Quel avenir pour le conseil d'école ? 

"Le conseil d’école peine à fonctionner de manière satisfaisante" écrit la sénatrice Marie Annick Duchêne dans un rapport publié le 2 juillet. Faisant une analyse fine des dysfonctionnements du conseil elle en tire la conclusion d'un changement de statut du directeur d'école, voire de l'école elle-même. Est-ce la réponse à la question ?

 

Des compétences croissantes

 

Créé en 1976, le conseil d'école réunit les deux instances de concertation existantes : le conseil des maîtres et le comité des parents. Il symbolise le lien entre l'école et la communauté qui l'entoure. Il le conseil d’école est consulté sur " le règlement intérieur de l’école ; les modalités de l’information mutuelle des familles et des enseignants ; les classes de nature ; les transports scolaires ; la garde des enfants (…) ; les cantines, les activités péri et postscolaires ; l’hygiène scolaire". Ses compétences ont été ensuite élargies au fil des années . "Le conseil d’école vote le règlement intérieur, connaît de toute question « intéressant la vie de l’école et de la communauté scolaire » et donne son accord pour l’organisation des activités complémentaires éducatives, sportives ou culturelles que la commune peut organiser.  Il est informé de la composition des classes ainsi que des « principes de choix de manuels scolaires ou de matériels pédagogiques divers", note MA Duchêne. Le conseiller municipal en charge des questions scolaires y participe de droit. Depuis 1990, le conseil d'école établit désormais le projet d’organisation de la semaine scolaire et adopte le projet d’école. Il a une compétence pédagogique générale qui couvre les actions éducatives dans leur ensemble (y compris périscolaire).

 

Pourtant , "la réforme des rythmes scolaires a agi comme un révélateur des insuffisances de la concertation au sein de l’école" écrit MA Duchêne. Et elle apporte de nombreux arguments à l'appui de cette "crise". Même si "les conflits ouverts y sont rares", MA Duchêne estime que, reprenant un mot d'un représentant syndical, " en l’absence de difficultés, il ne s’y passe souvent rien ou très peu de choses". Les vraies questions pédagogiques ne sont pas abordées. "Beaucoup d’élus dénoncent la dérive des réunions de conseils d’école en « instances de recueil des doléances », voire en « lieux de règlement de comptes » ou en « tribunaux", note MA Duchêne. Pour elle, "les tensions entre les équipes éducatives et les parents d’élèves sont de plus en plus visibles".

 

Clarifier les attributions

 

La sénatrice demande donc de "clarifier" les attributions du conseil d'école en distinguant un pouvoir décisionnel sur le règlement intérieur de l'école, le programme d'actions de l'école, les utilisations des locaux scolaires et des avis qui porteraient sur le fonctionnement de l'école, l'utilisation des moyens etc. Elle demande que le procès verbal des réunions soit relu par le conseiller municipal et que celui ci soit assisté d'un fonctionnaire, à l'image de ce qui existe dans les conseils d'administration des établissements secondaires (EPLE).  Elle demande aussi une formation des représentants des parents d'élèves et des enseignants à la relation avec les parents.

 

Re centraliser pour ouvrir à la communauté?

 

Mais la clé du rapport porte sur une autre réforme plus ambitieuse. MA Duchêne demande l'évolution du statut du directeur d'école pour en faire u vrai chef d'établissement appartenant à un corps spécial séparé de celui des enseignants ayant l'autorité hiérarchique sur les enseignants et les évaluant. Elle demande aussi la création d'EPLE du primaire ou la création de "réseaux du socle commun" selon l'idée du sénateur Les républicains JC Carle. Un réseau associerait un collège et les écoles du secteur.

 

Comment lire la crise du conseil d'école ? De façon assez claire elle relève de la difficulté de l'école française à devenir une école de la communauté. Cette évolution, qui a eu lieu souvent depuis longtemps chez nos voisins, tient à l'histoire de notre école, construite au 19ème siècle comme un service de l'Etat chargé, parmi d'autres, de construire l'Etat républicain. Il fallait arracher l'école aux influences locales, ou plutôt , au clocher local.

 

L'ouverture sur la communauté est maintenant perçue comme une urgente nécessité pour de nombreuses raisons dont la réussite scolaire des élèves. Des événements récents ont montré que la relation de confiance avec les parents peut être très dégradée . Or quand l'école n'a pas leur confiance , il est très difficile de faire progresser les enfants.

 

Peut on restaurer la confiance avec les parents en augmentant l'autorité de l'Etat dans les conseils d'école ? Car au final c'est ce que propose MA Duchêne au point de préconiser la mise sous tutelle de l'école par le collège. Si la question de la relation avec les parents et leurs élus est bien pointée par le rapport, la réponse semble ignorer la question.

 

François Jarraud

 

Le rapport

 

Par fjarraud , le vendredi 03 juillet 2015.

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