Le système d'examen actuel, le GSCE, a vécu, a annoncé le 17 septembre le ministre de l'éducation Michael Gove. A partir de 2017, les jeunes Anglais passeront "l'English Bac". Le gouvernement promet à la fois que cela fera remonter le niveau et que le taux de réussite sera plus élevé. Les syndicats sont eux plus réservés. Une leçon pour la France ?
Introduit en 1986, le GSCE a fait des vagues ces derniers mois. Il y a eu des erreurs de résultats et des fraudes commises par des enseignants. Surtout on dénonce la baisse de niveau qui résulte du système lui-même. Le GSCE, qui se passe vers 16 ans, est organisé par des structures privées qui sont en concurrence les unes avec les autres pour obtenir les commandes des écoles. La tentation est forte pour une école de relever son taux de réussite en choisissant l'entreprise qui propose les sujets les plus faciles. Le GSCE avait aussi ses avantages : système très souple, à dimension partiellement nationale, il a facilité l'entrée des jeunes Anglais dans le supérieur.
L'English Bac annoncé par M. Gove sera un examen final passé dans trois disciplines, l'anglais, les maths et les sciences. Il pourra ensuite être étendu à d'autres. Mais, dans tous les cas, il n'y aura qu'un seul fournisseur de sujets. Pour le ministre, avec l'English Bac, "on aura un examen vraiment rigoureux, aussi bon que les meilleurs du monde, et assurant plus d'égalité entre les enfants". Le vice premier ministre , Nick Clegg, estime que ce nouvel examen "hissera le niveau de tous nos enfants" et qu'il "n'exclura aucun enfant".
Ce n'est pas l'avis des syndicats. Le président d l'Association des chefs d'établissement craint qu'on "en revienne au système des années 1950qui bénéficiait à très peu d'enfants". Quant à la patronne du NASUWT, un syndicat d'enseignants, elle rappelle que pour hisser vraiment le niveau de tous les élèves "il faut améliorer l'enseignement dans les écoles ce qui est long, difficile et cher".
Finalement c'est peut-être à l'observateur hexagonal que s'adressent les uns et les autres. La récupération britannique du mot "bac" est flatteur pour notre système éducatif. Mais c'est surtout le débat anglais qui est intéressant. D'emblée il pose la question de la démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur. La plus forte critique portée sur l'English Bac, c'est sa dimension malthusienne. L'élitisme des conservateurs se heurte à la volonté générale de pousser davantage de jeunes vers le supérieur.
François Jarraud
L'English Bac