Ecole - Familles : Du match (vraiment) nul au but commun ? 

Quelle place l'Ecole française veut-elle faire aux parents ? Comment créer le dialogue entre parents et enseignants ? Pour répondre à ces question et aussi pour faire le point sur ses propres dispositifs, la Ville de Paris a organisé avec l'association Prisme, le 3 avril, un colloque qui a donné à voir ce qui se fait de mieux pour combler le fossé historique entre parents et Ecole.

 

Il y a ceux qui viennent régler un vieux compte avec l'Ecole. Ceux qui portent une plainte. Ceux qui en ont assez de l'Ecole.  Et puis ceux qui agissent pour que l'Ecole aille mieux et qu'elle devienne réellement inclusive. Mercredi 3 avril, le colloque "La qualité des relations entre les familles et l'école" organisé par la Ville de Paris a surtout été une excellente vitrine des efforts de la Ville, du tissu associatif et d'enseignants pour que "l'école soit à tout le monde et pas qu'elle appartienne à personne", comme le dit Mahfou Diouf, un responsable d'Aide et action.

 

Des points de tension identifiés

 

C'est le sociologue François de Singly qui ouvre le colloque en dressant le portrait historique d'une Ecole républicaine qui ignore l'enfant au profit de l'élève. L'enfant reste à la porte de l'école avec sa famille et l'école en fait un élève soumis à des maitres qui l'éduquent. Ce modèle historique n'en finit pas de se fracasser sur une évolution profonde de la société , marquée par la loi de 2002 sur les malades, qui reconnait aux "administrés" des droits. Aujourd'hui les services publics reconnaissent ces droits sauf à l'école.

 

Georges Fotinos, ancien chargé de mission interministériel sur la famille et l'école, tente de calibrer les difficultés relationnelles entre Ecole et famille. Et ses chiffres impressionnent. Le premier lieu de conflit c'est l'orientation. 60 000 décisions d'orientation imposées aux familles chaque année, 16 000 appels, 5 000 accordés : cela montre que l'Ecole pourrait facilement accorder aux familles le droit de décider de l'orientation de leur enfant. Lors du débat sur la loi d'orientation l'Assemblée l'avait accordé avant de revenir dessus en douce le 16 mars... Aujourd'hui la moitié des plaintes de parents envoyées au médiateur de l'éducation nationale concernent l'orientation. Second point chaud : les relations directes entre enseignants et parents. Selon l'enquête Debarbieux - Fotinos, 40% des directeurs d'école sont insultés dans l'année , à 62% par des parents. Cela aussi bien en maternelle qu'en élémentaire. Derrière des conceptions bien arrêtées : la moitié des parents pense que l'école ne transmet pas de valeurs. La moitié des enseignants jugent les parents démissionnaires. 60% sont pour imposer des décisions aux parents.

 

L'action des associations et de la Ville

 

Heureusement, la seconde et la troisième table ronde montrent des projets concrets, soutenus par la Ville, pour construire la relation. Mélanie Briand de l'APASO (Association Pour Accueil Soutien Orientation) montre comment les "causeries collèges" créent des ponts dans le 14ème arrondissement. L'association réunit les parents et la CPE pour décrypter le fonctionnement de l'Ecole lors de réunions conviviales qui se tiennent dans les collèges. Guillaume Coti, de l'association J2P, met en théâtre ou en vidéo les problèmes du collège et fait entrer parents et professeurs dans le jeu dans le 19ème.  Véronique Rivière, une directrice d'école du 18ème, avec son association Culture 2+ a construit une démarche plus ambitieuse. Sa "papothèque" vise à faire reconnaître par l'école la réalité de la diversité ethnique et culturelle des enfants et des parents. Les "papothèques" sont organisées sur une base ethnique avec un spécialiste de psychologie ethnique. "On fait entrer la première langue  de l'enfant dans l'école", dit-elle. "On abdique notre position de sachant pour un véritable échange".

 

L'Ecole accusée

 

Reste que le bilan dressé par le colloque est sombre. Jean Roucou pour Prisme fustige une école qui a des heures de dialogue avec les familles inscrites dans ses obligations professionnelles mais qui n'en fait pas grand chose. Dans la salle , les travailleurs sociaux et les représentants de l'administration municipale mettent en avant ce qu'ils font. Ca tombe bien il n'y a personne pour représenter l'Ecole dans ce colloque sur le srelations Ecole - familles.


 

François Jarraud

 

L'Assemblée rééquilibre au détriment des parents

Fcpe sur la loi d'orientation

 

 

Par fjarraud , le jeudi 04 avril 2013.

Commentaires

  • Viviane Micaud, le 04/04/2013 à 19:55
    La phrase de Georges Fotinos "cela montre que l'Ecole pourrait facilement accorder aux familles le droit de décider de l'orientation de leur enfant." est une inexactitude.
    D'ailleurs c'est en contradiction son article du 08 novembre 2012 où il écrit  « faire appel » est un processus administratif lourd et contraignant pour les parents et auquel souvent, ils renoncent (notamment dans les familles peu habituées aux codes de fonctionnement de notre école) »

    Il y a deux problèmes : la 2GT est construite pour les élèves qui ont un certain niveau d'expression écrite. Ce serait la grande souffrance assurée pour les élèves qui n'ont pas acquis cette compétence. La gestion des classes hétérogène demanderait de changer les programmes et de diminuer le nombre d'élèves par classe en 2nd GT, ce qui est impossible à court terme.
    le deuxième problème est que le nombre d'élèves possibles dans chaque filière de l'enseignement professionnel est limité et si 250 élèves demandent une filière qui a 20 places. Il n'y aura pas les locaux spécialisés et les enseignants spécialisés suffisant pour accueillir tous les élèves. 
    Il faut revoir l'orientation pour qu'un élève ne puisse pas atterrir dans une filière qu'il n'a pas choisi, mais il n'est ni possible ni souhaitable de laisser un total libre choix aux parents.
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