(Re) distribution de rôles 

Par Monique Royer

 

L’école  mobilise les imaginations. On la désire belle, ouverte, apprenante. On l’espère inclusive, on la souhaite démocratique. Les parfums de notre enfance troublent un peu le dessein, une nostalgie d’une époque qui a si peu existé ou pour seulement quelques un d’entre nous. L’exercice requiert un brin d’oubli et beaucoup de prospective. Refonder l’école est ce construire une nouvelle éducation ?

 

Ce serait si simple de reconstruire l’école à la façon Légo, brique par brique en posant une fenêtre ici, une porte là, en plantant des arbres pour l’oxygène et des fleurs pour le rêve. Mais l’éducation est avant tout une histoire humaine avec au cœur la relation pédagogique et toutes ses ramifications avec la communauté, l’environnement. Pour refonder l’école, ce sont aussi à ces interactions qu’il faudrait s’intéresser, regarder de près les rôles des uns et des autres, scruter la vie dans l’acte d’apprendre au quotidien.

 

Elèves, parents, profs, élus, hiérarchie, personnels de la vie scolaire, administratifs, techniciens, la liste est longue de ceux qui agissent au sein de l’éducation. Dans l’école que l’on reconstruit les implications, les investissements, les actes prescrits ou les actions induites des uns et des autres prendront sans doute un autre sens. Le malaise des enseignants, l’hésitation voire le renoncement des parents à entrer dans l’enceinte scolaire, le décrochage, la présence pleine d’absences des élèves, la dimension humaine est prégnante dans l’urgence à rénover l’éducation. Au sein même de l’institution, de l’établissement, on en appelle à la co-construction, à la concertation, à l’horizontalité pour adoucir  la verticalité des décisions, des injonctions.

 

Sortir de son rôle, revoir la nature des interactions, demande du temps, demande une réflexion, réclame un accompagnement. Faire différemment, certes, mais faire comment ? A tous les étages de l’institution, on sent bien que l’école du XXIe siècle ne peut se satisfaire d’un carcan relationnel dessiné sous la IIIe République. La culture numérique est passée par là avec ses encouragements à contribuer, à participer, à s’afficher et à partager. Comment inclure cette note humaine, ce réaménagement des rôles dans la refondation de l’école. Plus qu’un programme de formation, c’est un véritable programme d’accompagnement qu’il faudrait bâtir où la reconnaissance des rôles, l’exploration des interactions auraient une place de premier plan. L’éducation est l’affaire de tous et dans la refondation il reste aussi à inventer la façon de favoriser les contributions actives pour replacer l’école dans la cité.

 

Monique Royer

 

Par fjarraud , le vendredi 14 septembre 2012.

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