Recrutement : Le Snes souligne les difficultés 

Alors que le ministère met en avant la montée des créations de postes et le réamorçage de l'attractivité du métier enseignant, le Snes a souligné le 16 octobre les difficultés des nouveaux enseignants et les fautes de l'administration. Pour le Snes, la crise de recrutement devrait être au maximum en 2015. Le Café a croisé une admissible démissionnaire...

 

Le ministère recrute en 2014 plus de 22 000 enseignants dont 8 500 dans le premier degré, 10 800 dans le second et 3 000 aux concours réservés. Mais pour le Snes, cet effort important va être contrebalancé par la montée des difficultés de recrutement. "Au concours exceptionnel (le 2013-2) il y a déjà un déficit de près de 500 postes pour les admissibles", souligne Daniel Robin, secrétaire général du Snes. "L'objectif ne pourra pas être atteint". Pour le syndicat, le métier d'enseignant devient moins attractif car le pouvoir d'achat des enseignants est trop bas, les promesses de formation pas toujours tenues, les pré recrutements insuffisants. Enfin le concours, fixé en M1, limiterait aussi les candidatures car pas assez disciplinaire.

 

Des stagiaires épuisés

 

Les enseignants stagiaires qui entrent dans le métier à cette rentrée doivent 15h de cours pour les certifiés. Or beaucoup sont sur plusieurs établissements. L'accompagnement par les tuteurs est insuffisant et de nombreux stagiaires sont très fatigués. Selon Thierry Ananou, les stagiaires parisiens ont été répartis sur les trois académies franciliennes par tirage au sort, créant ainsi des problème de transport pour certains  stagiaires.

 

Des admissibles sans formation

 

Le ministère a ouvert en 2013 un second concours ouvert aux M1.Les admissibles à ces épreuves peuvent devenir contractuels en 2013-2014. Selon caroline Lechevallier, secrétaire nationale, les admissibles titulaires du M2 restent sans formation. Certains payent une formation sur leurs deniers pour préparer les oraux du concours final 2014.

 

Virginie, démissionnaire

 

Etudiante en histoire-géo, titulaire d'un M2, Virginie préparait l'agrégation quand elle a été séduite par la communication faite sur le concours 2013-2. On lui proposait de faire 6 heures de cours comme contractuelle avec une formation à la clé aux concours. "En fait on m'a imposé de faire 9 heures. Mais 9 heures, ca veut dire une classe de plus et donc un niveau en plus. Cela a doublé mon temps de préparation". C'était le premier couac. Le second n'a pas tardé. Virginie est affectée dans un collège difficile, avec des classes difficiles. "Je me suis rendue compte que les préparations me prenaient 5 jours par semaine", dit-elle. Impossible donc pour Virginie de préparer l'agrégation, ses cours et en plus les oraux du  capes. "J'aime beaucoup ce métier. J'aime quand je vois les élèves accrocher au cours et nos univers culturels se rejoindre"., ajoute-elle. "Je ne suis pas dégoutée par ce que j'ai vécu. Mais la charge de travail est impossible".  Virginie est rentrée chez ses parents pour préparer l'agrégation dans de bonnes conditions. Selon le Snes une vingtaine d'admissibles contractuels auraient déjà démissionné dans l'académie de Paris.

 

François Jarraud

 

Recrutement : le déficit n'est pas comblé


Par fjarraud , le jeudi 17 octobre 2013.

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