Un rapport parlementaire propose une réforme de l'orientation 

Patrick Bloche, président de la Mission d'information sur les liens entre le lycée et l'enseignement supérieur, Emeric Bréhier et Dominique Nachury, rapporteurs, ont remis le 8 juillet leur rapport. Ils préconisent la réduction des filières dans les lycées et la mise en place de conseils d'orientation lycée supérieur pour mieux guider les choix des lycéens.

 

Adopté le 1er juillet par la Mission d'information sur les liens entre le lycée et l'enseignement supérieur, le rapport Bréhier et Nachury se penche de façon précise sur les mécanismes d'orientation de bac -3 à bac +3 avec le souci d'améliorer la réussite des élèves. Il propose différentes mesures des deux cotés du fossé que représente le bac , avec le souci justement de le combler et de rapprocher le lycée et le  supérieur.

 

Des lycées vraiment polyvalents

 

Les premières propositions concernent l'organisation du lycée. Le rapport invite à " rompre avec « l’effet filière ».. L’organisation du lycée en filières hiérarchisées, qui reflètent en partie la différenciation sociale des lycéens, est en effet trop rigide et enferme les élèves dans des « tubes » les conduisant de la seconde à la terminale, faute de passerelles existantes ou suffisantes entre ces différentes filières". Le rapport est favorable à ca création de ces passerelles dans le cadre de lycées vraiment polyvalent. Ce qui est sous jacent mais pas explicité c'est la place des lycées professionnels.

 

Le rapport recommande aussi une simplification du bac qui se réduirait à quelques épreuves les autres disciplines étant évaluées au contrôle continu. Cinq ans après une réforme du lycée qui devait rééquilibrer les filières, le rapport demande la création "d'une véritable série à destination des élèves se préparant à des études et une carrière dans les sciences dures, afin d'enrayer la baisse du niveau notamment en mathématiques".

 

Un supérieur plus pédagogue

 

Le rapport préconise aussi une refonte du supérieur en proposant un effort de formation pédagogique des enseignants du supérieur, du tutorat pédagogique et d'orientation des étudiants en difficulté "par une équipe référente d'enseignants" et une "rénovation pédagogique" dans le supérieur.

 

La refonte de l'orientation

 

Mais le noyau dur du rapport c'est l'orientation. Il veut " rénover le portail Admission post-bac (APB), d’une part, pour en faire un outil d’alerte et un instrument de réorientation plus efficace dans la construction d’un parcours de formation ; et, d’autre part, pour développer une procédure anticipée intégrant les voeux des lycéens en amont de la terminale, afin d’orienter éventuellement leurs choix vers des filières assurant de meilleurs débouchés". Il propose de créer un " conseil d’orientation lycée-supérieur chargé d’émettre des avis sur tous les voeux d’orientation des lycéens, qui seraient désormais motivés, en alertant les jeunes qui s’engagent dans des formations où leurs chances de réussite sont très faibles." Chaque lycée aurait u réseau permanent d'établissements supérieurs pour assurer cet appui.

 

Le rapport préconise aussi " de persévérer dans le mouvement de rétablissement des flux naturels d’orientation, en mettant fin à ce qui s’apparente à une préemption des filières professionnalisantes (STS et IUT) par les bacheliers généraux. Pour ce faire, il conviendrait d’accentuer les affectations prioritaires en faveur des bacheliers technologiques et professionnelles, qui commencent à porter leurs fruits."

 

Le rapport

 

 

Par fjarraud , le jeudi 09 juillet 2015.

Commentaires

  • Viviane Micaud, le 10/07/2015 à 08:13
    Il faut lire en détail le rapport, mais j'ai l'impression que le rapport ne traite pas le problème de fond du lycée. Il y a trois niveaux de capacités d'auto-apprentissage et d'expression écrite. Le tri au lycée se fait sur cette capacité. En fonction de ses capacités d'expression écrite, l'élève est "trié" vers le bac professionnel, le bac technologiques et le bac général. Les bac L, ES et S ont le même niveau d'exigence en expression littéraire. La preuve est que la plus sélective des filières littéraires l'hypokhagne a 25% de ses élèves qui viennent de S. 
    Le tri du lycée se fait par le Français non pas par les maths comme un certains nombres de personnes liées à des centres d'intérêt le proclament.
    Cependant, un grand nombre d'études supérieures demandent des capacités logiques et des outils mathématiques. Il y a plusieurs manières d'appréhender les maths, celle qui passe par la construction d'une représentation cognitive logique est beaucoup plus efficace et n'est pas accessible à tout le monde. C'est ce qui explique qu'au moins deux parcours de Maths sont obligatoires au lycée. D'ailleurs, la Finlande et l'Italie qui avaient, il y a quelques dizaines années, essayé d'imposer un seul niveau en maths se sont dépêchés d'en remettre plusieurs devant la catastrophe constatée.
    Le tri des filières générales provient que les exigences en maths sont supérieures en S, qu'en ES et en ES qu'en L. Pour se préserver l'avenir, les élèves (rescapés du premier tri par la capacité d'expression) choisissent en général, la filière qui a le plus d'exigence en maths parmi celle qu'ils peuvent réussir. 
    Les éléments de langage souhaités par les pontes de la rue de Grenelles sont malheureusement toujours en contradiction avec cette vérité indéniable, ce qui me semble dramatique. Il n'y a qu'une solution pour éviter ce "tri" (car un seul niveau en maths serait fatal à l'économie française), il faut donner la possibilité de choisir le parcours d'expression littéraire, le parcours en maths et l'option de filière séparément. La solution qui semble proposée est celle qui est appliquée depuis trente ans et qui ne marche pas.
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