Concours : Les profs ne seront pas aux rendez-vous 

Alors que les premiers résultats du capes exceptionnel 2014 tombent il faut se rendre à l'évidence : les enseignants attendus ne seront pas aux rendez-vous. Ainsi en maths 799 postes n'ont pas trouvé preneur. Dans le premier degré 875 postes sont non pourvus. Ces résultats vont rendre plus difficile la réalisation des objectifs de la refondation et mettent en évidence la crise de recrutement des enseignants.

 

Des postes non pourvus au capes et dans le primaire

 

Selon les premiers résultats du capes exceptionnel de 2014 une bonne partie des postes proposés ne seront pas pourvus. En arts plastiques il n'y a que 156 admis pour 260 postes. En sciences économiques et sociales 151 nouveaux enseignants sont acceptés pour 170 postes. La situation est bien pire en maths ou on compte 793 certifiés pour 1592 postes : la moitié des postes ne seront pas pourvus. Les résultats encore à venir dans d'autres disciplines ne devraient pas être meilleurs car le rapport entre les admissibles et les postes est trop faibles. Ainsi en lettres classiques il n'y avait que 156 admissibles pour 300 postes. En lettres modernes il n'y a que 1906 admissibles pour 1592 postes, en histoire-géo 1131 admissibles pour 750 postes. Même avec des jurys généreux il y a peu de chances que l'on puisse atteindre les seuils souhaités.

 

La situation n'est pas meilleure au primaire. Les résultats de la session exceptionnelle du concours de professeurs des écoles montre qu'il manque environ 10% des enseignants soit 875 postes non pourvus. Ainsi il manquera 142 professeurs dans l'académie de Créteil, 46 à Amiens, 64 à Lille, 38 à Strasbourg, 47 à Toulouse et 252 à Versailles. Alors que les années précédentes on rencontrait des manques locaux, cette année et sur ce concours il y aura des manques d'enseignants dans 2 académies sur trois.

 

Un impact sur la refondation et la vie des profs

 

"Le risque est grand de voir à la rentrée des postes sans enseignants ou de voir les académies recourir à des vacataires contractuels", écrit Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp, dans une lettre à B. Hamon. Alors que la croissance des effectifs élèves est plus rapide que prévue, ces postes non pourvus vont peser lourd sur le mise en place des politiques ministérielles. On sait qu'au secondaire  le ministère comptait déjà créer un millier de postes en faisant appel aux heures supplémentaires. Il est clair que la nouvelle situation va rendre la rentrée plus difficile dans le secondaire. Les enseignants ne verront pas leurs effectifs diminuer. Dans le primaire ce sont les postes surnuméraires des "plus de maitres que de classes", la scolarisation avant 3 ans qui pourraient souffrir de la situation.

 

Que faire ?

 

Dans sa lettre à B Hamon, S Sihr invite à réabonder le concours 2014 rénové des postes non pourvus. Et il demande de réfléchir aux conditions d'attractivité du métier d'enseignant. C'est aussi sur cette piste que nous emmène Bernard Egger, président de l'Apmepo, association des professeurs de maths. "En obligeant les étudiants à aller jusqu'au master pour passer le concours, la masterisation a créé une situation de concurrence criante avec d'autres métiers. Elle n'existait pas quand les enseignants étaient recrutés au niveau de la licence", nousa-t-il déclaré. B Egger souhaite que le pré recrutement descende plus jusqu'au niveau bac +2, comme les écoles de commerce, ou bac +1 comme en médecine. Des filières où les candidats se bousculent.

 

François Jarraud

 

Les résultats des concours

Les postes

Déclaration snuipp

2013 Une crise de recrutement

Déficit pas comblé

 

 

Par fjarraud , le mercredi 30 avril 2014.

Commentaires

  • pignolo, le 11/05/2014 à 10:16
    "B Egger souhaite que le pré recrutement descende plus jusqu'au niveau bac +2, comme les écoles de commerce, ou bac +1 comme en médecine. Des filières où les candidats se bousculent."

    Les candidats se bousculent parce qu'ils ont de bons salaires en point de mire, non ? Encore une fois (et merci à maria de ne pas me réexpliquer le système comme à un petit enfant, sachant que moi aussi j'enseigne...) on se demande si notre restaurant est facile d'accès mais moins de savoir ce qu'on y mange.
  • maria1958, le 30/04/2014 à 13:27
    Pour arriver à ce brillant résultat, le précédent ministre a organisé une session exceptionnelle de concours, ouverte aux inscrits en M1, 

    - sans doter les facs et ESPE de moyens supplémentaires permettant de réouvrir les inscriptions et de monter des préparations aux écrits pour des candidats supplémentaires (il a fallu faire face en redéployant à moyens constants)

    - en supprimant à compter de cette session exceptionnelle les aides spécifiques qui étaient jusqu'à présent offertes aux candidats aux concours : ces aides avaient leurs limites, mais sans aide financière, comment lâcher ses petits boulots de survie pour préparer efficacement les écrits ?

