Langues vivantes : Pour l'APLV, rien ne va plus au bac 

"On ressort de cette aventure dégoutés". Pour Françoise Du, membre du conseil d'administration de l'Association des professeurs de langues vivantes, les nouvelles épreuves de langues vivantes au bac général sont un crève coeur. L'APLV a effectué une enquête auprès des ses membres . F. Du nous fait bénéficier des premiers enseignements sur environ 700 réponses dépouillées.

 

De nouvelles épreuves improvisées

 

La session 2013 du bac général a vu de nouvelles épreuves de langues vivantes avec une nouvelle épreuve de "Littérature étrangère en langue étrangère en série L ; et une évaluation écrite et orale de la LV1 et de la LV2 pour toutes les séries. En séries ES et S,  l'évaluation de la partie orale des épreuves de LV1 et 2 est organisée en cours d'année dans les établissements. En L, l'évaluation est terminale. En cohérence avec le cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL), les langues vivantes font l'objet d'une évaluation par compétences linguistiques qui évalue la compréhension et  l'expression orales.

 

"On a reçu près de 700 réponses et on est en train de finir le dépouillement", nous précise Françoise Du.. La première difficulté qui émerge c'est l'impréparation extrême des enseignants aux nouvelles épreuves. "Ils n'ont pas été informés sérieusement sur l'épreuve. Du coup les instructions officielles ont été comprises de façon différente d'un endroit à l'autre aussi bien par les professeurs que les inspecteurs. Il y a eu des instructions contradictoires. La situation est particulièrement grave en série L où les exigences sont plus fortes", précise F. Du. "Des professeurs ont donné à leurs élèves des travaux non conformes à l'examen. D'autres n'ont fait que du bachotage avec leurs élèves. La notation a beaucoup varié d'un jury à l'autre. On a le sentiment que le bac a été bradé. On a vu des élèves notés 4 toute l'année obtenir 18 au bac".

 

Un oral impossible

 

L'épreuve orale en L est apparue beaucoup trop difficile. "On ne peut pas préparer les candidats avec seulement 2 heures de cours par semaine", explique F. Du. En série L, les élèves doivent parler dans la langue étrangère durant 40 minutes. Il y a aussi le problème du contenu de leur intervention. On demande aux élèves de faire un commentaire littéraire sur des oeuvres. " C'est beaucoup trop difficile", estime F Du. "Un lycéen n'est pas un étudiant de licence ! L'épreuve n'est adaptée qu'aux élèves les plus forts, 10% au maximum".

 

L'épreuve orale en S et ES a lieu en cours d'année et est souvent évaluée par le professeur de l'élève, surtout dans les langues les moins répandues. "On est contre cela car ça fausse complètement le bac", estime F. Du.

 

Revoir les horaires

 

Enfin ça absorbe trop de temps de cours. "Le fond du problème c'est que les horaires ont été réduits", poursuit F Du. "On a perdu une heure hebdomadaire. Et les effectifs sont trop importants. On peut avoir des classes avec 35 élèves. Comment les préparer à l'oral ? "

 

Il y a aussi du mécontentement à propos de l'écrit. D'après l'enquête de l'APLV, les sujets sont trop longs et trop faciles.

 

L'APLV communiquera sur l'ensemble de cette enquête lors de son assemblée générale les 12 et 13 octobre à Paris. Elle souhaite des aménagements des épreuves et une implication plus grande des corps d'inspection.

 

F. Jarraud

 

Le site de l'APLV

L'épreuve

 

Par fjarraud , le jeudi 03 octobre 2013.

Commentaires

  • Viviane Micaud, le 03/10/2013 à 11:41
    Encore une fausse bonne idée. L'évaluation de compétence en langue est très difficile. Il est possible d'évaluer sa capacité de compréhension (via un logiciel), de sa connaissance de la grammaire et des règles d'expression (via un logiciel), mais l'expression orale demande une organisation importante pour sélectionner les enseignants qualifiés et sera toujours  très aléatoire (sauf double examen).
    Nous sommes dans une opération de com de l'ancien gouvernement. J'annonce que je vais tester les connaissances de langue sans me poser les bonnes questions de la faisabilité et je laisse le truc se débrouiller.
    Le but était bien de faire de la com, non pas d'améliorer la maîtrise des langues et de vérifier la bonne acquisition des compétences liées à l'utilisation d'une langue. 

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