L'école de l'égalité : Le Front de gauche face au défi de la refondation 

Comment construire une école de l'égalité ? Fortement impliqués dans le débat sur l'Ecole, les élus franciliens du Front de gauche ont donné rendez-vous aux militants et sympathisants le 23 octobre à Paris. Au programme de vraies questions. Comment défendre l'égalité dans un système éducatif structuré par l'inégalité ? Comment le faire face à un gouvernement de gauche dont les décisions semblent trop proches de celles de la droite ?  Entre syndicalistes et militants, Jean-Yves Rochex et Henriette Zoughebi ont éclairé les débats.

 

 Ici tout le monde s'appelle par son prénom ce qui ne favorise pas le travail du journaliste. Une soixantaine de personnes participent à la rencontre et tout le monde se connaît. Vice présidente de la région Ile-de-France en charge des lycées, extrêmement active, Henriette Zoughebi incarne les ambitions du Front de gauche sur le terrain de l'éducation. D'autres élus régionaux ou locaux sont là. De nombreux militants FSU dont Eric Sueur, saluent leur ancien dirigeant G. Aschiéri. Jean-Yves Rochex apporte un éclairage scientifique aux débats.

 

Des inégalités particulièrement fortes en Ile-de-France

 

Il revient à JY Rochex de faire le point sur les inégalités à l'école en Ile-de-France. Il y a les inégalités sociales, bien mises en évidence par PISA. Les inégalités de genre avec l'écart croissant de niveau entre filles et garçons. Mais aussi les inégalités de traitement des élèves entre les établissements avec des niveaux d'exigence variables. Pour JY Rochex, "toutes les manières de faire ne se valent pas" et pour lui l'innovation pédagogique peut faire obstacle à la démocratisation. Mais deux thèmes vont s'imposer rapidement dans les débats entre la salle et les experts.

 

Faut-il laisser les familles choisir l'orientation des élèves ?

 

Le premier c'est l'orientation. Dans la salle une représentante des conseillers d'orientation (COP) a fait part de ses inquiétudes devant la perspective du service territorial d'orientation annoncé par F Hollande. Pour elle, les régions feront de l'adéquationnisme et la spécificité des COP, l'orientation scolaire, se perdra. Un élu FSU, Eric Sueur, craint que cette mesure fasse de l'école l'antichambre de l'entreprise. Elue régionale, Henriette Zoughebi partage l'idée que les COP ont un métier différent des autres acteurs de l'orientation. Jean Yves Rochex attaque une autre idée tirée de la concertation : le dernier mot laissé aux familles dans la décision d'orientation. Pour lui cette mesure favorisera les familles connaissant bien l'école. Elle aggravera les écarts , l'inégalité scolaire.

 

La décentralisation permet-elle la démocratisation ?

 

 La décentralisation annoncée est vivement prise à partie dans la salle. On remarque qu'elle n'a pas empêché la montée des inégalités scolaires. La réforme des rythmes scolaires est aussi critiquée. JY Rochex rappelle que l'échec scolaire n'est pas le fait d'élèves fatigués par les rythmes scolaires mais de jeunes qu'on n'arrive pas à faire entrer dans les apprentissages. Les inégalités scolaires ont tendance à diminuer entre les régions. Par contre elles augmentent à l'intérieur des régions. Il rappelle qu'il y a un accord de la recherche pour penser que l'autonomie des établissements est bénéfique à condition qu'un cadrage national soit maintenu pour les contenus. Il dénonce d'autres formes de décentralisation comme l'externalisation de la difficulté scolaire.

 

Cette vision nuancée des critiques de la décentralisation convient à H. Zoughebi, élue régionale. Elle rappelle que son activité régionale est tournée vers la réduction des inégalités et que la carte des formations est toujours faite en lien avec l'Etat. La décentralisation a aussi des bons cotés.

 

François Jarraud

 

Par fjarraud , le mercredi 24 octobre 2012.

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