    Le nombre d'admissibles a donc été très inférieur à ce qu'il aurait pu être, si des mesures d'accompagnement avait été prises... Je parle du nombre d'admissibles réels - pas du nombre apparent, "dopé" par les réinscriptions de candidats déjà engagés dans les concours 2013. A noter que ces chiffres "gonflés" sont toujours affichés sur le site du ministère, qui sait pertinemment qu'ils sont faux... Mais publier des chiffres "nets" doublons déduits, ça pourrait inquiéter, alors chut.....

    Quant aux admissibles de juin 2013, le ministère a programmé leurs oraux un an plus tard, sans leur offrir aucun moyen de financer ces mois d'attente - à part la "solution" consistant à se porter volontaire pour enseigner comme contractuels, pour boucher les trous à la rentrée 2013. Les admissibles contractuels ont effectivement servi à pallier la pénurie, ils ont consacré beaucoup d'énergie à leurs classes - quand on débute, un tiers de service ou plus, c'est une tâche écrasante.
    En fait d'"entrée progressive dans le métier" et de "formation", promises par le ministre, ils n'ont la plupart du temps rien vu venir. 

    Et maintenant c'est eux qui se retrouvent sur le sable, parce qu'on les a envoyés au charbon au lieu de leur permettre de préparer les oraux (et pour beaucoup: leur master).

    Jolie démonstration de ce qui arrive quand le Ministère prétend recruter du "sang neuf" sans investir un sou - ni dans l'offre de formation, ni dans l'aide financière aux candidats. Afficher des postes et élargir le vivier en ouvrant au concours dès M1 ne suffit pas….
    On sait donc ce qu'il faut faire, désormais - du moins si l'on veut que les élèves aient des profs titulaires et formés. 

    Le nouveau ministre aura-t-il le courage de reconnaître la gravité de la crise de recrutement, et d'investir enfin pour qu'on en sorte "par le haut" ? 

    Absence de revalorisation oblige, les candidats aux métiers de l'enseignement sont en nombre limité - mais il y en a ! Et s'ils sont peu nombreux, ils n'en sont que plus précieux ! 
    Au gouvernement de comprendre enfin qu'il faut aider ces (trop rares) candidats au métier à devenir titulaires, cesser de les traiter comme de la chair à remplacement au risque de les dégoûter.
    • Delafontorse, le 30/04/2014 à 17:34
      Vous êtes vraiment gentille de consentir à accorder encore de bonnes intentions aux ministres qui se succèdent et organisent à qui mieux mieux une casse manifeste et délibérée de toutes les institutions publiques d'enseignement, par tous les moyens possibles et imaginables, même les pires : dysfonctionnements relevant de l'incompétence grave et qui ne peuvent qu'avoir été voulus tant ils relèvent de l'absurdité, mensonges (en effet), communication calamiteuse mais parfaitement accommodée de la propagande honteuse des médias et de campagnes de diffamation (contre les professeurs, contre l'école : "pour une école bienveillante" ! ce qui sous entend évidemment que l'école est malveillante, etc.), suppression d'une formation pédagogique digne de ce nom, gel des rémunérations (on ne se contente pas de diffamer, on affame la profession de professeur).

      Ces gens, il va falloir finir par oser le concevoir, en voir l'évidence et enfin le dire, ne nous veulent pas de bien, ni ne veulent de bien à nos élèves.

      Et pourquoi donc ?

      Tout simplement parce qu'ils sont les commis des intérêts privés qui n'attendent que la liquidation de l'école publique pour marchandiser autant que possible le secteur éducatif. Les ministres profiteront alors du retour sur investissement (voir leur recasage, après bons et loyaux services rendus à l'ultralibéralisme, dans d'autres fonctions politiques - ou plutôt économiques, devrais-je dire, car ils ne sont plus que pour la façade hommes de gouvernement, étant seulement des hommes de gouvernance- estimées plus valorisantes et ...gratifiantes, bien sûr.).

  • Delafontorse, le 30/04/2014 à 07:01
    Les profs courent les rues et les cafés (du commerce...). C'est de professeurs dont on manque.
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