Syndicats perplexes, parents inquiets après les propos présidentiels 

Les  syndicats enseignants étaient pour la plupart perplexes après le discours du chef de l’Etat le 21 janvier. Hormis la réaffirmation de grands principes sur le rôle de l’école et des enseignants dans la transmission des valeurs républicaines, ils ne voyaient pas grand-chose de nouveau,  et préféraient attendre ce que la ministre Najat Vallaud-Belkacem allait dire le 22 janvier avant de se prononcer sur le fond.

 

 «Le chef de l’Etat a envoyé deux-trois signaux forts sur la laïcité, s’est félicité Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa, et il a évité l’écueil qui aurait consisté à vouloir faire chanter le Marseillaise ou le retour du drapeau». Parmi ces signaux positifs, le responsable syndical cite la journée de commémoration du 9 décembre sur la laïcité que François Hollande veut instaurer dans les établissements. Pour le reste, selon Christian Chevalier, le président a surtout fait «le service après-vente de la Refondation de l’école», en égrenant toutes les mesures engagées depuis le début de son quinquennat. Il a prononcé «un discours de concorde national dans un contexte tragique» réaffirmant les valeurs de l’école, comme la laicité et la citoyenneté, «un discours qui a pu faire chaud au cœurs des enseignants».

 

Bernadette Groison, présidente de la FSU, s’est dite «satisfaite que le président vienne ainsi s’adresser à la communauté éducative»: «tout le monde était en attende d’un message sur l’école ». Mais elle n’a pas décelé «de choses nouvelles que l’école ne fait pas déjà». «J’ai un peu de mal à qualifier son allocution, confie-t-elle, je ne suis pas déçue car le président n’a pas annoncé de mesures qui me heurtent mais cela me laisse interrogative : comment va-t-on pouvoir faire mieux ce que l’on fait déjà maintenant ?». 

 

Prudent, Frédéric Sève, responsable du Sgen-CFDT , préférait attendre ce que la ministre allait annoncer ce jeudi plus en détail. «On semble bien être sur une réponse éducative, se félicitait-il, l’accent mis sur l’enseignement de la citoyenneté à l’école et au lycée semble indiquer que l’on se dirige vers un parcours sur la citoyenneté dès les petites classes et tout au long de la scolarité, ce qui serait une bonne chose».

 

Secrétaire général du Snuipp Fsu, Sébastien Sihr craint que l'on n'ouvre "trop de chantiers et que l'on perde de vue les chantiers prioritaires... Attention à ne pas brouiller le message sur l'école", nous a -t-il dit. "On a besoin de formation continue mais sur tout pas uniquement la transmission des valeurs républicaines", dit-il. S Sihr est assez critique sur la faiblesse des mesures sociales de l'Acte II de la refondation. "Les allusions sur l'importance de la maitrise de la langue c'est important. Mais il faut créer les conditions propices à cet apprentissage. J'aurais aimé une réponse au problème central : le nombre d'élèves par classe. La moitié des maternelles ont plus de 25 enfants par classe. Ce n'est pas la bonne solution pour faire parler les petits parleurs et leur faire maitriser la langue".

 

Vice présidente de la Fcpe, Sylvie Fromentelle semblait assez inquiète des retombées du discours présidentiel. "On a l'impression qu'il peut y avoir un retour en arrière sur les conseils de discipline sous prétexte de remettre de l'autorité", nous a-t-elle dit.

 

Tous attendent les éclaircissements que devrait donner la ministre le 22 janvier.

 

Véronique Soulé et François Jarraud

 

 

 

Par fjarraud , le jeudi 22 janvier 2015.

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