Tribune : Jean-Louis Auduc : Masterisation : Il y a urgence 

Pour Jean-Louis Auduc, ancien directeur adjoint d'IUFM, il y a urgence à accélérer la réforme de la formation des enseignants. Il fau réformer la formation des enseignants avant fin juillet 2012. " Si l’on peut parfaitement comprendre que, compte tenu des délais, il n’y ait pas eu de modifications des dates des épreuves d’admissibilité, pourtant unanimement rejetées par l’ensemble des rapports concernant cette  question, il n’en reste pas moins que l’actuelle sévère crise de recrutement implique des dispositions d’urgence"...

La décision du conseil d’Etat va permettre d’engager la refondation de la formation des maitres, une des urgences de l’heure. La décision du Conseil d’Etat du 5 juin , qui symbolise parfaitement le fiasco et le  champ de ruines entrainés par la « mastérisation » ouvre une opportunité pour très rapidement engager la refondation de la formation des maîtres, permettant ainsi  de donner des signes aux étudiants pour relancer l’attractivité du métier enseignant.

La situation actuelle est en effet marquée par une très grave crise de recrutement des métiers enseignants. Alors que la session 2011 des concours de recrutement du second degré ( public et privé) s’était traduite par la non attribution, faute de candidats de plus de 1400 postes, on se dirige au vu du chiffre des admissibles  pour la session 2012 vers une non-attribution de plus de 2000 postes. Il est donc urgent de tout faire pour rendre attractif le métier enseignant, notamment en assurant aux étudiants souhaitant l’exercer une véritable formation.

La réponse à ces défis concerne l’avenir et notamment tout le XXIe siècle. 50% des enseignants en poste actuellement vont partir en retraite entre 2012 et 2018. Il y a là un levier important pour faire évoluer le métier enseignant. Il faut aussi songer au fait qu’ un enseignant débutant en 2012 enseignera jusqu’en 2053 et cette année-là , il enseignera à des gens qui seront  encore au travail en 2100. Echouer à construire une formation initiale et continue efficace, ne pas lui donner les moyens de son efficacité, ce serait donc mettre en cause l’enseignement et l’économie de tout le XXIe siècle.

Il est donc indispensable que dès la rentrée 2012

- soit rétablie une véritable année de stage pour les reçus aux concours de recrutement comprenant une décharge de service pour permettre la mise en place de périodes de formation;

- modifiée les dates et les contenus des concours de recrutement pour les sessions à venir

- mieux articulée la préparation des concours, leur déroulement, le processus de titularisation et l’obtention du master

- prévue la mise en place de pré recrutement pour éviter la ségrégation sociale qui se développe dans l’accès au métier enseignant.   

Il faut reconnaître le fait que si  « enseigner, c’est un métier », cela  passe nécessairement par la mise en place de véritables écoles  supérieures professionnelles pour ce métier… Ces écoles conventionnées avec l’Université  auraient le pilotage de la formation initiale et continue sur la base de véritables cahiers des charges à dimension nationale tournant le dos à ce type de projet d’arrêté.

Avant de définir le contenu de toute formation il faut définir le métier enseignant.

Le métier enseignant s’est transformé parce que les jeunes, les familles, le contexte, l’habitat, les modes d’information ont changé et imposent une formation approfondie dans les dimensions disciplinaires, pédagogiques et professionnelles.

Le métier d’enseignant ne se définit pas en soi mais par rapport aux enjeux sociétaux et aux défis à relever … Le système éducatif français se caractérise, les évaluations PISA l’ont bien montré, par l’existence d’une élite très bien formée, sélectionnée et triée, mais dont, aujourd’hui, la faiblesse du nombre pose des questions par rapport aux besoins de l’économie et 15% des élèves, essentiellement des garçons, qui se retrouvent avec d’énormes difficultés. Pour corriger cette situation et ainsi éviter de laisser trop d’élèves au bord  du chemin, le système éducatif français a besoin de professionnels capables de transmettre et de prendre en compte la diversité des publics, de savoir organiser leur enseignement dans un environnement complexe : la diversité des publics d’élèves, la diversité des modèles éducatifs parentaux, les nouveaux moyens de communication, des devenirs professionnels en pleine évolution. Le métier s’est complexifié, la formation doit donc elle-même évoluer. Etre un enseignant compétent dans une situation de travail en 2012 ne signifie plus la même chose qu’être compétent en 1950 ou 1970. C’est bien là l’objet du débat : de quelles compétences l’école a-t-elle besoin pour jouer son rôle aujourd’hui et dans les années qui viennent ?

