Langues anciennes : "Il faut tenir au moins deux ans" 

Meeting ou conférence de presse ? Il y avait foule de professeurs de langues anciennes au point presse organisé par la Cnarela et d'autres associations sur la réforme du collège le 8 avril en Sorbonne. François Martin, vice-président de la Cnarela a dénoncé une réforme qui fait disparaitre les langues anciennes. Régis Debray dénonçait lui la fin de la civilisation.

 

Reprenant les textes en projet sur la réforme du collège à la veille du Conseil supérieur de l'éducation du 10 avril, la Cnarela a dénoncé une réforme qui vise la disparition des langues anciennes. Les horaires actuels prévoient 11 heures hebdomadaire de latin et grec ancien. Les nouveaux horaires n'envisagent, dans le cadre des "enseignements complémentaires", que 5 heures et cela "sans dotation spécifique". Pour garder les anciens horaires il faudrait donc trouver 6 heures dans les enseignements interdisciplinaires (EPI). "Mais qu'en penseront les collègues des autres disciplines" demande-t-il. Il relève aussi que la rédaction du nouvel arrêté donne à penser qu'on ne peut avoir l'enseignement du latin et du grec ancien. Celui-ci disparaitrait. "Tout cela sera soumis à la bonne volonté du chef d'établissement" indique-t-il. Or la Cnarela leur reproche de s'opposer au développement des langues anciennes.

 

Dans la rue, Caroline une jeune professeure de collège des Yvelines, témoigne de son plaisir d'enseigner les langues anciennes. Elle craint que la réforme n'augmente les inégalités sociales. "Les établissements de centre ville continueront à proposer le latin et le grec", nous a-t-elle dit. Pour elle il faut garder les sections européennes, les classes bilangues, le latin grec, tous enseignements qui "assurent de la diversité et enrichissent l'Ecole".

 

C'est que les associations présentes refusent l'idée que l'enseignement du latin grec joue un rôle dans la construction des inégalités sociales à l'école. "Les textes officiels donnent la possibilité à tous les élèves de faire du latin et du grec", affirme la représentante de Sauver les lettres.

 

Les autres associations présentes, des personnalités réfutent toute la philosophie de la réforme. Pour Régis Debray, venu soutenir les associations, la réforme "remplace le verbe par le chiffre". Dénonçant "la myopie de la classe dirigeante" il voit dans la réforme "la question angoissante d'une civilisation qui, si cela continue, ne sera pas à la hauteur de son avenir". Une universitaire estime que "ce qu'on fait (avec cette réforme) c'est ce que certains font à Mossoul". "Qu'est ce que c'est que cette histoire de mettre l'enfant au centre du système éducatif", s'insurge-t-elle. Elle y voit "la destruction de la jeunesse et de l'avenir de la civilisation". Le représentant de l'APL craint qu'on veuille "du ludique au lieu d'une bonne formation" des jeunes. Le mot de la fin revient au professeur Patrick Dandrey : "Il faut tenir encore deux ans".

 

François Jarraud

 

Langues anciennes et élitisme

 

 

 

 

 

Par fjarraud , le jeudi 09 avril 2015.

Commentaires

  • maria1958, le 09/04/2015 à 08:16
    On peut douter que la droite revenant au pouvoir en 2017 reviendra sur la réforme NVB du collège, dont elle partage les orientations fondamentales: autonomie et mise en concurrence des établissements, mise en concurrence des disciplines, etc...
    Inversement chacun sait que depuis 2012 les ministres successifs n'ont pas mis en question la réforme Chatel du lycée, déjà fondée sur ces mêmes principes. L'habillage idéologique et la com' varient, mais le fond reste, avec une grande continuité hélas, la réduction de la dépense de l'Etat par tête d'élève - càd l'austérité.
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