Lundi 20 août toutes les écoles réunionnaises accueilleront les élèves plusieurs jours après la rentrée officielle qui était prévue le 16 août. Pour autant la rentrée ne devrait pas être normale dans l’île faute d'un nombre suffisant de contrats aidés. Malgré ses efforts, le gouvernement n’aura pas réussi à éviter le piège laissé par Luc Chatel…
Que vont trouver élèves et enseignants lundi 20 août en entrant dans leur école ? La situation devrait varier d’une commune à l’autre. Pour l'Association des maires de La Réunion (AMDR), le nombre de contrats aidés mis à leur disposition est insuffisant pour envisager la rentrée. Ces contrats assurent des tâches de restauration, d'entretien des écoles, d'encadrement du périscolaire et de surveillance. Ils sont particulièrement indispensables en maternelle où les classes ne peuvent pas fonctionner sans un nombre suffisant d’ATSEM. Or, pour l'AMDR, plusieurs milliers de contrats aidés supplémentaires sont nécessaires.
Situation sociale et rivalités
Le gouvernement Fillion avait programmé 6 570 emplois aidés dans l'île. Le gouvernement Ayrault en annonce 10 020. Au terme de négociations avec la préfecture a la mi-août, 933 contrats aidés supplémentaires ont été débloqués par l'Etat. S'y ajoutent 300 emplois qui devraient être pris en charge par le département.
La situation sociale de l’île pèse sur les négociations. Le taux de chômage global à La Réunion est de 30%. Celui des jeunes dépasse 60% ! Les maires suivent aussi avec beaucoup d’attention le traitement réservé à La Réunion par rapport à celui des autres départements d’outre-mer. Ils n’ont pas tous l’impression d’un traitement équitable.
A quelques heures de la rentrée, personne ne sait exactement la situation que vont trouver les enfants. Celle des enseignants de toute façon sera difficile. En maternelle, dans de nombreuses communes, les aides ne seront pas en nombre suffisant et les enseignants pourront-ils faire face ?
Grenades dégoupillées
Héritage de Luc Chatel, la crise réunionnaise a pris de court Vincent Peillon. Depuis son arrivée rue de Grenelle il a eu à gérer ainsi des situations explosives laissées par son prédécesseur. La première crise était celle des évaluations de CE1 et CM2. Les supprimer c’était aussi amputer les salaires des enseignants de la prime liée à leur passage. V Peillon a réussi à garder la prime tout en supprimant des évaluations contestées. Il a su trouver les postes nécessaires à la réforme temporaire de la formation des enseignants. Il a réussi à régler certains points noirs de la rentrée. Par contre l’effet de la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires touchera la moitié des enseignants du secondaire. Et voilà maintenant que l’urgence surgit du coté des contrats aidés…
François Jarraud