Ce qui est important c’est que les étudiants qui souhaitent devenir enseignants aient une claire conscience de ce qu’on attend d’eux, que la société ait clarifiée ses demandes, ses exigences vis-à-vis de l’école.

Quelle feuille de route la société veut-elle donner à l’école et à ses personnels ?

Il est nécessaire d’opérer un double déplacement :

- des  savoirs disciplinaires universitaires vers les savoirs enseignés

- des savoirs enseignés vers la construction de ces savoirs par les élèves.

Bien connaître une discipline ne suffit pas pour que tous les élèves acquièrent des compétences, mais ne pas la connaître peut très vite contribuer à baisser ses exigences vis-à-vis des élèves.

Pour répondre aux défis posés par la formation des enseignants aux réalités d’aujourd’hui, trois principes doivent guider le travail d’appropriation , de réflexion autonome des futurs enseignants qui fera d’eux des professionnels accomplis :

-           considérer que la formation commence seulement,

-           développer un va-et-vient étroit entre expérience et formation ( théorie et pratique doivent être indissociables) ;

-           reconnaître que sont conciliables adaptation aux divers publics et maintien des exigences nationales.

Quels savoirs en formation ?

Des savoirs hétérogènes sont à proposer aux étudiants qui se destinent au métier d’enseignant.

-           les savoirs disciplinaires académiques : savoirs savants correspondant aux découpages disciplinaires de l’université

-           les savoirs disciplinaires scolaires : savoirs à enseigner ; objectifs et contenus d’enseignement, prescription officielle (programmes, évaluation….)

-           les savoirs sur les élèves et leurs apprentissages : caractéristiques sociales, fonctionnement et développement cognitifs ou langagiers des élèves……..

-           les savoirs sur l’institution scolaire et les missions de l’enseignant : réglementation, éthique, valeurs.......

-           les savoirs professionnels : gestes professionnels, les outils et les tâches d’enseignement qu’ils soient spécifiques à un contenu disciplinaire (connaissances didactiques, conception, planification, …),  ou transversaux  (communs à divers contenus ou indépendants des contenus, gestion de la classe, relation, communication, autorité.....)

Il est indispensable qu’existe un espace « sas » entre le métier rêvé et l’exercice réel de ce métier qui se situe dans une perspective de ne pas séparer comme hier et aujourd’hui les savoirs que les élèves doivent s’approprier et la question de l’exercice au quotidien du métier enseignant.

Les concours de recrutement tels qu’ils sont conçus actuellement répondent-ils aux défis posés par l’exercice du métier enseignant ? La réponse apparaît négative face à ce qu’est aujourd’hui la réalité du travail enseignant et les exigences d’une professionnalisation accrue des enseignants.

Les contenus des concours de recrutement doivent cesser d’être tournés vers l’amont, mais s’inscrire dans les exigences nécessaires à l’exercice du métier choisi. Les concours de recrutement doivent mieux être articulés au métier choisi par les étudiants. Les concours de recrutement aujourd’hui encore plus qu’avant pour tous les degrés d’enseignement, continuent pour leurs épreuves écrites, à être exclusivement tournés vers  la formation universitaire reçue, et à ne pas comprendre des épreuves tournées vers l’aval, c’est-à-dire, vers le métier que leurs candidats souhaitent exercer.

Les concours de recrutement d’enseignants doivent répondre à un triple défi :

-           valider la connaissance des différents champs disciplinaires faisant partie des programmes d’enseignement ;

-           déceler les qualités indispensables à l’exercice du métier enseignant

-           commencer à travailler sur les compétences professionnelles nécessaires à l’enseignant

Un calendrier imposé par les urgences mais nécessaire pour engager réellement la refondation

La décision du Conseil d’Etat imposant une réécriture des textes concernant la Formation des Maîtres au 31 juillet 2012 est une opportunité qui s’inscrit parfaitement dans le calendrier nécessaire pour refonder la formation des enseignants.

