Formation : Le concours en fin de M1 

Les concours de recrutement des enseignants auront lieu en fin de M1. C'est le cadre que Vincent Peillon a présenté aux syndicats le 16 octobre. Comment assurer une formation professionnelle dans ces conditions ?

 

Le ministre a présenté les nouvelles Ecoles supérieures (ESPE) qui remplaceront dès la rentrée 2013 les IUFM. Ce seront des structures autonomes, disposant de leur propre budget, mais qui travailleront en coopération avec l'université et le rectorat. Chaque académie comptera une Espe avec parfois des antennes départementales.

 

Les concours de recrutement auront lieu en fin de M1. Durant toute l'année de M2, le jeune étudiant sera fonctionnaire stagiaire et devra effectuer un service à mi temps.  Une partie de la formation professionnelles devra avoir lieu avant le M1 sous es formes qui restent à définir.

 

Sur ce schéma les avis divergent. "L'organisation de l'Espe me semble intelligente", nous a dit T Cadart (sgen). Pour C Chevalier (se-unsa), la date du concours est mal choisie . "Je ne vois pas comment cela peut fonctionner" nous dit-il.

 

Pour le ministère, avancer le concours en fin de M1 a l'avantage d'augmenter le vivier potentiel de candidats. Or on sait que le manque de candidats  aux concours du secondaire est criant. Maintenant comment former ces personnes à un concours professionnel avant le M1 ?

 

 

François Jarraud

 

Par fjarraud , le mercredi 17 octobre 2012.

Commentaires

  • MarineG, le 21/05/2014 à 18:48
    Bonjour,
    Je suis actuellement étudiante en Master 1 et je fais les frais de cette nouvelle réforme ministérielle.
    En effet, l'idée en soi n'est pas mauvaise puisqu'elle est censée permettre aux étudiants d'avoir un Master déjà professionnalisant. En effet, un mois complet de stage est prévu pendant l'année scolaire ce qui se révèle être un vrai plus dans notre cursus puisque nous sommes au contact réel des réalités du terrain pendant le stage d'observation et pendant le stage pratique. Nous sommes de plus mis en contact avec nos tuteurs qui nous aident, nous donnent des conseils quant à nos projets pédagogiques. En réalité, les choses s'avèrent être bien différentes de ce que nous avons vu en cours jusqu'à présent. Nous ne sommes plus face à une classe virtuelle, mais face à une classe réelle. Ceci nous permet d'être confronter avec les réalités du terrain, ce qui est de bon augure pour l'épreuve orale du concours.
    Cependant, il faut aussi se rendre compte que le tronc commun qui a été mis en place se révèle être chaotique. En effet, sa mise en place est mauvaise et n'apporte aucune connaissance. Les professeurs nous parlent une fois de théorie et se contentent de parler pour la plupart de faits historiques remontant au XIXème siècle ce qui ne nous aident en rien quant au concours. Le tronc commun représente tout de même quatre heures dans notre emploi du temps hebdomadaire ce qui n'est pas négligeable. Cet enseignement semble; du moins dans mon académie, tout à fait inapproprié au concours du CAPES.
    De plus, il serait opportun qu'une passerelle soit crée pour tous ces étudiants qui terminent leur master 2 et qui échouent au concours pour que leur statut ne soit plus précaire. En effet, nous avons tous fait de longues études 5 ans (voire plus si départ à l'étranger ERASMUS) et nous nous retrouvons sans aucun emploi car la matière enseignée ne présente que peu de postes.
  • marionmercier, le 24/10/2012 à 15:47
    Bonjour,
    Ce projet n'est pas une mauvaise idée en soi mais c'est juste qu'étant étudiante en M2 EPD cette année, nous sommes tombés au mauvais endroit au mauvais moment comme on dit. Cette année va être compliqué pour nous puisque dans tous les cas, même si nous sommes admissibles, nous allons devoir repasser les épreuves écrites pour assurer d'avoir quelque chose l'an prochain. Nous sommes juste dans l'année de changement, de toutes les décisions, bonnes ou mauvaises. Cependant, il faudrait mettre en place des choses pour la formation après le M2 pour ce qui ont échoué.
    • lili8, le 26/10/2012 à 17:11
      Oui effectivement ça fait 2 ans que les étudiants se posent la question, après la création de ce master Education et métiers de l'enseignement dont les orientations n'ont jamais été définies ou très vaguement (ex : vous pouvez travailler chez décathlon dixit par un directeur d'iufm on descend très bas...). Ce master est destiné uniquement à la préparation (c'est un bien grand mot dans ce cas) du métier professeur des écoles.
      On peut dire aussi que ça fait 2 ans que des étudiants (avec un master et sans concours) galèrent.
      Enfin bref ce master (bac+5) est déprimant. L'alternative proposée jusqu'ici, lorsque des étudiants échouent au concours, c'est de faire des remplacements sans avoir le statut, l'alternative est de SERVIR. Une forme de contrat précaire créé pour des Bac+5 malgré qu'ils soient pourtant très motivés.
  • lili8, le 18/10/2012 à 18:19
    Je comprends toutes ces interrogations. D'ailleurs comment ne pas avoir évoqué toutes les facettes du problème concernant ce projet de l'éducation française tant mis en avant aux élections ?
    Après réflexion, je dirais que la France c'est peut-être bien le seul pays qui empêche les individus de réaliser leurs rêves.
    C'était quoi mon rêve d'enseignant au commencement? Apporter de ma personne pour améliorer la société, mettre de l'humain là où il n'y en a plus.
    J'ai passé 2 fois le concours, validé 2 fois les écrits, et raté 2 fois l'oral de l'admission qui s'est déroulé nez à nez avec ses inspecteurs pointilleux, hautains, inhumains de droite.
    Si le ministre n'a pas compris que le ménage doit commencer parmi ces inspecteurs hautains de droite, et bien je le lui dis par ce biais. Car si il compte laisser le concours final - admission - entre les mains de ces inspecteurs, il maintient un concours injuste.
    Je ne suis point aigrie car j'ai tiré ma révérence quant à cette profession "inaccessible"et je souhaite toujours le meilleur pour l'avenir des enfants, mais j'ai beaucoup de peine en effet quand je vois certains de mes collègues ayant un fort potentiel à enseigner, à créer des choses vivantes pour les enfants avec beaucoup de bienveillance (ah la bienveillance aujourd'hui qui manque terriblement !) et qui aujourd'hui malgré le master Education et Métiers de l'Enseignement obtenu avec mention sont à la marge, n'ont pas le statut, et que l'on prend volontiers tout de même pour combler les trous en tant que vacataire (c'est une nouvelle forme d'exploitation à mon sens), tout cela à cause d'un oral très étrange fondé sur des critères douteux.

