Après Charlie : Ce que disent vraiment les profs d'histoire-géo 

"Difficiles journées d'après Charlie" ou pas ? L'Association des professeurs d'histoire-géographie  (APHG) a réalisé une mini enquête auprès de 147 enseignants sur la minute de silence et ses suites que nous avons consultée. Bien loin de décrire une situation très difficile, l'enquête de l'APHG signale peu d'incidents et évoque des "provocations infantiles" qui ne surprendront pas les enseignants. On est loin des "difficiles journées" évoquées par Le Figaro...

 

"Nous avons voulu, dans cette note de synthèse et dans le choix des 18 extraits qui y sont joints, nous garder de l’alarmisme, comme de l’angélisme, alors même que certains témoignages peuvent justifier le premier, et d’autres le second. On ne peut se cacher que des fissures dont on devinait ou connaissait déjà la présence se révèlent plus répandues et plus profondes qu’on ne pensait, mais on peut dire aussi, pensons-nous, que, dans la tempête, le bateau Education nationale, administration et professeurs côte à côte, a tenu, et que les professeurs d'histoire-géographie-éducation civique y ont activement contribué", conclue l'APHG à propos de son enquête. Menée auprès de 147 enseignants seulement ele n'a aucun caractère scientifique, comme le rappelle d'ailleurs l'APHG.

 

"A la question « le silence a-t-il été respecté pendant la minute observée dans les établissements ? », la réponse est oui dans 123 cas", explique l'APHG. "Des incidents, souvent peu graves (provocations infantiles parfois) sont signalés dans 11 cas, suivis de rares sanctions d’élèves et convocations de parents. Le total n’est pas de 147 à cause de non-réponses sur ce point (absence du professeur ce jour-là…)."

 

Les enseignants ont généralisé les débats et c'est dans ce cadre que des positions divergentes, parfois provocantes, ont pu surgir. " Lors de ces débats, les réactions des élèves ont été diverses. L’indifférence a été rare. Emotion, choc, incompréhension, besoin d’explications, ces mots reviennent en boucle dans les réponses. De nombreux collègues relèvent, bien sûr,  la gêne des élèves de culture musulmane, dont les réactions, elles-même diverses, vont du silence à la crainte de l’amalgame, du complotisme et de la défense de Dieudonné jusqu’à la justification des attentats (« Ils l’ont bien cherché »). Les attentats sont massivement condamnés par eux, mais les caricatures sont généralement considérées comme déplacées (un blasphème, on ne doit pas se moquer du Prophète)."

 

François Jarraud

 

Dans Le Figaro

Je suis Charlie : le DOSSIER pédagogique

 

 

Par fjarraud , le jeudi 16 avril 2015.

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