Sarkozy n'a pas fait". Laurent Escure, secrétaire général de la fédération éducation Unsa, va plus loin. "Il faut changer le logiciel de l'école. L'Unsa est prêt à participer à un bloc majoritaire du changement".
"L'accent mis sur l'éducation est conforme aux promesses de la campagne, mais c'est très plaisant de voir que c'est confirmé", nous a dit Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen Cfdt. Son syndicat a peu d'exigences pour la rentrée. "Elle a été préparée avec un budget qu'on a dénoncé. Aujourd'hui il ne faut pas ajouter la pagaille administrative à la pénurie budgétaire. On essaie de voir si des mesures urgentes pour les Rased et les élèves en difficulté sont possibles. Il faut que l'on commence sérieusement les discussions sur l'école de la République".
Du discours de F. Hollande, le Snalc n'avait retenu que le passage sur le mérite, le travail, la transmission des connaissances. "Le Snalc se dit prêt à participer à la mise en pratique concrète de ce projet".
Dans l'enseignement privé, la Fep Cfdt estime que "l'enseignement privé sous contrat participe aux missions confiées à l'Ecole de la République. Il doit participer à la réduction des inégalités sociales, encourager la mixité sociale".
Il reste au nouveau ministre, qui devrait être connu le 16 mai, à satisfaire "le bloc majoritaire du changement" et les autres.