Plan de lutte contre le racisme : L'Ecole en première ligne 

Manuel Valls le 17 avril, puis François Hollande le 19 : l'exécutif a largement communiqué sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Le sujet est devenu un classique des interventions officielles après l'annonce d'un plan le 21 janvier puis la grande journée du 9 février sur "la mobilisation de l'école pour les valeurs de la République". Le président de la République n'a pas hésité à effectuer lui-même un cours d'éducation civique devant 5 lycéens et les caméras. Le premier ministre aborde la question bien autrement...

 

Quand le président donne une leçon d'instruction civique

 

 "Il est très important que puisse être enseignée de manière laïque l'histoire des religions. C'est ce qu'on va introduire dans les programmes très tôt". Sur Canal Plus, François Hollande a échangé le 19 avril durant 10 minutes avec des lycéens de Thiais (94) sur l'éducation civique. Le président a répondu à une question sur Dieudonné en rappelant notamment ce que fut le génocide juif. Il a confirmé l'enseignement de l'histoire des religions dans les nouveaux programmes. En le mettant au futur. Car le projet de programme d'éducation morale et civique prévu pour les lycéens n'introduit la laïcité qu'en terminale. Le programme d'histoire du collège n'aborde que l'islam et l'occident chrétien en 5ème. Le christianisme et les débuts du judaïsme sont abordés en 6ème. Les lycéens, eux, ont tout de suite repéré qu'ils ne connaissent le judaïsme "qu'à travers les guerres". Une remarque qui mérite d'être relevée.

 

L'offensive Valls

 

Deux jours pus tôt, le 17 avril, le premier ministre, accompagné de la ministre de l'éducation nationale, avait présenté le "plan de lutte contre le racisme et l'antisémitisme" du gouvernement. Articulé en 40 mesures, il entend mobiliser l'école même si sa tonalité générale est répressive.

 

 " La République ne peut tolérer de zone de non-droit. Elle ne peut pas davantage accepter de zones où le respect, valeur républicaine essentielle, n’aurait pas sa place : l’injure raciste n’est tolérable ni dans l’espace public, ni dans les classes, ni sur internet. Parler de la Shoah, enseigner les génocides, évoquer l’esclavage, rappeler l’Histoire, toutes les histoires, doit être possible partout sans restriction, sans détour, parce que seule la connaissance peut faire reculer l’intolérance", affirment les services du premier ministre. " En matière de racisme, aucun acte n’est anodin. Chacun affaiblit la République, et l’affaiblit d’autant plus s’il est laissé sans réponse."

 

Le premier ministre n'a pas parlé d'histoire des religions. Il a annoncé que " tout élève français visitera un lieu de mémoire" à chaque étape de sa scolarité. "Chaque épisode de notre histoire a laissé des traces douloureuses, réparties en autant de lieux et tant de plaques dans nos rues", a précisé Manuel Valls. "Ces traces sont notre mémoire et elles sont une ressource considérable pour notre jeunesse". Le dossier de presse en dresse la liste : Mémorial de la Shoah, Palais de la Porte Dorée – Musée de l’histoire de l’immigration, Maison d’Izieu, Mémorial de l’abolition de l’esclavage de Nantes, Site-mémorial du camp des Milles, Mémorial de Rivesaltes, MUCEM – Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, Musée des Confluences, Mémorial de la prison de Montluc, Cité de l’Histoire pour la Paix – Mémorial de Caen, Struthof, Mémorial ACTe en Guadeloupe. " Chaque école, chaque établissement d’enseignement secondaire sera incité à nouer un partenariat privilégié avec l’un ou plusieurs de ces établissements, qu’il fera figurer dans son projet d’établissement ou projet d’école, afin que chaque élève, à toutes les étapes de la scolarité (primaire, collège, lycée) puisse appréhender l’histoire des formes prises par le racisme et l’antisémitisme, mais aussi des voies et moyens de leur dépassement."

 

Le premier ministre a aussi annoncé des "parrainages citoyens" pour "les jeunes des quartiers populaires". "Il s’agit d’offrir ainsi aux jeunes la possibilité d’approfondir leur appropriation des valeurs républicaines, de s’impliquer dans la vie de la collectivité sous diverses formes (service civique, participation aux conseils citoyens, bénévolat…), de bénéficier à cette fin des formations nécessaires", précise la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme.

 

Le premier ministre a évoqué un effort de formation des personnels. La veille, N. Vallaud-Belkacem avait communiqué sur un plan de formation de 300 000 enseignants dans l'année avec l'aide des  1000 formateurs laïcité promis depuis janvier. Transcrit dans le discours du premier ministre cela devient un plan de lutte pour " accompagner les équipes éducatives confrontées à (des) incidents.. en mobilisant des équipes d'intervention d'urgence pouvant intervenir en soutien des équipes pédagogiques". Un "guide de référence de rappel du droit et des sanctions", à destination de l’ensemble des acteurs éducatifs est lui aussi annoncé.

 

Culture de la mémoire, encadrement des jeunes des quartiers, intervention immédiate d'équipes dans les établissements, le plan gouvernemental se détache nettement des propos élyséens. Comme si la partie éducative n'était là que pour faire passer une répression accrue.

 

François Jarraud

 

F Hollande sur Canal Pus

Projet de programme d'EMC lycée et CAP

Projet de programme d'histoire du collège

Le plan gouvernemental

L'école cible d ela mobilisation pour les valeurs de la république

Le gouvernement décline la mobilisation pour les valeurs de la république

 

 

 

Par fjarraud , le lundi 20 avril 2015.

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