La rentrée est difficile mais pleine d'espérance pour le Sgen Cfdt. Le 5 septembre, Thierry Cadart et les secrétaires nationaux du syndicat font le point sur la refondation, une opportunité pour transformer l'Ecole. Soutenant la démarche gouvernementale de refondation, le Sgen entend utiliser à plein les espaces de négociation ouverts dans la concertation et après. Dès maintenant il se prépare à l'après loi d'orientation et donne rendez-vous au gouvernement pour les décrets d'application.
Rentrée réussie
"La rentrée est difficile sur le plan matériel et parce que de nombreuses réformes ont été engagées mais ne sont pas allées à leur terme", explique Thierry Cadart. Cette "rentrée administrative réussie" est "placée sous le signe de l'espérance du fait de la refondation de l"Ecole". Pour le Sgen, "la loi d'orientation doit engager la transformation du système éducatif". Le syndicat entend y prendre toute sa place et faire avancer ses idées.
Le Sgen réaffirme ses conceptions. Sur l'évaluation des enseignants, le syndicat veut dissocier évaluation et carrière. L'avancement se ferait à la seule ancienneté au même rythme pour tout le monde. Mais l'évaluation permettrait d'effectuer de nouvelles missions, de bénéficier de décharge horaire par exemple. Le syndicat milite aussi pour le statut d'établissement pour les écoles primaires avec une véritable direction. Il veut un enseignement modulaire au lycée et l'effacement des filières. C'est dire que le Sgen entend ne pas manquer l'opportunité offerte par la concertation et la refondation. Il juge quand même sévèrement l'instauration des assistants de prévention et sécurité , trop indépendants de la vie scolaire et qui en perturberont le fonctionnement.
Concertation : Vers des consensus
La concertation lui semble bien engagée. "Plus les débats se précisent, plus les clivages apparaissent" estime Claude Paillette, secrétaire national. Mais les secrétaires nationaux, Chantal Demoncque, Frédéric Sève, Joël Deboulon donnent des exemples de consensus construit dans les réunions. Pour le Sgen c'est le cas sur le socle, admis par tout le monde, sur la place du concours dans la formation des enseignants ou encore sur les rythmes scolaires. Le consensus peut d'autant plus être atteint que "les questions concrètes se poseront après la loi d'orientation". Le Sgen entend préparer cet après pour faire passer ses idées. Aussi il juge inutiles les débats dans les établissements. "C'est incompatible avec le calendrier de la loi d'orientation et on débattrait sur des principes sans retombées concrètes dans les établissements".
Rythmes scolaires : Négocier les effets sur le travail enseignant
"Il est normal que le pays passe sa commande en terme de rythme de travail de ses enfants", estime T. Cadart. Ce qui est à négocier c'est "le point d'équilibre accepté par la société" entre Etat, collectivités locales, parents et enseignants. Pour le Sgen la question ne se pose pas qu'au primaire. Le secondaire aussi sera impacté. "Il y a des compensations à négocier".
Revalorisation : Une question à traiter globalement
"Il y a un vrai problème de pouvoir d'achat des enseignants" estime T. Cadart. Mais pour le Sgen, la question est à lier aux évolutions du métier. Elle dépend aussi des négociations globales avec le ministère de la Fonction publique. Celle sur l'évolution du point d'indice, bloqué depuis 2 ans, est engagée. Celle sur les salaires des catégories B aussi. Les enseignants sont en catégorie A et il semble qu'ils doivent passer après...
Une loi ambitieuse
Pour le Sgen , le temps des négociations semble venir après la concertation. C'est sur les décrets d'application de la loi d'orientation que le syndicat veut peser. Il pense pouvoir d'autant mieux le faire qu'il se sera engagé dans la refondation de l'Ecole. "Il faut une loi ambitieuse... On est persuadé que le personnel s'y retrouvera. On sera peut-être plus à même d'être entendus que certains. Ce serait grave que les organisations syndicales soient dans le corner par rapport aux attentes de la société".
François Jarraud