Toutes les décisions concernant la formation des enseignants doivent être bouclées pour la fin juillet 2012 si l’on souhaite qu’elles soient pleinement  efficientes  pour la session de recrutement 2014 et qu’elles permettent une amélioration sensible dès la rentrée 2013. Tout retard pris risquerait de reculer la mise en œuvre.

En effet en juin-juillet 2012, seront concernés immédiatement par une éventuelle réforme :

1)         Les étudiants en Master 2, ayant passé l’admissibilité en septembre ou novembre 2011 et passant l’admission en juin et juillet 2012. Pour ces étudiants, pas de possibilité de transformation des concours, mais nécessité de prévoir des dispositions transitoires pour leur année de stage 2012-2013 avec les difficultés inhérentes dues à la crise de recrutement dans certaine disciplines comme Lettres, Mathématiques, Anglais…..

2)         Les étudiants en M1 en 2010-2011 , qui vont finir leur M1 en juin 2012 et qui se préparent à passer en septembre et novembre 2012 les épreuves d’admissibilité du concours 2013. Le texte vient de paraître concernant l’inscription aux concours de ces étudiants.

Si l’on peut parfaitement comprendre que, compte tenu des délais, il n’y ait pas eu de modifications des dates des épreuves d’admissibilité, pourtant unanimement rejetées par l’ensemble des rapports concernant cette  question, il n’en reste pas moins que l’actuelle sévère crise de recrutement implique des dispositions d’urgence . La première immédiate doit être d’organiser une grande campagne d’information , différente de la consternante campagne de Luc Chatel de l’année précédente, pour inciter tout ce qui le peuvent, à se présenter à ces concours en leur garantissant une formation professionnelle de qualité lors de leur rentrée dans le métier en septembre 2013.

3)         Les étudiants obtenant la licence ou au niveau Bac+3 en juillet 2012. Ces étudiants forment la cohorte fondamentale pour donner des signes aux étudiants et aux formateurs, engager la refondation de la formation des maîtres et commencer à agir pour une meilleure attractivité du métier d’enseignant.

Il faut réformer maintenant la formation

Publier tous les décrets refondant la formation des maîtres fin juillet 2012 permettrait en effet

-           La mise en place d’un prérecrutement au niveau bac+3 et bac+2 afin de démocratiser l’accès au métier enseignant et de ne plus perdre des candidats pour des raisons financières

-           La publication d’un cahier national des charges de la formation des enseignants à destination des responsables de masters incluant les dates des épreuves qui pour l’admissibilité doivent être en fin de M1, les conditions des stages en responsabilité dans le cadre du M2 et la définition des nouvelles épreuves de concours.

-           La mise au clair pour les étudiants du parcours pour devenir enseignant  avec l’engagement d’une grande campagne d’information pour septembre 2012 pour s’engager dans une formation avec.

•          un écrit d’admissibilité , sans doute en mai  2013

•          un oral d’admission plus professionnelle, plus liée à l’exercice du métier  préparé pendant un an avec des stages, des analyses de pratiques, des aller retour théorie-pratique dans le cadre d’un master professionnel...

-           A la rentrée 2013, la conjonction des admis de la session 2013 et des admissibles de la session 2014 reçus en juillet 2013 et démarrant leur M2 permettrait à titre transitoire de travailler à une amélioration certaine des conditions d d’entrée dans le métier.  

Les objectifs concernant la formation initiale des enseignants sont de

•          Mieux articuler cursus de master sous la responsabilité de l’Université et titularisation sous la responsabilité de l’Etat-employeur

La validation du master doit être différenciée du processus de titularisation, même si leur concomitance peut faciliter des processus de réorientation pour des stagiaires non titularisés.

