Les syndicats au pied du mur 

La remise du rapport de la concertation à François Hollande met les syndicats au pied du mur. Dès aujourd'hui s'ouvre la seconde période de la refondation où syndicats, parlementaires et gouvernement vont tenter de mettre en actes les idées échangées jusque là gratuitement. Le consensus promis pour la concertation a volé en éclat. Les nuages s'annoncent...

 

Le rapport de la concertation reflète-il réellement les échanges ? Les auteurs n'ont jamais prétendu faire une simple synthèse des débats. Ils assument le rapport comme étant leur vision de la concertation. Les plus critiques parmi les participants se démarquent nettement du texte censé les représenter. "C'était déjà écrit avant", résume Mathieu Brabant, secrétaire national de la CGT Education, "il n'y a pas eu de véritable concertation".  "Pour le Snes, Daniel Robin préfère parler de "tour de passe passe" où les critiques portées par son syndicat ont été escamotées. Plus modéré, Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp, voit dans le rapport un "miroir plus ou moins fidèle" des débats.

 

Si la priorité donnée au primaire semble acceptée de tous, avec le socle commun, la question du collège oppose vraiment certains syndicats au gouvernement. Au Snes, Daniel Robin s'oppose clairement au projet de "primariser" le collège. "Un système qui crée 15 à 20% d'échec pourquoi l'externaliser au primaire", demande-t-il ? "Aucune étude n'établit que la monovalence favorise l'échec des enfants". Le Snes condamne le retour de l'école fondamentale et de la bivalence. "Si le gouvernement reprenait tout le rapport sur le second degré, on irait au conflit"  Au Se-Unsa, pour Christian Chevalier, le pire c'est la gouvernance mise en place par l'accord entre le gouvernement et les régions sur la carte des formations. Il exige son copilotage.

 

Le budget interroge aussi les syndicats. Peut on refonder avec 300 millions seulement ? Pour S. Sihr, "il faut des moyens mais il faut surtout les utiliser à bon escient" et cela de façon durable. "Après de bonnes négociations, il faudra s'y tenir et pendant longtemps", une vertu qui n'est pas  prégnante chez les politiques. Le financement de la nouvelle formation initiale et continue interroge les organisations. "La formation est le bras armé de la réforme", nous confie C Chevalier. "Si le ministre essaie de mettre des formations sur les congés ça n'ira pas". Et d'un autre coté on ne voit pas comment il pourrait financer un effort massif de formation.

 

Alors que vont s'ouvrir les négociations, les  propos tenus par les syndicats se durcissent. Bien loin du consensus annoncé, les organisations sont divisées sur l'attitude à prendre face à la refondation. Les décisions gouvernementales sont attendues.

 

François Jarraud

 

 

 

Par fjarraud , le mardi 09 octobre 2012.

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