Les bac S est-il le bac de l'élite ou un bac scientifique ? La réponse est connue. Une récente Note d'information de la DEPP (ministère de l'Education nationale) confirme que les bacheliers scientifiques font de moins en moins de sciences après le bac.
"L’évolution des orientations prises par les bacheliers S se caractérise principalement par une dispersion croissante de leurs choix : en 2008, seuls 21 % s’inscrivent en licence, alors que c’était le cas de 35 % d’entre eux il y a dix ans. Cette baisse n’affecte cependant que les licences de sciences, et plus généralement les bacheliers S se dirigent de moins en moins vers les formations scientifiques traditionnelles", note la Depp.
Le bac S concerne environ un quart des bacheliers soit 145 000 jeunes. Selon la Depp, qui a suivi un échantillon de 12 000 jeunes, la part des inscrits en licence est passée de 30 à 21% entre 2002 et 2008. Ce sont les inscriptions en PCEM et en Ecole qui progressent (de 15 à 20% pour la première de 14 à 18% pour les secondes). Au final en 2008 seulement 43% des bacheliers S étaient inscrits dans une formation scientifique contre 61% en 1996.
L'orientation reste aussi largement sexuée. Certaines filières sont jalousement masculines comme les CPGE scientifiques (deux fois plus de garçons que de filles) ou les écoles d'ingénieurs (3 fois plus !). Les filles sont par contre deux fois plus nombreuses en formations de la santé.
La réforme du lycée peut-elle apporter une réponse à cette évolution ? Le rétablissement annoncé de l'histoire-géographie en terminale va plutôt dans le sens de la "déspécialisation" de la filière S. Mais ce sont surtout les inégalités d'orientation à la sortie du bac qui alimentent cette hiérarchisation des filières.
F Jarraud
Lien : L'étude