    Les annonces de changement me semblent être une continuité de ce qui a été mis en place avec l'ex-président de droite. Le 2ème concours créé pour 2013 pour recruter des M1 ressemble étrangement aux formations en alternance qui étaient proposés aux étudiants l'année dernière (1 journée dans une école, 4 jours de cours à l'IUFM dont 1 journée en recherche). A force de faire du tâtonnement, on ne change pas les choses en profondeur réellement.

    Le monde de l'éducation et de l'enseignement deviendrait-il proche du monde de l'entreprise ?

    Dans quel monde vivons-nous ??!!!!
  • avenirprof, le 17/10/2012 à 13:14
    c'est un cauchemar!!!!!que deviennent les étudiants qui ont validé un Master 2 enseignement et effectué des stages en responsabilité?
    Vont-ils mettre en place une VAE? les dispenser de passer les écrits pour passer directemment en M2 ( en sachant que nous avons déjà un Master2)
    ET si on échoue les oraux en fin de M2? on fait quoi? on repart en M1 pour passer les écrits.
    C'est du délire, c'est une réforme pour les riches, seuls les étudiants qui ont de l'argent pourront passer ce concours.
    Vont-ils mettre en place des VAE pour se présenter directemment aux oraux en fin de M2??
    Des milliers de personne vont abandonner l'idée de devenir professeur, c'est trop risqué, si on échoue aux oraux à la fin du Master2, il faut tout recommencer. ( soit perdre deux ans)
    On est dirigé par des abrutis,  demander un Master et un concours pour au final gagner des cacahuètes et en plus atterir dans des banlieues craignosses....NON MERCI!
    Mais là demander un Master et un concours sur deux ans et se dire que si on n'a pas le concours on pointe à l'ANPE car on ne peut pas enseigner avec ce master enseignement...c'est pire que tout!
    Pourquoi n'ont-ils pas supprimé le concours et autorisé un recrutement par les chefs d'établissement après un Master professionnel comme cela se fait dans presque tous les pays du monde?
  • marinette85, le 17/10/2012 à 07:29
    Et tous ceux qui ont déjà un master? Ils y ont pensé! C'est aberrant! Ce serait absurde de refaire un master 2, tout en sachant qu'on est pas sûr d'être admis au bout du compte... Je crois que le gouvernement n'a pas pris le temps de la réflexion! Nos revendications sont ici: http://revendications-candidats-crpe.eklablog.com/
    • Nimier, le 17/10/2012 à 09:02
      On retrouve la  même question qu'en 1989 au moment de la création des IUFM: la place du concours. Et la même erreur va se faire, pour la même raison: n'avoir à payer des "fonctionnaires stagiaires" que durant un an au lieu de deux dans le cas où le concours aurait lieu en fin de L3. Les conséquences seront donc  les mêmes  que dans les IUFM, à savoir l'impossibilité de mettre en place dans les ESPE une véritable "formation professionnelle" des enseignants. Voir:
      http://www.pedagopsy.eu/rapport_bancel_extrait.htm 
      • JPSIMON, le 17/10/2012 à 23:24
        Complètement d'accord avec J. Nimier ... et on reprochera aux ESPE de ne pas être efficaces ... voire nuisibles comme on l'a fait des IUFM.
        Le ministère est en train de perdre une occasion historique de mise en place d'une formation de qualité dans la logique L-M-D sur les deux années d'un master professionnel. On est en train de créer les condition de la mise en place d'une année de préparation au concours suivie d'une année d'adaptation à l'emploi lors de laquelle les stagiaires, à mi-temps, n'auront ni le temps de préparer sérieusement leurs cours ni celui de suivre avec profit une formation qu'ils trouveront forcément inadaptée puisqu'elle ne répondra pas à l'urgence de leur enseignement.
        Pour moi la seule solution raisonnable est un concours en fin de L3, je pense que les étudiants qui ont validé une licence ont les pré-requis disciplinaire pour enseigner. Pour le premier degré, il faudrait renforcer ou mettre en place des licences pluridisciplinaires.
        Je pense que ces réformes achèvent de mettre à mal la formation des enseignants commencée sous le gouvernement précédent.  
        JP Simon
        • brolyss3, le 15/11/2012 à 18:36
          Et même pourquoi le retour au concours postbac pour avoir une réussite assurée de de tous?
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