•          Mettre en place des premiers dispositifs modifiés dès la rentrée 2012 en faisant en sorte que la période transitoire 2012-2013 ne soit pas en contradiction avec les projets définitifs à mettre en œuvre dès la rentrée 2013 concernant les décharges de service l’année de stage

Quelques propositions pour la réforme des épreuves des concours de recrutement

Concours de professeur des écoles :

Epreuves écrites d’admissibilité

Epreuve 1 :

En Français et dans le cadre de la compétence 1(Maîtrise de la langue française) et 5 ( Culture Humaniste)  du socle commun de connaissances et de compétences, des questions sont proposées aux candidats ainsi qu’une étude des apprentissages acquis ou non acquis par les élèves au cours d’une séquence d’enseignement ( plusieurs heures de classe) sera proposée aux candidats à partir de différents devoirs d’élèves.

Epreuve 2 :

En Mathématiques et dans le cadre de la compétence 3 ( Les principaux éléments de mathématiques et la culture scientifique et technologique) du socle commun de connaissances et de compétences, des questions sont proposées aux candidats ainsi qu’une étude des apprentissages acquis ou non acquis par les élèves au cours d’une séquence d’enseignement ( plusieurs heures de classe) sera proposée aux candidats à partir de différents devoirs d’élèves.

Epreuves orales d’admission

Un stage obligatoire en responsabilité d’au moins quatre semaines donnant lieu à une validation  est obligatoire pour passer les épreuves orales d’admission au concours.

Epreuve 1 :

1)         A partir d’un dossier proposé par le jury, construction d’une séquence en classe maternelle ( 10 points)

2)         Après l’interrogation concernant la présentation de la séquence en maternelle, le jury interrogera le candidat sur sa connaissance du système éducatif (4 points)

3)         Epreuve au choix entre EPS, Education musicale, Arts visuels. (6 points)

Epreuve 2 :

1)         A partir d’un dossier proposé par le jury, construction d’une séquence dans une classe de l’école élémentaire ( 14 points)

2)         Interrogation en LV1, notamment sur comment enseigner une langue vivante à l’école élémentaire. (6 points)

Concours du CAPES :

 Epreuves écrites d’admissibilité

Deux démarches devront être validées dans le cadre des épreuves d’admissibilité :

•          Connaissance des contenus de la ou des disciplines concernées

•          Compréhension de ce qui se joue dans le cadre de sa ou ses disciplines concernant le processus d’apprentissage du jeune

Epreuve 1 :

Dans la discipline ou une des disciplines du concours, une question est proposée au candidat à partir des questions à étudier proposées par le jury du concours.    ( Durée : 4 heures )

Epreuve 2 :

A partir des programmes de lycée et de collège de la ou des disciplines concernées et des  compétences du socle commun de connaissances et de compétences, une étude des apprentissages acquis ou non acquis par les élèves au cours d’une séquence d’enseignement ( plusieurs heures de classe) sera proposée aux candidats à partir de notes prises par des élèves et de différents copies d’élèves. ( Durée 4 heures)

Epreuves orales d’admission

Un stage obligatoire en responsabilité d’au moins quatre semaines donnant lieu à une  validation  est obligatoire pour passer les épreuves orales d’admission au concours.

Epreuve 1 :

A partir d’un dossier proposé par le jury dans la ou une des disciplines concernées ( en relation avec le socle commun de connaissances et de compétences), construction d’une séquence dans une classe de Collège.(14 points)

Après l’interrogation concernant la présentation de la séquence en collège, le jury interrogera le candidat sur sa connaissance du système éducatif.(6 points)

Epreuve 2 :

A partir d’un dossier proposé par le jury dans la ou une des disciplines concernées  en relation avec le socle commun de connaissances et de compétences,( lorsque le Capes concerne deux ou plusieurs disciplines comme Histoire-géographie, éducation civique ou Sciences Physiques-Chimie, la discipline concernée par cette épreuve sera celle qui n’a pas été traitée au collège)  , construction d’une séquence dans une classe de lycée.

Pour résumer, la rentrée 2012 doit dans le domaine de la formation des maîtres être la première étape de la refondation.

Cela implique donc

1)         Mise en place d’allocations pour les étudiants rentrant en L3 pour les inciter à devenir enseignant dans les académies déficitaires (PE), dans les disciplines déficitaires (second degré)

2)         Organisation d’un dispositif de formation des stagiaires reçus aux concours de juin-juillet 2012

3)         Mise en place des concours 2013 ( aux dates prévues)pour les étudiants ayant réussi un M1 en juin 2012 avec garantie d’une formation professionnelle conséquente à la rentrée 2013

4)         Redéfinition de nouvelles épreuves plus professionnelles pour les concours destinés  aux étudiants entrant en M1 en septembre 2012.

