L'enseignement agricole veut "crever l'abcès" de la précarité 

A la veille d'une rencontre avec le nouveau ministre de l'agriculture, six syndicats de l'enseignement agricole font démarche commune pour obtenir un plan de titularisation des contractuels correspondant aux besoins et sortir des agents de la grande pauvreté liée à des statuts parfois illégaux.

 

"L'indifférence ça suffit". Mardi 22 mai, les syndicats Cgt, Unsa, Fo, Fsu, Cgc-Cftc, Sud du ministère agricole ont présenté leurs revendications sur la titularisation des contractuels. Près d'un agent sur trois du ministère de l'agriculture est un contractuel. Au total le ministère compterait près de 10 000 contractuels que l'on retrouve aussi bien dans l'enseignement agricole, comme professeur ou formateur en CFA, que dans des emplois administratifs dans des établissements d'éducation ou d'autres services du ministère.

 

Ce nombre important de non-titulaire est une caractéristique de l'enseignement agricole. Mais sous cette étiquette, on trouve plusieurs statuts différents. Dans l'enseignement technique agricole par exemple, on trouve des contractuels recrutés par l'Etat (ACEN), environ un millier, et des  agents recrutés directement par les établissements , environ 3 000.

 

Les syndicats dénoncent des emplois illégaux. En principe on ne devrait embaucher de contractuels que sur des emplois à temps partiel qui ne peuvent être affectés à des fonctionnaires. En fait, on a multiplié les emplois contractuels sur des postes correspondant à des emplois permanents à temps plein mais en embauchant les contractuels que sur des temps incomplets (70% en général). Deux postes de secrétaire peuvent être attribués à 3 contractuels à 70% par exemple. Les syndicats donnent en exemple des établissements où ces emplois précaires sont maintenant remplacés par des emplois solidarité encore moins chers...

 

C'est dire qu'à l'insécurité de l'emploi s'ajoute pour ces agents de vraies difficultés financières.  D'autant que ces contrats précaires ont des salaires fixes. Les syndicats parlent de "pauvreté inacceptable" et ils montrent par exemple le bulletin de paye d'une aide-documentaliste travaillant dans le CDI d'un lycée qui gagne environ 700 euros par mois.

 

Or la plupart de ces agents sont menacés de ne jamais être titularisés. Environ 4000 ne rentrent pas dans les critères de la loi de mars 2012 sur la titularisation. Pour d'autres, le ministère n'ouvre pas de postes correspondant à leur emploi. Pour tous le plan de titularisation prévu par le gouvernement précédent prévoyait 550 postes pour 2012. A ce rythme peu d'agents seraient titularisés avant la fin du plan.

 

Les syndicats, qui rencontrent ensemble le ministre le 23 mai, demandent la réouverture de négociations sur la titularisation. Ils demandent la création de 4 500 postes en lieu et place des 550 prévus. Ils rappellent que François Hollande avait manifesté durant la campagne sa solidarité avec les contractuels des GRETA. Stéphane Le Foll est invité à suivre cet exemple.

 François Jarraud 

L'enseignement agricole oublié de la campagne

Par fjarraud , le mercredi 23 mai 2012.

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