Suicide d'un enseignant à Gray (70) 

"Il convient en effet... de faire preuve d’un grand discernement sur ces affaires pour ne pas... briser la vie de personnes innocentes par des accusations infondées. Ce discernement et cette fermeté conjugués sont indispensables pour que chacun soit protégé". Ces propos de N Vallaud Belkacem, le 24 juin, lors du débat sur les nouvelles mesures de signalement des enseignants pédophiles, ont une illustration immédiate à Gray (70). Convoqué par la direction de l'établissement le 2 juin et accusé suite à une plainte le jour même d'une élève avec signalement à l'autorité académique, un professeur de SVT du lycée Cournot s'est suicidé. Sud Education dénonce le comportement de la direction. Cette affaire illustre assez clairement les risques du signalement automatique dès l'ouverture d'une simple enquête que le projet de loi adopté le 24 juin a mis en place.

 

Le rapporteur e la loi Dominique Raimbourg, s'était opposé au texte gouvernemental en expliquant : " La situation est très compliquée, elle se prête en plus à une émotion, parce que ce qui s’est passé à Orgères et à Villefontaine soulève à juste titre une émotion terrible. Mais, dans le même temps, il ne faut pas se laisser trop emporter par l’émotion, parce que, demain, nous aurons des victimes d’un autre type : des gens qui auront été accusés à tort, qui auront perdu leur travail. Et si nous avons à déplorer des suicides, nous regretterons d’avoir été aussi peu précautionneux avec cette partie des travailleurs qui s’occupe des enfants mais qui n’est pas dans la fonction publique."

 

Le suicide

Débat assemblée

Pédophilie : la nouvelle loi

 

 

Par fjarraud , le mardi 30 juin 2015.

Commentaires

  • Viviane Micaud, le 30/06/2015 à 14:15
    Nous avons deux sujets:
    - le premier sujet est la trop grande importance donnée à la parole de l'enfant et à la position de l'enfant sur les règles à appliquer. Il faut le rappeler: ce sont les adultes qui définissent les règles. Certains groupes d'enfants sont manipulateurs il faut donner aux assemblées d'adultes la liberté de traiter les paroles d'enfants, avec un système de relais vers une personne éclairée au niveau du rectorat. Les groupes d'ados jouent à provoquer les adultes.Une ado peut inventer n'importe quoi sur un prof, juste parce qu'il a eu une parole qui a déplu ou parce qu'elle fantasme sur lui. Donc, l'adulte est présumé innocent et doit être protégé comme tel comme les fonctionnaires de police. Ce qui ne veut pas dire que l'accusatrice n'est pas présumée victime et qu'il y a, et un accompagnement et une médiation, tant que la solution n'est pas éclaircie.
    - le deuxième sujet concerne les personnes condamnées pour fait de pédophilie dont statistiquement 1/20 sont innocents. Personnellement, quels que soient les conséquences sur leur vie, le principe de précaution doit être appliqué. Ils ne doivent plus être en contact avec de jeunes enfants. C'est à dire, interdiction d'exercer en maternelle et en primaire.
    L'épreuve est terrible pour ceux qui sont accusés à tort. Les ressources Humaines se doivent d'accompagner la gestion du problème pour permettre à l'accusé de se reconstruire.
    En résumé, je suis d'accord avec le signalement automatique, mais avec une formation de tous les acteurs sur le risque de fausse accusation et la nécessité d'une gestion adaptée. (Responsable de ressources humaines, chefs d'établissement, association de parents d'élèves).
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