5)         Mise en place dès 2013 avant la fin du M1 des épreuves d’admissibilité de ces nouveaux concours avec inscription suite à une campagne d’information dès la fin septembre 2012. Cela signifie que l’obtention du M1 ou d’un niveau Bac+4 sera obligatoire pour voir valider son admissibilité et non pour s’inscrire au  concours à l’automne 2012 .

Jean-Louis Auduc

IL est urgent de rendre le métier attractif

Par fjarraud , le mercredi 06 juin 2012.

Commentaires

  • NolwennR, le 08/06/2012 à 22:49
    En effet, il y a urgence repenser cette formation !
    Seulement,  pour moi, qui suis au coeur de la tourmente (en master 1 Enseignement du Premier Degré...sans doute la dernière cuvée...), les propositions de Monsieur Auduc me semblent être encore une fois du bricolage.
    Ce que je vois là est louable, bien sûr, mais on reprend les mêmes chevaux sur la ligne de départ et , au final, on a un tiercé dans le désordre...
    Soyons plus ambitieux, bon sang !!  Rappelons-nous les propos de Philippe Meirieu dans un expresso datant de 2008...
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2008/10/08102008Accueil.aspx

  • PatrickT, le 06/06/2012 à 15:54

    Les pistes évoqués par J.L. Auduc sont intéressantes et concrètes. Mais lorsqu'il s'agit d'évoquer la "baisse des vocations", on jette toujours un voile pudique sur les réalités. Ce ne sont pas tant les conditions du concours et de la formation qui rebutent les candidats, même si cela a sa part. Dans la réalité si les jeunes étudiants ne souhaitent plus s'engager dans le métier d'enseignant, cela tient d'abord aux conditions de travail dans les premières années, dans ces académies et zones d'éducation prioritaire où il faut "affronter" (le mot n'est pas trop dur) des élèves totalement démotivés et désabusés, des situations sociales désastreuses et les incivilités et violences quotidiennes. Pourquoi voudrait-on que des jeunes gens sortant des universités à bac+5 voire +6 aillent pour des salaires médiocres et sans aucune reconnaissance de la société (cf le discours Sarkozy-Chatel sur le monde enseignant) détruire leur santé psychologique alors que leurs camarades à diplôme équivalent peuvent exercer ces fonctions si valorisées et brillantes du commerce et de la finance, ou de l'informatique et de la recherche?
    Si l'on veut redonner de l'attractivité au métier d'enseignant, il faut avant tout refonder les conditions d'exercice de ce métier, transformer les situations concrètes de vie dans les établissements. D'abord mettre davantage d'adultes non enseignants (CPE, surveillants, éducateurs, ass. sociaux, infirmiers...) dans les établissements surtout les collèges, baisser drastiquement le nombre d'élèves par classe, faire que la moitié de l'emploi du temps des classes se passe en groupes ou ateliers, que le plus souvent possible 2 enseignants soient présents ensemble dans la classe (briser le rapport d'autorité voire d'affrontement 1 prof./1 classe), permettre l'ouverture sur la culture (parrainages avec musées, théâtre, opéras...), faire que les établissements soient des lieux de vie après la classe (là aussi il faut des intervenants en nombre et qualifications nécessaires). Et au-delà de tout cela, il faut redonner à l'école l'ambition d'intégration des jeunes dans la société, mener une véritable politique (enfin!) de la ville et d'égalité des territoires. C'est un chantier énorme, à mon avis bien supérieur à la réforme (finalement simple) des concours et la formation initiale.
    Certes, pour cela il faut des "moyens" encore et toujours, mais la société française doit savoir ce qu'elle veut faire de sa jeunesse pour le siècle à venir comme le suggère J.L. Auduc, et si on veut ramener les meilleurs étudiants vers le métier d'enseignant.
  • Julieanne, le 06/06/2012 à 13:23
    En effet, il est VRAIMENT urgent de le rendre attractif...
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