Angoulême : Le BYOD pour développer l'autonomie culturelle 

"Ils ne vont pas au musée ? Que le musée vienne à eux ! " La formule de Valérie Seibel, professeure d'arts appliqués prend tout son sens dans le projet d'exposition virtuelle en anglais réalisée dans le lycée professionnel de Sillac avec sa collègue d'anglais, Isabelle Deveynex, et les lycéens du bac pro menuiserie. Le musée est tellement venu à eux que les élèves se sont emparés du projet des enseignantes, l'ont enrichi de leurs idées et ont mis leurs smartphones à sa disposition. Et ça ce n'est pas rien !

 

Une exposition virtuelle avec QR Code

 

 Les petits lycées peuvent aussi avoir de grands projets. A Angoulême, le lycée professionnel de Sillac est un petit établissement formant aux métiers du bâtiment. Il compte environ 300 élèves, seulement une dizaine de filles, souvent internes. Professeure d'anglais, Isabelle Deveynex a conduit, avec sa collègue d'arts appliqués Valérie Seibel, un projet de musée virtuel dans lequel les élèves se sont beaucoup investis.

 

"On a comme point commun de devoir dans les deux disciplines présenter un dossier de contrôle en cours de formation. Alors on s'est dit : pourquoi ne pas faire un dossier commun", explique Isabelle Deveynex. Parti sur le thème d'une exposition virtuelle, le projet va être profondément enrichi par les élèves.

 

"Le QR Code ce sont les élèves qui en ont eu l'idée", explique V Seibel. L'utilisation des smartphones pour suppléer un matériel numérique  insuffisant, s'est imposée naturellement. Le chef d'établissement l'a autorisée exceptionnellement et les élève sont eu le droit d'utiliser le wifi du lycée.

 

Partis sur l'idée de réaliser  les affiches d'une exposition qui regrouperaient leurs meilleurs peintres, les élèves ont développé une véritable exposition virtuelle. Placardées dans le lycée, les affiches comprennent un QR Code qui, une fois flashé, ouvre un mur Padlet avec des commentaires en anglais.

 

Un apprentissage numérique

 

 Dans ce projet les élèves font de l'art pour un vrai public. Ils écrivent des descriptifs en anglais pour être lus. "L'ambiance a changé", explique V Seibel. Les élèves se sont emparés du projet. Ils ont utilisé leur smartphone pour le travail scolaire.

 

Evidemment on avait des objectifs linguistiques et culturels précis", expliquent les deux enseignantes. Une fiche d'évaluation cadre le travail des élèves et les remobilise. "Mais les élèves ont appris bien d'autres choses. Ils ont appris à se méfier de ce qu'ils trouvent sur internet. Ils ont découvert des erreurs et ont appris à vérifier leur source" dit V Seibel. "Il sont aussi appris à utiliser leur portable", ajoute-t-elle. Pour réaliser l'affiche, les fiches du mur Padlet et la vidéo, les lycéens ont du acquérir des compétences informatiques sérieuses.

 

"Ils ont aussi appris à argumenter pour défendre leur travail et à décider ensemble de ce qu'il faut garder. Le film vidéo réalisé sur cette exposition montre comment les  lycéens ont appris à s'écouter et à s'exprimer, à agir de façon autonome", dit I Deveyneix.  "Et puis ils ont aussi appris à rendre un travail impeccable, à aller à la perfection".

 

Pour les professeurs le projet laisse aussi des traces. "Il y a eu un échange de compétences numériques avec les élèves", explique I Deveyneix. "Et ça nous a appris qu'on ne met pas les mêmes contenus dans les mots des consignes qu'on donne aux élèves". Les deux enseignantes travaillent déjà  sur un nouveau projet. Mais chut...

 

François Jarraud

 

Le projet sur le site de Poitiers

 

 

Par fjarraud , le jeudi 25 juin 2015.

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